Archives mensuelles : septembre 2014

Agroecologia

Tamisage du compost
Tamisage du compost

Notre séjour à Rio Pomba1)où, pour rappel, nous sommes wwoofers, chez Eric et Marc-Antoine, se termine tranquillement. Côté jardinage, c’est beaucoup moins impressionnant que la première semaine. On finit d’entourer les parcelles du potager avec des bambous, on nettoie une partie du verger et on remet à zéro le tas de compost. Cette dernière opération est prise ici très au sérieux. Eric prend le temps de déplacer toutes les plantes qui ont commencé à pousser (sans autorisation, hein !) dans le tas de compost. Si les plants sont intéressants (on trouve par exemple un très beau plant de tomates), il les replante ailleurs. Ensuite, on tamise le terreau obtenu. On obtient ainsi une terre hyper-fertile très fine et on remet au compost tout ce qui pourrait être mieux décomposé. On mélange ces résidus avec le tas de compost courant (contenant déjà pas mal d’épluchures et de déchets organiques divers) et on recouvre le tout avec de la paille.

L'arrosage fait désormais partie de nos tâches quotidiennes.
L’arrosage fait désormais partie de nos tâches quotidiennes.

Parmi les plants «clandestins» du tas de compost, il y a sept pieds de maracujá2)mais si, vous connaissez cette plante ! Simplement, ses fruits portent un nom très différent en France…. On aide donc Eric à préparer sept trous près des bordures du potager. Accidentellement, Eric dérange un cobra dans sa sieste. Bon, il ne fait qu’une vingtaine de centimètres de long, mais ça n’empêche que ça fait tout drôle ! J’ai le privilège de faire sortir le cobra du potager (à bout de bras, dans une longue pelle…). Au final, on aura tout de même fini par replanter ces pieds de maracujá, ce qui nous laisse tout chose, vu la quantité de jus de maracujá que nous avons bue depuis notre entrée au Brésil.

2014-09-22_15-45-43Tiago, un ami de la maison, nous ayant donné une grosse quantité de films, nous prenons le temps d’en regarder quelques uns. Ici, les gens connaissent quelques films français assez surprenants. Par exemple, on nous a plusieurs fois parlé de «la Belle Verte» (scénario de Coline Serreau). Je ne connaissait même pas le titre de ce film3)il faut dire que j’ai tendance à détester le cinéma français. Au final, on l’apprécie d’autant mieux que les gens de «la Belle Verte» ressemblent décidément beaucoup au gens qu’on côtoie ici ! Le deuxième film que nous regardons est un documentaire sur la permaculture. Bigre ! Tout à coup, on comprend beaucoup de choses sur la façon dont nos hôtes conçoivent leur cadre de vie. Il serait trop long de développer ici, mais je vous encourage vivement à aller jeter un petit coup d’œil sur l’article wikipédia (surtout si vous avez un peu de terrain pour cultiver). En gros, il s’agit de concevoir un mode de vie et de production agricole ayant un impact positif sur l’environnement. Ici, on en est encore loin, mais on s’en approche. L’organisation de l’espace, la polyculture et l’absence de pesticides ou engrais sont autant de signes qui montrent qu’ici on ne marche pas sur la tête.

Feira du samedi matin à Rio Pomba
Feira du samedi matin à Rio Pomba

Petit à petit, on a été amenés à visiter un peu tous les potagers des environs. Les étudiants de la filière agro-écologie de l’université de Rio Pomba s’entraident à tous les niveaux : culture et agriculture. On les voit souvent ensemble travailler sur leur prochain partiel (qu’ils appellent plus simplement «prova»), cuisiner ensemble, s’échanger des graines, etc. Ils se sont même montés en association pour vendre des produits de leurs jardins, des cadeaux, du beurre, etc. De temps en temps, le samedi matin, ils vont à la ville, tenir un stand sur le marché des producteurs familiaux, sous le nom de «as mãos na horta»4)les mains dans le potager. Mais ça semble bien peu par rapport à leurs besoins d’étudiants. Ce qui ne les empêche pas d’avoir des rêves plein la tête. Un jour, un ami de la maison, Felipe, m’explique qu’il ne croit pas à la politique ni au grand soir et qu’il veut une vie meilleure maintenant tout de suite et ici. Il m’explique qu’il existe ici un potentiel pour monter un éco-village dans le coin avec les étudiants de la filière agro-écologie.

