Dans le Paraná, retour à la terre

Vue de Ponta Grossa depuis un de ses parcs
Vue de Ponta Grossa depuis un de ses parcs

Après Rio de Janeiro et São Paulo, qui sont tout de même les deux plus grandes villes du pays, nous avions envie de revenir à un tourisme à dimension plus humaine, plus modeste. Un peu au hasard, c’est vrai, nous avons débarqué à Ponta Grossa. Il s’agit d’une ville de province1)Ici au Brésil, province se dit interior., possédant quelques richesses touristiques, un centre-ville agréable et des quartiers résidentiels où vient s’entasser la nouvelle classe moyenne brésilienne, qui rêve de copropriété pavillonnaire avec gardien, caméras et plates-bandes de gazon.

Énigmatique tasse, vue dans le parc Vila Velha
Énigmatique tasse, vue dans le parc Vila Velha

Nous visitons le centre-ville soigneusement. Là une belle maison construite par une riche famille allemande au XVIIIème siècle, ici une cathédrale du XXème siècle en forme de paon, traversée d’une mystérieuse lumière bleue. Nous entrons dans des musées qui relèvent plus du magasin d’antiquité, sans pour autant être dénués de charme. Mais à Ponta Grossa, on nous recommande surtout d’aller nous promener dans le parc de la Vila Velha 2)«Vieille ville», où d’énigmatiques concrétions rocheuses surplombent des petits chemins coquets.

Mônica et Manu, nos hôtes
Mônica et Manu, nos hôtes

Soyons francs, il n’y a pas de quoi rester là toute une semaine. Et pourtant, il ne s’agit pas du tout d’une étape mineure de notre voyage, bien au contraire ! Car ici nous sommes hébergés par Manu et Mônica, un couple franco-brésilien qui a bien des choses à nous apprendre ! Ils se sont rencontrés au Brésil, ont habité quelques temps en France, puis sont revenus s’installer au Brésil. Mônica est psychologue et Manu est un agronome ardent défenseur des cultures sans agro-toxiques et des semences paysannes.

Sandrine et Mônica, pisando
Sandrine et Mônica, «pisando»

Dès le lendemain de notre arrivée, ils nous emmènent à Curitiba, où nous retrouvons Caetano, un ami du couple, et Boris, le frère de Manu. L’occupation principale du week-end consistera à aider Caetano à construire sa maison en terre. Et nous voilà les pieds dans un mélange de terre, de sable, de paille et d’eau, à préparer une pâte qui sert à la fois de brique et de ciment. L’entreprise est homérique et notre contribution a une dimension quasi-lilliputienne devant l’ampleur de ce qui a été fait et de ce qui reste à faire. Peu importe, nous sommes très fiers de notre humble contribution. Les conversations dans lesquelles les quatre amis nous entraînent sont d’une richesse et d’une profondeur étourdissantes. Notons au passage que, juste avant de partir, le dimanche, nous avons eu le droit à une vraie soirée électorale. Les yeux rivés sur l’ordinateur, tout le monde commente les résultats avec passion3)En gros, à l’issue des élections générales, la droite est majoritaire dans presque toutes les instances du pays : sénat, assemblée nationale, direction des états. Mais le PT (Parti des travailleurs) sauve la mise en conservant la présidence : Dilma est réélue avec une très courte avance au deuxième tour..

Encore une cascade !
Encore une cascade !

De retour à Ponta Grossa, Mônica et Manu nous présentent d’autres amis et nous pic-niquons dans un parc naturel comme le Brésil sait si bien les faire, avec bain de cascade à la clef ! À la nuit tombée, on nous invite à chanter et nous acceptons avec plaisir. Rapidement, il n’y aura plus que la Lune et les lucioles pour nous éclairer.

Dans le champ de maïs d'Adam
Dans le champ de maïs d’Adam

Le lendemain, Manu nous emmène avec lui dans une tournée d’agriculteurs de la région avec lesquels il travaille. Le matin, nous nous retrouvons dans le champ d’un certain Adam, à démarier du maïs. Adam est un agriculteur d’une cinquantaine d’années, qui s’est mis récemment à la culture bio, après avoir connu les pires excès de la culture et de l’élevage «modernes». Avec l’aide de sa femme et de ses fils, il cultive une surface qui nous paraît immense et dans laquelle il mélange les cultures (maïs, feijões, tabac, céréales, pommes de terre, etc.). Et là, tout le désherbage est effectué mécaniquement, avec l’aide … d’un cheval ! Manu en profite pour nous faire un petit cours sur la différence entre grain et semence et sur l’intérêt des semences paysannes4)Il faut quand même dire qu’on est dans un pays où la quasi totalité du maïs cultivé est OGM…. Le midi, pour nous remercier, Adam et sa famille nous offrent le repas. Presque tout ce qui nous est servi vient de leur exploitation (y compris le porc). On se régale et on repense à notre expérience de wwoofing à Rio Pomba (dans le Minas Gerais).

Manu et Nilce, dans l'une de ses serres
Manu et Nilce, dans l’une de ses serres

L’après-midi, on se rend chez un autre couple d’exploitants agricoles bio. On admire les grandes serres remplies de fraises ou de salade et on découvre l’intérêt de la culture en courbes de niveau. Et là, on nous offre deux pots de conserve de cornichons ! L’un de ces pots finira d’ailleurs dans une salade russe (recette apprise lors d’un repas linguistique Auberbabel).

Notre visa touristique arrivant à terme, nous nous dirigeons maintenant vers notre dernière étape brésilienne avant de quitter le pays. Et cette étape a un nom mythique : Foz do Iguaçu !

Denis

References   [ + ]

1. Ici au Brésil, province se dit interior.
2. «Vieille ville»
3. En gros, à l’issue des élections générales, la droite est majoritaire dans presque toutes les instances du pays : sénat, assemblée nationale, direction des états. Mais le PT (Parti des travailleurs) sauve la mise en conservant la présidence : Dilma est réélue avec une très courte avance au deuxième tour.
4. Il faut quand même dire qu’on est dans un pays où la quasi totalité du maïs cultivé est OGM…

5 réflexions au sujet de « Dans le Paraná, retour à la terre »

  1. Cool! Déjà un nouvel article!! Toujours que du bonheur de vous lire et de vous voir…oui, même toi Denis! 😉 Surtout quand tu tapes la pause! 😀
    A très vite! Bisous.

    1. Et nous, on est toujours contents de voir qu’on est lus … même si c’est par toi, Élina 😉 J’espère que tes vacances se sont bien passées !

  2. Bonjour à tous les deux. Je viens sur le blog en dilletante, mais c’est très sympa. Les photos sont magnifiques. Continuez!!! Ca fait une bouée d’oxygène.
    Amitiés, Caroline

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