Archives mensuelles : décembre 2014

Colonia del Sacramento : derniers jours en Uruguay

En haut du phare de Colonia, avec Noemí
En haut du phare de Colonia, avec Noemí

Ici, à Colonia del Sacramento, nous vivons notre deuxième séjour chez des uruguayens1)Merci l’ami Couchsurfing ! Pour rappel, notre premier hôte séjournait à Mélo, dans le nord de l’Uruguay. Cette fois-ci, c’est un couple qui nous reçoit : Noemí et Marcel. Chez eux, nous avons nos propres quartiers : une petite chambre coquette avec une grande terrasse. Ce qui ne nous empêche pas de passer plein de moments très sympathiques avec eux.

C’est d’ailleurs autour d’un délicieux asado2)C’est-à-dire l’équivalent régional de notre barbecue, sans merguez et chipolatas mais avec toutes sortes de viandes locales délicieuses (merci Marcel !) qu’on nous parle politique de nouveau3)Ça ne transparaît pas dans nos précédents articles mais nous avons déjà eu des discussions politiques à Melo et dans un bus à Montevideo, presque spontanément. Comme c’était le cas au Brésil, les uruguayens sont en période électorale. En 2014, il y a eu les élections présidentielles et en 2015 il y aura des municipales. D’ailleurs, on trouve de nombreuses maisons/voitures qui affichent clairement les couleurs du candidat de leur choix. Ça aussi, c’est un point commun avec le Brésil.

Au centre, musée de la culture portugaise
Au centre, musée de la culture portugaise

D’ailleurs, profitons du fait que nous soyons actuellement dans une des villes de l’Uruguay les plus riches en patrimoine historique pour vous toucher un mot de l’Histoire du pays. C’est peu dire que l’Uruguay a été un territoire très disputé, tantôt entre les tribus indigènes (les terribles Charrúas) et les espagnols, qui peinent à s’installer sur le territoire, tantôt entre les colons et la couronne (guerre d’indépendance menée par le célèbre Artigas au début du XIXème siècle), puis entre les argentins et les brésiliens. La bande des Treinta y Tres Orientales4)Il y a d’ailleurs une ville uruguayenne qui s’appelle Treinta-y-Tres, dans laquelle on a d’ailleurs passé une nuit ; et il n’y a pas une grande ville  qui n’ait sa rue ou son quartier «Treinta-y-Tres». aura raison de la présence des brésiliens en 1825, année de l’indépendance de l’Uruguay. Malheureusement, le pays sera rapidement de nouveau plongé dans la guerre : d’abord une terrible guerre civile de 1839 à 1841 (entre les partis colorados et blancos) puis la guerre de la Triple Alliance (Brésil-Argentine-Uruguay contre le Paraguay) de 1865 à 1870.

Le XXème commence relativement sereinement et l’Uruguay est surnommé la «Suisse de l’Amérique du Sud». Malheureusement, le pays subit de plein fouet la crise de 1929 et une première dictature s’installe. Ensuite, l’Uruguay connaît une longue période de prospérité et les deux partis historiques (les Colorados et les Blancos) se partagent plus ou moins tranquillement le pouvoir. Dans les années 1970, le libéralisme se fait plus musclé et à force de donner plus de budget à l’armée qu’à l’éducation, une dictature militaire s’installe. Cette fois-ci, elle est accompagnée de toutes les caractéristiques bien connues des dictatures sud-américaines : torture des opposants, prisonniers politiques à la pelle, censure généralisée5)par exemple, les ouvrages de Freud sont interdits, politique ultra-libérale.

La dernière période politique, post-dictature (de 1990 à nos jours), a permis l’émergence d’un nouvel acteur sur la scène politique : le Frente Amplio. Cette structure, fondée en 1971, regroupe l’ensemble des partis de gauche (des chrétiens démocrates à l’extrême-gauche, en passant par les communistes). Et c’est sous cette forme que la gauche arrive au pouvoir en 2004. Devant les succès fulgurants de la coalition (réduction massive de la pauvreté, investissement massif dans l’éducation et la santé, réduction de la dette extérieure, stabilisation de l’économie, etc.), le FA se fait réélire en 2009 et en 2014. À noter, de 2009 à 2014, le président s’appelle Mujica (dit Pepe) et devient une figure emblématique du pays. C’est l’un des rares présidents à refuser de vivre dans le palais présidentiel et à reverser 90% de son salaire de président à des œuvres caritatives (eh oui, ça existe!).