Maison en terre de l'éco-village
Maison en terre de l’éco-village

C’est d’ailleurs avec Felipe, Mariana et Eric que nous passons la dernière journée. Avec la voiture de Mariana, nous partons visiter un petit éco-village à une dizaine de kilomètres de Rio Pomba. L’absence d’asphalte sur la route rend le trajet chaotique. Nous fermons régulièrement les fenêtres pour ne pas laisser entrer la poussière de la route. Eric gueule après quelques aberrations écologiques entrevues sur le chemin (monocultures, sols appauvris, champs de cannes laissés à l’abandon, rivière asséchée, etc.). «Crimes contre la Nature ! Il faudrait les dénoncer, les juger !»

Dans cette photo se cache un aventurier...
Dans cette photo se cache un aventurier…

L’éco-village consiste en trois maisons en terre, entourées de potagers et de forêts de bananiers, fraîchement plantés. Le village a déjà 8 ans mais semble très peu développé. On croise deux chèvres à l’entrée, qui se laissent caresser. Mais la promenade ne s’arrête pas là ! Après avoir dépassé la dernière maison, nous atteignons une petite rivière. Nous la remontons comme on peut, tantôt sur la rive, tantôt directement dans le lit. Pour plus de commodité, nous laissons une partie de nos affaires (dont l’appareil photo) en route. Et bien sûr, on finit donc par arriver à … une petite cascade ! L’eau est froide mais on s’y jette avec délice. Chacun notre tour, nous nous installons sous la cascade pour une séance gratuite d’hydromassage.

2014-09-24_16-31-23Le soir, après avoir dégusté un bolo de bananas que nous avons improvisé pour consommer une partie des réserves de bananes qui arrivent à maturité, nous sommes gratifiés d’un dernier feu de camp. Demain, il faudra repartir après deux semaines passées dans cette petite oasis. Ici encore, nous ne quittons ce lieu qu’avec beaucoup de tristesse. Tout ici est attachant : la Nature, le jardin, les hommes. Et même les animaux.

Prochaine destination : Ouro Preto, dernière étape dans l’état du Minas Gerais.

Denis

References   [ + ]

1. où, pour rappel, nous sommes wwoofers
2. mais si, vous connaissez cette plante ! Simplement, ses fruits portent un nom très différent en France…
3. il faut dire que j’ai tendance à détester le cinéma français
4. les mains dans le potager

Dans le Minas Gerais (2ème partie) : jardinage à Rio Pomba

Nous arrivons de nuit à la ferme dans laquelle nous allons travailler1)le principe du wwoofing : on donne un coup de main à un exploitant rural qui en échange fournit le gîte et le couvert pendant deux semaines, près de Rio Pomba, dans un coin paumé que même le chauffeur de taxi a beaucoup de mal à trouver.

2014-09-11_20-48-44Une fois arrivés, on se retrouve entourés d’étudiants, venus pour une fête au profit d’un forum d’éco-agriculture. Un grand feu devant la propriété, de la musique toute la nuit et des jeunes qui nous bombardent de questions, voilà ce qu’on retient de cette première soirée.

Le lendemain, on se rendra compte que la ferme fait partie d’un grand territoire composé de l’université technique de l’agriculture et alimentation et de fermes alentours habitées par les étudiants qui doivent entretenir un jardin, des animaux, etc., selon leur spécialité.

