São Paulo, Mégalopolis

2014-10-17_12-30-46Quand on approche de São Paulo, on sent tout de suite qu’on approche d’une ville tentaculaire, immense et riche. Une demie heure avant notre arrivée, on croise déjà de grosses industries internationales, installées en grande périphérie,  avec la ville dortoir qui va bien avec, juste à côté. D’ailleurs, il semblerait que Peugeot se porte à merveille au Brésil, puisqu’ils ouvrent ici un nouveau site de montage1)Peugeot est par ailleurs le sponsor officiel de l’équipe de foot carioca Flamengo, alors qu’ils ont licencié environ huit mille travailleurs à Aulnay-sous-Bois, Seine Saint Denis, en 2013. Peugeot affiche aussi le mot « Paris » sur ses boutiques concessionnaires pour leur donner une touche française chic à laquelle les brésiliens, fans d’automobiles, sont sensibles. Question automobile et conduite, nous sommes tout de même agréablement surpris par le civisme ambiant ; contrairement aux autres villes brésiliennes, ici on fait attention au piéton.

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Cathédrale da Sé

São Paulo est une ville très occidentalisée qui ne nous apporte pas le dépaysement des autres cités. On a l’impression d’être à la maison, on mange italien – Bruno et Mariana, nos premiers hôtes nous conseillent fortement les pizzas de São Paulo qui sont réputées bonnes et elles le sont effectivement2)une forte communauté italienne est implantée ici – on mange japonais – sans la soupe miso ni les crudités mais avec le rodízio3)service à volonté, très répandu dans cette partie du pays. Paradoxalement, c’est aussi une des villes dont l’aspect général est le moins avenant : du gris, des immeubles sans grâce et des dimensions inhumaines. Heureusement, dans le détail, on trouve de jolies constructions.

2014-10-21_14-34-18On profite des excellents musées de la ville : le MASP dans lequel on a admiré des Van Gogh, Renoir, Bosch, Delacroix, Poussin, Le Greco, Picasso, Matisse, etc., et le musée de la langue portugaise qui nous a appris beaucoup sur la colonisation du Brésil par les européens. On a pu y lire des témoignages d’indigènes discutant avec les colons pour comprendre pourquoi ils voulaient tant de bois, tant de métaux, tant de pierres précieuses ; des échanges précieux qui sont tellement d’actualité, en 2014. Je cite le chef indigène qui répond au riche français : «Na verdade, vocês, europeus, sāo grandes loucos. Vocês se sacrificam tanto para amontoar riquezas para seus filhos ! Nós, aquí, estamos certos de que a terra que nos alimentou alimentará também nossos filhos. Por isso descansamos sem maíores preocupaçōes.»4)En vérité, vous, européens, vous êtes de grands fous. Vous vous sacrifiez pour amasser des richesses pour vos fils ! Nous, ici, nous savons que la terre qui nous alimente alimentera aussi nos fils. C’est pour cela que nous nous reposons, sans trop nous préoccuper. Il n’aurait pas pu dire mieux ce que je pense depuis trop longtemps. Décidément, il faut vraiment que l’on se mette au jardinage quand on se réinstallera 😉

Ce qui est bien aussi avec São Paulo, ce sont ses hôpitaux publics. Ils sont modernes et gratuits. Évidemment, nous n’avons pas pu nous résoudre à quitter la ville sans y jeter un petit coup d’œil. Et grâce à quelques petits calculs rénaux, on m’a ouvert grand les portes. Mais, comme dirait Alain, il ne faut pas confondre « tourisme hospitalier et hospitalité touristique ».

Le voyez-vous, le singe ?
Oui, il y a un singe dans cette  photo !

D’ailleurs, en bons touristes, nous sommes entrés dans quelques églises et monuments architecturaux modernes. Nina et Francisco, nos derniers hôtes, nous ont conseillé  le jardin botanique. Nous y sommes allés et nous y avons trouvé un peu de verdure et quelques singes. Épisode exotique et merveilleux ; on était de vrais gamins à les regarder aller de branches en branches, à la cime des arbres. La liberté à l’état pur.

Dans le musée de ce jardin, j’ai appris que le nom du pays « Brésil » venait du nom d’un arbre, découvert par les colons et que l’on trouvait en abondance, le Pau-brasil ou Ibira-pitanga en tupi-guarani, qui signifie « arbre rouge » car il s’oxyde quand on le coupe et devient rouge. Il donne alors un pigment rouge très utilisé.

Cathédrale da Sé (oui, encore)
Cathédrale da Sé (oui, encore)

Nous quittons São Paulo satisfaits, tout d’abord parce qu’on y a vécu des aventures inattendues, on y a rencontré des gens super sympa, on a poussé la chansonnette pour une petite fille de 5 mois, Catarina, on y a fait de la pizza et on a goûté au fameux sandwich Bauru (voir photo dans la galerie). Mais nous avons aussi constaté une grande pauvreté à la périphérie, bien cachée des regards des touristes, quand nous sommes allés, à pied, jusqu’au Jardim Botánico ou quand nous avons dû retourner à l’hôpital de Guarulhos5)Dans la banlieue de São Paulo par les transports en commun.

Ainsi donc s’achève l’épisode pauliste. Nous quittons la « terra da garoa »6)la terre de la bruine pour une ville du Paraná, sur la route des « grandes eaux »7)iguaçu qui signifie en tupi-guarani i : eau et kuasu : grand, littéralement grandes eaux

Sandrine

References   [ + ]

1. Peugeot est par ailleurs le sponsor officiel de l’équipe de foot carioca Flamengo
2. une forte communauté italienne est implantée ici
3. service à volonté, très répandu dans cette partie du pays
4. En vérité, vous, européens, vous êtes de grands fous. Vous vous sacrifiez pour amasser des richesses pour vos fils ! Nous, ici, nous savons que la terre qui nous alimente alimentera aussi nos fils. C’est pour cela que nous nous reposons, sans trop nous préoccuper.
5. Dans la banlieue de São Paulo
6. la terre de la bruine
7. iguaçu qui signifie en tupi-guarani i : eau et kuasu : grand, littéralement grandes eaux

3 réflexions au sujet de « São Paulo, Mégalopolis »

  1. Je ne rate pas une miette de votre voyage. Je constate que vous vous éclatez dans l’ensemble,ce qui est plutôt cool. Sachant que São Paolo est une des villes les moins « safe » j’attendais avec impatience de vous lire. J’ai une question « conne » : « est-ce que Denis va se raser avant la fin de votre périple? »
    Au fait je bosse dans une école publique à temps partiel.

  2. Trop cool pour le boulot !
    Pour la barbe, ce n’est pas prévu ; on la taille un peu mais pour l’instant pas d’idée très précise…
    Pour São Paulo, aucun problème ; les brésiliens que l’on rencontre nous parle plutôt de Salvador ou des quartiers de banlieue (favela) dans lesquels il ne faut pas aller seuls ou très tard.
    Et vous, quels projets ?
    Bisou

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