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La Calle de los Sospiros est l’une des rues les plus célèbres de la ville

Bon, et notre séjour à Colonia del Sacramento dans tout ça ? Eh bien, c’est justement une ville au cœur de l’histoire du pays ! Fondée par les portugais en 1680, elle pousse les espagnols à mieux s’intéresser au territoire et les oblige à traverser régulièrement le Río de la Plata depuis Buenos Aires pour empêcher les portugais de s’installer. La ville changea de mains six fois entre le moment de sa création et 1777 , date de la récupération définitive par les espagnols. Du coup, on y trouve des vestiges architecturaux appartenant à la fois aux styles coloniaux portugais et espagnol. Le centre historique est classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Playa de las Brisas, avec ses falaises humides
Playa de las Brisas, avec ses falaises humides

Compte-tenu de la taille plus réduite de la ville, on se retrouve très rapidement dans les champs, en deux coups de pédales. Un peu plus loin sur la côte, Noemí et Marcel nous font découvrir une plage très spéciale, bordée d’une petite falaise creusée de petites grottes humides. Le lieu est superbe et on y rejoint la famille de Noemí, royalement installée en bordure du Río de la Plata, avec maté et petits gâteaux. À cet endroit, le fleuve est si large qu’on ne voit pas l’autre bord. Rien ne le distingue de l’océan, si ce n’est que l’eau n’est pas salée.

Avec Noemí et Marcel
Avec Noemí et Marcel

Pour la dernière soirée, nos hôtes nous entraînent dans un restaurant de la vieille ville.  Nous sommes accompagnés de Liggia, la sœur aînée de Noemí, André, son mari, et Nicole, leur fille. Ils nous confient déjà fréquenter notre blog, parlant un bon français. On finit cette soirée avec un pincement au cœur : nous quittons des hôtes très attachants et un pays qu’on commence à peine à comprendre…

Les jours se réchauffent, l’été prend ses quartiers. Il est temps pour nous de repartir à l’aventure. Au revoir l’Uruguay !

Denis

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1. Merci l’ami Couchsurfing ! Pour rappel, notre premier hôte séjournait à Mélo, dans le nord de l’Uruguay
2. C’est-à-dire l’équivalent régional de notre barbecue, sans merguez et chipolatas mais avec toutes sortes de viandes locales délicieuses
3. Ça ne transparaît pas dans nos précédents articles mais nous avons déjà eu des discussions politiques à Melo et dans un bus à Montevideo
4. Il y a d’ailleurs une ville uruguayenne qui s’appelle Treinta-y-Tres, dans laquelle on a d’ailleurs passé une nuit ; et il n’y a pas une grande ville  qui n’ait sa rue ou son quartier «Treinta-y-Tres».
5. par exemple, les ouvrages de Freud sont interdits

À Cabo Polonio : les otaries, l’océan et nous

Village de Cabo
Village de Cabo Polonio

Nous arrivons très tard dans un petit village du bout du monde où il n’y a pas d’électricité et peu d’eau. Il nous a fallu prendre plusieurs types de transport pour y aller. Enfin. Nous sommes accueillis par un coucher de soleil à couper le souffle, pailletant d’or tout le ciel. Les quelques personnes de la jeep ayant un appareil photo sous la main le mitraillent. Nous en serons quittes pour le souvenir gravé dans un coin de notre cerveau !

Un lobo marino
Un lobo marino

Cabo Polonio est une réserve naturelle dans laquelle aucun véhicule n’est autorisé sauf les véhicules 4×4 qui font office de transport en commun. L’eau est comptée et les déchets intelligemment traités. Les premiers habitants de ce coin de paradis sont une colonie d’otaries, autrement appelées lion de mer et ici lobo marinos. Ils y vivent paisiblement, dormant sur les rochers ou jouant dans un océan parfois tumultueux.