La petite propriété où nous sommes accueillis pour faire du wwoofing.
La petite propriété où nous sommes accueillis pour faire du wwoofing.

La maison où vit et travaille Eric, qu’il partage avec un autre étudiant, Marc-Antoine, est plutôt grande et nous avons une grande chambre pour nous. L’endroit est très paisible, pas un bruit en dehors des aboiements des deux chiennes, Estrela et Chanel ; nous sommes cernés par la nature calme et silencieuse, enfin presque : les oiseaux de toutes sortes qui ont des cris tous aussi différents les uns que les autres, les poules qui chantent leur contentement d’avoir donné un œuf, tous les matins.

Eric et ses poules
Eric et ses poules

Globalement, nous mangeons végétarien tous les jours car nous nous nourrissons des fruits du jardin qui donne autant d’herbes médicinales pour le thé du matin et les aromates pour la cuisine que des légumes et des fruits très variés. Nous avons aussi le privilège de pouvoir acheter du fromage et du yaourt, produits par la filière « lait » de l’université, très bons et très bon marché. Quand on est à court de denrées alimentaires, on va se restaurer à la cantine du campus, menus équilibrés pour 2R$ par personne. Nous avons réellement un cadre de vie luxueux. La nuit tombant à 18h et le jour se levant à 6h, nous avons des journées courtes mais bien remplies ; j’arrive toutefois à faire la sieste et je me suis enfin remise de ma bronchite qui avait été un peu perturbée par un épisode de dengue2)Donc, pour moi, attraper une maladie tropicale, c’est fait !, venue se greffer dessus, trois jours avant la fin du traitement.

La partie Nord du potager avant notre passage
La partie Nord du potager avant notre passage

Dès le samedi, on nous met au travail et il nous faudra quatre jours pour devenir autonomes, en dehors de la nourriture des poules, qui semble compliquée à gérer et qu’Eric continue de préparer. Nous savons désormais aller couper des bambous géants afin d’élaborer des structures pour les plantations de tomates, désherber les parcelles, gérer le compost, aller chercher les œufs pondus du jour, entourer les parcelles pour les délimiter et améliorer le travail de culture et de leur entretien et arroser.

La partie Nord du potager, après notre passage
La partie Nord du potager, après notre passage (et, oui!, les petites clôtures en bambou sont de nous !)

Denis a pris l’habitude de préparer le thé du matin, il connaît désormais plusieurs plantes qu’il va cueillir et qu’il mélange selon son gré. Nous faisons aussi assez souvent la cuisine, des crêpes, des gâteaux, des cakes salés. Nous leur faisons découvrir des goûts différents ; c’est un vrai échange. Tous les étudiants, proches d’Eric connaissent désormais les deux français et il n’y a pas un jour sans qu’on ne voit l’un d’eux, venus admirer notre travail, nous demander des idées de bons films français, parler de politique en Europe et en Amérique du Sud.

Aujourd’hui, nous sortons de 24 heures sans électricité et sans eau. Hier soir, vers 18h, les électriciens sont intervenus alors qu’on ne s’y attendait plus. Ô joie, une douche bien chaude, un bon repas préparé à la maison et une soirée qui dure au-delà de 20h !

On vous laisse regarder les photos et on retourne au travail…

Sandrine

References   [ + ]

1. le principe du wwoofing : on donne un coup de main à un exploitant rural qui en échange fournit le gîte et le couvert
2. Donc, pour moi, attraper une maladie tropicale, c’est fait !

Dans le Minas Gerais (1ère partie) : Belo Horizonte, la ville-jardin

2014-09-06_13-37-11Nous voici pour la 3ème fois dans une grande ville brésilienne (après Belem et Brasília). Belo Horizonte, c’est la 3ème plus grande métropole urbaine du Brésil, et c’est la capital du Minas Gerais. On y arrive en bus, et on traverse une bonne partie de la ville avant d’arriver à la rodoviária1)Gare routière, similaire à nos gares ferroviaires, comme nous l’avons déjà expliqué…. On y découvre des faubourgs très modestes (on apprendra plus tard que plusieurs favelas se sont installés à la périphérie de la ville) et très colorés, disposés sur un territoire vallonné. Au loin, on aperçoit les grands immeubles du centre-ville. La première impression est saisissante.

