Dans le Minas Gerais (2ème partie) : jardinage à Rio Pomba

Nous arrivons de nuit à la ferme dans laquelle nous allons travailler1)le principe du wwoofing : on donne un coup de main à un exploitant rural qui en échange fournit le gîte et le couvert pendant deux semaines, près de Rio Pomba, dans un coin paumé que même le chauffeur de taxi a beaucoup de mal à trouver.

2014-09-11_20-48-44Une fois arrivés, on se retrouve entourés d’étudiants, venus pour une fête au profit d’un forum d’éco-agriculture. Un grand feu devant la propriété, de la musique toute la nuit et des jeunes qui nous bombardent de questions, voilà ce qu’on retient de cette première soirée.

Le lendemain, on se rendra compte que la ferme fait partie d’un grand territoire composé de l’université technique de l’agriculture et alimentation et de fermes alentours habitées par les étudiants qui doivent entretenir un jardin, des animaux, etc., selon leur spécialité.

La petite propriété où nous sommes accueillis pour faire du wwoofing.
La petite propriété où nous sommes accueillis pour faire du wwoofing.

La maison où vit et travaille Eric, qu’il partage avec un autre étudiant, Marc-Antoine, est plutôt grande et nous avons une grande chambre pour nous. L’endroit est très paisible, pas un bruit en dehors des aboiements des deux chiennes, Estrela et Chanel ; nous sommes cernés par la nature calme et silencieuse, enfin presque : les oiseaux de toutes sortes qui ont des cris tous aussi différents les uns que les autres, les poules qui chantent leur contentement d’avoir donné un œuf, tous les matins.

Eric et ses poules
Eric et ses poules

Globalement, nous mangeons végétarien tous les jours car nous nous nourrissons des fruits du jardin qui donne autant d’herbes médicinales pour le thé du matin et les aromates pour la cuisine que des légumes et des fruits très variés. Nous avons aussi le privilège de pouvoir acheter du fromage et du yaourt, produits par la filière « lait » de l’université, très bons et très bon marché. Quand on est à court de denrées alimentaires, on va se restaurer à la cantine du campus, menus équilibrés pour 2R$ par personne. Nous avons réellement un cadre de vie luxueux. La nuit tombant à 18h et le jour se levant à 6h, nous avons des journées courtes mais bien remplies ; j’arrive toutefois à faire la sieste et je me suis enfin remise de ma bronchite qui avait été un peu perturbée par un épisode de dengue2)Donc, pour moi, attraper une maladie tropicale, c’est fait !, venue se greffer dessus, trois jours avant la fin du traitement.

La partie Nord du potager avant notre passage
La partie Nord du potager avant notre passage

Dès le samedi, on nous met au travail et il nous faudra quatre jours pour devenir autonomes, en dehors de la nourriture des poules, qui semble compliquée à gérer et qu’Eric continue de préparer. Nous savons désormais aller couper des bambous géants afin d’élaborer des structures pour les plantations de tomates, désherber les parcelles, gérer le compost, aller chercher les œufs pondus du jour, entourer les parcelles pour les délimiter et améliorer le travail de culture et de leur entretien et arroser.

La partie Nord du potager, après notre passage
La partie Nord du potager, après notre passage (et, oui!, les petites clôtures en bambou sont de nous !)

Denis a pris l’habitude de préparer le thé du matin, il connaît désormais plusieurs plantes qu’il va cueillir et qu’il mélange selon son gré. Nous faisons aussi assez souvent la cuisine, des crêpes, des gâteaux, des cakes salés. Nous leur faisons découvrir des goûts différents ; c’est un vrai échange. Tous les étudiants, proches d’Eric connaissent désormais les deux français et il n’y a pas un jour sans qu’on ne voit l’un d’eux, venus admirer notre travail, nous demander des idées de bons films français, parler de politique en Europe et en Amérique du Sud.

Aujourd’hui, nous sortons de 24 heures sans électricité et sans eau. Hier soir, vers 18h, les électriciens sont intervenus alors qu’on ne s’y attendait plus. Ô joie, une douche bien chaude, un bon repas préparé à la maison et une soirée qui dure au-delà de 20h !

On vous laisse regarder les photos et on retourne au travail…

Sandrine

References   [ + ]

1. le principe du wwoofing : on donne un coup de main à un exploitant rural qui en échange fournit le gîte et le couvert
2. Donc, pour moi, attraper une maladie tropicale, c’est fait !

11 réflexions au sujet de « Dans le Minas Gerais (2ème partie) : jardinage à Rio Pomba »

  1. Rho super !
    Vous avez goûté le Jabuticaba? Le fait que les fruits poussent sur l’écorce éveille ma curiosité.
    La visite de la fromagerie te conforte-t-il, Denis, dans ton envie de poursuivre dans cette voie là pour la suite?
    Bisous à vous deux

    1. Eh eh ! En fait, ils m’ont fait visiter la fromagerie parce que je leur ai confié que j’étais intéressé par la fabrication du fromage.
      Maintenant, je dois avouer que j’ai envie de m’intéresser de plus près aux principes de la permaculture. Ce qui n’exclut pas de faire un peu de fromage.

  2. Ah la fromagerie!! Tu as du te sentir dans ton élément Denis!
    Chaque fois qu’une odeur un peu forte plane dans la SDP…nous avons une pensée pour toi! Mais pas seulement! 😉
    Et la blouse blanche…tu aurais du y penser à DD! C’est ptet ça qui te manquait! 😀

    J’attends toujours avec impatience vos nouveaux articles…ça fait rêver! Et là, je tombe sur toi avec deux grandes carottes… Tu nous feras toujours rêver Denis!! Et après, tu les as mises où??? Trop facile!

    Au plaisir!

  3. Coucou ! Eh bien vous avez fort bien travaillé dans votre lopin de terre, bravo ! Toujours de très belles photos. Gros bisous, portez vous bien.

  4. Bravo pour votre belle réalisation: avec un si beau potager, vous allez pouvoir développer vos compétences pour vendre vos produits sur tous les marchés du Minas Geraïs et de Salvador de Bahia (au fait, vous savez quand vous y allez ?).

  5. Bravo à Sandrine pour son esprit toujours positif et son humour malgré la série des pépins de santé: tu es en train de te fabriquer une immunité en béton ! Merci à tous les 2 pour ces récits et ces toujours superbes photos qui sont comme autant de cadeaux… Ici, c’est désormais l’automne, Sarkozy repointe son nez et on reparle de guerre et de terrorisme pour éviter de parler de l’avenir: que vous êtes heureux, voyageurs, vous touchez à l’essentiel… Continuez aussi pour nous, ça nous fait du bien! Bises.

    1. En parlant d’automne, ici, théoriquement, on attaque le printemps. Mais comme le climat est tropical, on ne sent pas vraiment de différence. Les jours se rallongent légèrement, certes. À partir de décembre, on attaque la saison des pluies. Sauf que, à ce moment-là, si tout se passe bien, on devrait déjà avoir atteint une région tempérée et … nous aurons droit à un véritable été !

  6. Saudade dos meus amigos,
    Aguardamos mais visitas!!!

    Vocês são incríveis,
    Um dia vou visitar los em algum lugar!

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