2014-12-22_15-20-24Nous sommes logés dans un petit hostel directement sur la plage nord du village. C’est le coin le plus typique avec ses baraques en bois portant la réserve d’eau. Les plus bricoleurs ont une éolienne pour l’électricité, sinon c’est groupe électrogène ou bougie. Cette partie du village est vraiment agréable. Nous aimons l’idée qu’il n’y a pas de route mais que du sable. Les chiens sont de nouveau les maîtres de la rue, libres d’aller et venir où bon leur semble. Les habitations sont décorées au gré des goûts changeants de leurs propriétaires. Nous y passons quatre jours, complètement coupés du monde, à nous promener jusqu’au phare et rendre visite aux lobos, à aller nager dans les vagues fraîches de l’océan Atlantique, à jouer à Lawrence d’Arabie dans les dunes de sable… Activité bronzage sur la plage, composition musicale ou dessin… Tout un programme de farniente à surtout bien respecter !

Petit pont sur la plage sud
Petit pont sur la plage sud

Le dernier jour, on découvre la plage sud, qui est encore plus belle que la nôtre. Elle est située dans une partie plus moderne du village. Mais son attrait principal, ce sont surtout ses vagues ; et de fait c’est LE coin des surfeurs. On profite du coucher de soleil pour se prendre en photos à contre-jour.

Soirée crêpes
Soirée crêpes

L’hostel étant petit, nos quatre jours ici sont des moments de partage avec les autres voyageurs et les tenanciers, Gaby et Alfredo. Nous discutons beaucoup avec un couple d’italiens, Matteo et Michaela, en vacances deux semaines en Amérique du Sud. Nous partageons notre repas, par deux fois avec Marcos, un médecin brésilien, venu se refaire une santé ici pendant un mois, suite à un début de burn-out. Le deuxième soir, il fait froid et il pleut. On se croirait en Bretagne ; nous décidons de nous faire des crêpes pour le repas. Comme d’habitude, je fais trop de pâte… Nous laissons donc une dizaine de crêpes avec de la confiture pour régaler la communauté ! Désormais, dès que nous nous mettons à cuisiner, il y a toujours quelqu’un pour nous demander les yeux pétillants ce qu’on est en train de préparer ! Et on ne vous parle même pas de la tartiflette qu’on a cuisinée le dernier soir…

2014-12-22_20-29-57Les bonnes choses ont une fin et il nous faut quitter ce coin idyllique et préservé1)Mais, seule ombre au tableau, un peu cher pour notre budget de voyageur au long cours… pour revenir à la civilisation. J’y serais bien restée encore un jour ou deux, histoire d’y passer les 24 et 25, et ainsi éviter le retour brutal à la folie mercantile du moment.

En ce moment, nous faisons une petite pause à Montevideo avant d’aller plus à l’ouest où nous attendent Noemi et Marcel, nos prochains hôtes.

Sandrine

References   [ + ]

1. Mais, seule ombre au tableau, un peu cher pour notre budget de voyageur au long cours…

Sur les routes de l’Uruguay

Notre maison de campagne à Melo (chez Florencia)
Notre maison de campagne à Melo (chez Florencia)

C’est l’histoire de deux voyageurs, tellement avides de rencontrer la population du pays qu’ils étaient en train de visiter, qu’ils décident de traverser tout l’Uruguay du sud (Montevideo) vers le nord (Melo) pour passer deux nuits chez une habitante de la région Cerro Largo. L’habitante en question s’appelle Florencia et les voyageurs … c’est nous ! Dès le premier soir, Florencia nous emmène dans la maison de campagne de son père (qui est agriculteur), à une dizaine de kilomètres de la ville. Tout le long de la route, on est accompagnés d’un coucher de soleil prodigieux, qui teinte de rouge et d’orange la campagne bucolique, les vastes pâturages et notre modeste route de terre.