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Elis, notre hôte

Ici, nous sommes logés chez Elis, une jeune femme qui nous accueille en couchsurfing, et qui parle assez bien français ! Pour communiquer, nous utilisons tantôt le français, tantôt le portugais, nous permettant ainsi de progresser chacun un peu. Mais comme Elis maîtrise mieux le français que je ne maîtrise le portugais, les conversations finissent toujours en français… Et puis, c’est un peu reposant pour nous !

Musée d'art par Niemeyer, sur les rives du lac de Pampulha
Musée d’art par Niemeyer, sur les rives du lac de Pampulha

La ville s’avère pleine de charme. La végétation y est omniprésente et très verte – ce qui nous surprend, compte-tenu du fait que nous sommes en pleine saison sèche. Parc Municipal, place de la Liberté, lac de Pampulha, autant de lieux mélangeant ville et jardin, promenade et tourisme culturel. Sur la place de la Liberté, on pousse le culot jusqu’à entrer dans un planétarium et assister à une conférence (en portugais !) sur le ciel nocturne de Belo Horizonte. Autour du lac de Pampulha, on se promène en vélo et on visite les différents monuments construits par Oscar Niemeyer (encore lui !).

2014-09-07_12-57-17Le dimanche, nous sommes invités à une fête dans la famille d’Elis. J’y vais seul – Sandrine ayant encore un peu de mal à se remettre de sa bronchite aiguë, s’offrira ce jour-là un pur moment de farniente. La maison de famille se situe dans un village appelé Casa Branca. Le lieu est superbe ! Entièrement entouré par la forêt, on y perçoit le son d’une petite cascade avoisinante. Depuis la cuisine, on entend de temps en temps le cri des macaques, qui viennent réclamer des bananes, qu’ils mangent directement dans nos mains. Le repas est interminable, comme un repas de dimanche français. J’y déguste toutes sortes de plats locaux, dont une formidable feijãoda2)haricots rouges, cuits à l’eau, servis dans leur jus, en principe accompagnés de charcuterie végétarienne. La famille d’Elis est aux petits soins avec moi, me pressant de questions et me prodiguant des conseils pour la suite de notre voyage. Au retour, on s’arrête en haut d’une montagne qui surplombe Belo Horizonte pour y admirer les lumières de la ville de nuit3)Vous a-t-on déjà expliqué qu’ici la nuit tombait vers 18h ?.

Musée d'Inhotim
Musée d’Inhotim

Le mardi, Elis nous emmène à Inhotim. Ce lieu est à mi-chemin entre un musée d’art contemporain et un parc. On se promène au milieu d’une nature maîtrisée à l’extrême (à la frontière du kitsch) et où les chemins sont émaillés d’installations artistiques. La formule semble convenir aux habitants du Minas, qui y affluent par cars entiers. Sur la route, nous parlons politique avec Elis. Les élections approchent et la radio diffuse de la propagande électorale.

Mercado central
Mercado central

Le lendemain, nous passons quelques heures sur le marché central de Belo Horizonte. Ici, quelques 200 boutiques s’entassent sous une vaste halle. On y trouve de tout : artisanat, objets du quotidien, nourriture. On y trouve surtout ce qui fait la renommée culinaire du Minas ; et notamment ses fromages. Nous mangeons dans un de ces petits restaurants chaleureux, en plein milieu du marché, sous la halle.

Maintenant, il est l’heure de refaire nos sacs-à-dos et de se préparer pour la prochaine étape : du wwoofing à Rio Pomba, dans une petite fazenda du Minas Gerais4)On vous laisse chercher sur internet en quoi consiste cette pratique, ça vous aidera à patienter avant notre prochain message….