La Posta del Chuy
La Posta del Chuy

Après une nuit sous les combles, on s’organise pour aller visiter la Posta del Chuy, une des rares attractions touristiques du coin. Munis d’un pic-nic, d’une thermos d’eau froide et d’un verre rempli d’herbes à maté1)Pour être plus exact, c’était plutôt un mélange de type tereré, mieux adapté à l’eau froide… Je sais, je chipote., on dégaine nos pouces et on fait du stop. Une heure plus tard, après être montés dans deux camions différents, on débarque à la Posta del Chuy. Il s’agit d’un site historique constitué d’un pont à péage et d’une auberge, où venaient se reposer conducteurs et chevaux du siècle précédent. Le retour, toujours en stop, est plus complexe. Le chauffeur qui nous emmène est tellement bavard qu’on loupe l’entrée du chemin qui mène à notre maison. Du coup, on doit parcourir trois ou quatre kilomètres à pied dans le sens opposé… Quand on n’a pas de tête, on a des jambes, comme dit le dicton.

Mais que fait la police ?
Mais que fait la police ?

Le lendemain, on repart vers le sud, direction la côte est du pays, réputée pour ses plages et ses villages de caractère. On décide de voyager lentement, toujours en stop2)Ici, ça se dit voyager «a dedo», c’est-à-dire «au doigt». et de faire une escale dans la ville de Treinta y Tres. Moins chanceux que la veille, on attend presque une heure au bord de la route avant d’être pris. À noter : la première voiture qui nous emmène est … une voiture de police ! En passant devant un point de vue sur la vallée du coin, le conducteur nous fait descendre et nous invite à prendre des photos. Il nous laissera d’ailleurs à un endroit intéressant : un mémorial d’une des batailles de la guerre civile (1897). Là encore, on prend quelques photos, et on ressort nos pouces. Cette fois-ci, c’est un camion transportant du bois qui s’arrête. Il n’a pas de place dans la cabine mais il y a un grand «trou» dans sa cargaison où on peut s’installer. On se retrouve entourés de bois, dans un espace où on ne tient pas debout mais où on peut admirer le paysage qui défile. Un peu plus d’une heure plus tard, on arrive à Treinta y Tres.

À Treinta-y-Tres, monument des Treinta y Tres Orientales (héros de l'indépendance uruguayenne)
À Treinta-y-Tres, monument des Treinta y Tres Orientales (héros de l’indépendance uruguayenne)

À Treinta y Tres, il y a une attraction touristique importante : las quebradas de los cuervos. Problème : il faut une voiture pour y aller ou payer un guide à la journée… Et en plus, au moment où on passe à l’office de tourisme, il est fermé. Bref, la mort dans l’âme, on renonce et on quitte la ville dès le lendemain matin, après une nuit d’hôtel. On aura quand même pris le temps de visiter le centre-ville et de manger des glaces, non mais !

Gabriel, compagnon de voyage pour quelques heures
Gabriel, compagnon de voyage pour quelques heures

Le lendemain, toujours plus fou, on décide de traverser plus de 200km «a dedo»3)C’est-à-dire «en stop», suivez un peu !. Notre bonne étoile nous permet un début de voyage foudroyant ! Notre premier conducteur nous raconte ses voyages (dont une longue escale en Afrique noire). Le deuxième nous confesse qu’il prend tous les auto-stoppeurs qu’il croise. De fait, dans la partie arrière de son pick-up, on est plusieurs à profiter de l’aubaine ! Sandrine est montée devant avec Miguel (le conducteur) et Nelly (sa femme). Miguel raconte qu’il doit sa situation actuelle à une rencontre effectuée en 1988 lors d’un voyage en stop. De mon côté, à l’arrière, je voyage avec Gabriel, qui me raconte comment sa dernière relation amoureuse l’a aidé à sortir de l’alcool et de la drogue… Il est actuellement artisan et d’ailleurs… il nous offre un cadeau chacun : un bracelet de cuivre pour moi et une boucle d’oreille pour Sandrine. Un peu plus tard, on récupère un autre auto-stoppeur : un paysan qui a visiblement eu un accident avec sa carriole. Il nous montre son harnais cassé et nous explique que son cheval a pris peur et s’est enfui à travers champ !