Denis

References   [ + ]

1. Gare routière, similaire à nos gares ferroviaires, comme nous l’avons déjà expliqué…
2. haricots rouges, cuits à l’eau, servis dans leur jus, en principe accompagnés de charcuterie
3. Vous a-t-on déjà expliqué qu’ici la nuit tombait vers 18h ?
4. On vous laisse chercher sur internet en quoi consiste cette pratique, ça vous aidera à patienter avant notre prochain message…

Baignades dans les cascades du Goias

Après la Capitale, nous voici maintenant en pleine campagne ! Chez nos hôtes, à Brasília, nous avons été aiguillés vers ce petit coin de nature afin de faire un peu de randonnée et pour découvrir le parc national «Chapada dos Veadeiros». On s’attendait à simplement passer quelques jours au vert, mais le Brésil est facétieux et les surprises vont nous pleuvoir dessus !

Route entre Alto Paraíso et São Jorge
Route entre Alto Paraíso et São Jorge

Après quatre heures de bus et plus de trente kilomètres sur une route qui n’est pas finie (on roule à côté des véhicules de travaux et autres camions bennes, dans une poussière plus épaisse qu’un brouillard londonien), nous sommes enfin arrivés à São Jorge. Nous avons tout d’abord atterri dans un petit hostel1)Un hostel, c’est un peu à mi-chemin entre l’auberge de jeunesse et l’hôtel. On y trouve une cuisine commune, ce qui permet de rompre l’alternance resto/sandwichs. Il en existe quelques uns en France., super mignon, où nous avons été les seuls pendant deux jours.

Maman poule et ses petits, dans une rue de São Jorge
Maman poule et ses petits, dans une rue de São Jorge

Les propriétaires de ce coin sympa et pas cher2)60R$ par nuit, ce qui correspond à environ 20€. Pour deux personnes, vous admettrez que c’est raisonnable…, tout comme la majorité des autres habitants du village, ont l’air échappés de mai 68. À  São Jorge, c’est le pays des babas cool. Ici, la plupart des bâtiments sont peints en bleu ou en violet, on croise de nombreux animaux dans les rues et quand vous avez une toux persistante3)suite d’un vilain rhume débuté à Brasília et que vous cherchez un médecin, on vous fait une tisane d’une plante qui pousse le long d’un mur du jardin !

On s’installe dans notre petit nid douillet et on repère les lieux pour les randonnées futures. L’entrée du Parc National est bien indiquée, tout comme les sentiers de randonnée d’ailleurs.

2014-08-28_14-10-04Le lendemain, on se fait le coin des canyons où l’on trouve plein d’endroits baignables. Avec la chaleur écrasante, ces piscines naturelles et rafraîchissantes sont les bienvenues ! Ici, la nature est sans pitié ; la chaleur sèche, des espèces végétales rares et clairsemées, pas d’ombre. L’aridité d’une nature belle à couper le souffle !

Hostel «Casa da Sucupiri»
Hostel «Casa da Sucupiri»

Le vendredi, on s’offre une journée de repos car on a cru devoir changer d’endroit où dormir, du fait de l’arrivée d’un groupe de personnes. Par incompréhension totale de ce que nous dit la propriétaire, on a cru qu’on devait aller dans une auberge ou un camping où elle pouvait nous réserver un cabanon (sic). Du coup, on a géré le réempaquetage des sacs à dos. Et ce n’est que vers 16 heures que son mari nous annonce qu’on sera mieux dans un autre dortoir plutôt que de tout réinstaller nos affaires dans un cabanon4)Ici, la tente de camping ne se dit pas «tenda» comme le dit notre dictionnaire mais «barraca».! On apprend aussi qu’il s’agit de tentes qu’ils installent volontiers sur leur terrain à la demande. Finalement, une journée de perdue par manque de compréhension.

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Cascades de 12 mètres de haut, vues dans le parc Chapada dos Veadeiros

Du coup, à l’hostel, c’est un peu l’invasion, beaucoup de monde et beaucoup de bruit par conséquent ! On ne se laisse pas abattre et dès le lendemain, on part pour une autre journée de rando, cette fois-ci vers les cascades !!!  De nouveau, c’est le calme tout relatif du Parc qui nous accueille ; il y a tellement d’espèces animales que parfois c’est le capharnaüm entre les différents oiseaux et tous les insectes tapageurs habitant cette nature exubérante. Nous allons de surprise en surprise plus nous avançons sur le parcours et on n’ose pas imaginer ce que cela doit être lors de la saison humide.

2014-08-31_16-57-06Dimanche ce sera une journée repos. La troupe de quinze personnes étant partie, nous hésitons à rester dans ce petit coin sympa car il n’y a pas de médecin et une toux persistante commence à m’agacer sérieusement. On décide de partir pour Alto Paraiso, le lundi matin et c’est le propriétaire de l’hostel qui nous y emmène, il nous déposera même devant l’hôpital municipal, en nous laissant l’adresse d’un hostel zen5)Ici, le mot de passe pour le wifi est «budista» ; on vous laisse chercher la traduction… et pas cher.

À l’hôpital, on est tombés sur des médecins et infirmières très accueillants, qui n’ont pas hésité à faire plus amples examens pour être sûres de leur diagnostic : on quittera l’hôpital à 15 heures, après une radiographie des poumons et deux consultations ! Denis demande s’il peut payer en carte de crédit et on lui répond avec un grand sourire : “on ne paye rien ici”. Un petit tour par la pharmacie et me voilà équipée en antibiotiques  pour la semaine à venir.

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Cascade Almécegas I

Comme il nous reste encore une bonne journée entière à passer à Alto Paraiso, on décide de se faire une dernière cascade, mardi. En passant, la veille, dans un office de tourisme, on nous propose une balade vers deux cascades pour 350 R$, comprenant le transport jusqu’aux différents sites en 4×4 et un guide pour nous tenir la main… Finalement, on ne réservera pas, ayant confiance dans notre bonne étoile pour trouver un autre moyen de transport.

Finalement, le bon vieux stop fonctionnera à fond, pour pas un rond ! Et le super trip, ce sera le retour où nous sommes pris en stop dans un vieux pic-up tout déglingué. Je me serai crue dans un road movie américain. J’adore !

2014-09-02_11-08-04Côté nature, on n’est encore pas déçus ; nous traversons une splendide propriété qui fait pousada, restaurant, spa, séjours ésotériques orientés bouddhistes et qui permet l’accès payant à plusieurs sites de cascades. Au bout de cinq kilomètres, nous voilà récompensés ! Nous arrivons à la cascade Almécegas I. Nous y passons toute la journée, l’eau est particulièrement froide, le coin est superbe et la cascade magnifique. Et cette fois-ci, on sera à peu près seuls. Parfois, ça vaut le coup d’en chier, tout de même !

Demain, nous quittons les beautés du Goias. À suivre, nos prochaines aventures dans le Minas Gerais.

Sandrine

References   [ + ]

1. Un hostel, c’est un peu à mi-chemin entre l’auberge de jeunesse et l’hôtel. On y trouve une cuisine commune, ce qui permet de rompre l’alternance resto/sandwichs. Il en existe quelques uns en France.
2. 60R$ par nuit, ce qui correspond à environ 20€. Pour deux personnes, vous admettrez que c’est raisonnable…
3. suite d’un vilain rhume débuté à Brasília
4. Ici, la tente de camping ne se dit pas «tenda» comme le dit notre dictionnaire mais «barraca».
5. Ici, le mot de passe pour le wifi est «budista» ; on vous laisse chercher la traduction…