La suite du voyage est plus délicate. On patiente longuement à la sortie de Lascano. Du coup, on pic-nique debout au bord de la route, en s’interrompant à chaque passage de voiture. Finalement, c’est un bus qui nous prend et ça ne sera pas gratuit… Petit échec pour nous. Qu’à cela ne tienne, le bus n’allant pas jusqu’à Rocha, on décide de tenter de nouveau la chance pour les 50 kilomètres restants. On patientera plus d’une heure au milieu des champs, sous un ciel de plus en plus menaçant. Finalement, c’est un petit camion qui s’arrête. Le chauffeur articule peu et je ne comprends quasiment pas ce qu’il dit. Sandrine un peu mieux et c’est elle qui mène la conversation. Dans ce qu’on arrive à comprendre, on retient que son métier consiste à transporter des pesticides pour les agriculteurs du coin…

Sur la route de Rocha
Sur la route de Rocha

On arrive donc à Rocha dans l’après-midi, juste avant la pluie. Il nous reste encore quelques  kilomètres à franchir avant d’arrivée sur la côte, où on passera finalement quatre jours. Sandrine vous racontera ça dans le prochain article. Ensuite, souhaitant revenir à Montevideo, on se retrouve de nouveau sur les routes, ne réussissant pas à trouver de bus à un horaire qui nous convienne. En faisant du stop, on retourne sans problème à Rocha. Mais à Rocha, malgré un débit routier plus que correct, on peine à trouver une voiture qui veuille bien s’arrêter et nous prendre. On se résout à monter dans un bus qui passe par là, un peu tristes de n’avoir pas pu aller jusqu’au bout «a dedo».

Conclusion : le voyage en stop en Uruguay est une expérience difficile mais intéressante, qui nous a permis de pallier notre manque de contact avec la population.

Denis

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1. Pour être plus exact, c’était plutôt un mélange de type tereré, mieux adapté à l’eau froide… Je sais, je chipote.
2. Ici, ça se dit voyager «a dedo», c’est-à-dire «au doigt».
3. C’est-à-dire «en stop», suivez un peu !

Montevideo, capitale à taille humaine

vue de Montevideo depuis les ramblas
vue de Montevideo depuis les ramblas

Nous sommes de nouveau sur les routes. Nous rejoignons la capitale de l’Uruguay, Montevideo, en six heures de bus. Les paysages sont assez proches de ceux de l’Argentine. Encore des immenses étendues de prés, encore des troupeaux de vaches qui paissent. Contrairement au dernier voyage, le beau temps est de retour. Nous descendons d’à peu près 500 kms et nous trouvons un climat plus tempéré, avec des jours plus longs et des températures plus supportables. Ici, nous avons des chaudes journées de printemps, comme on peut en avoir dans le sud de la France, avec des 28°C l’après-midi. Et surtout, les nuits sont enfin fraîches. Cette fraîcheur bienvenue nous rappelle un peu les nuits en France !

La Ciudad Vieja
La Ciudad Vieja

Dans le musée Calbildo, on découvre l’histoire de Montevideo. En 1750, une petite ville fortifiée voit le jour sur un mont, le Monte. Des explorateurs arrivent en caravelle et s’écrient “je vois le mont !” Montevideo était née. C’est en tout cas l’une des nombreuses légendes expliquant le nom de la ville.

La vieille ville, Ciudad Vieja, est assez jolie. Il lui reste de l’époque des espagnols de très vieilles maisons, malheureusement pas toutes entretenues. Notre premier hostel y est situé ; il est effectivement central dans le quartier du port, il est aussi installé dans une très vieille maison du début du XIX° siècle, aux pièces grandes et très hautes ; un cadre bien agréable.

Sur les quais de l'ancien port
Sur les quais de l’ancien port

Nous faisons le tour des vieux quartiers. Hélas, ici les églises ne sont pas ouvertes quand on voudrait y entrer : il faut viser l’heure des messes… Les installations du vieux port existent encore ; elles sont aujourd’hui le coin des pêcheurs. À Montevideo, il y a beaucoup de petites places et les espaces verts sont nombreux, ce qui nous réjouit toujours. Nous découvrons même une place étrangement désaxée, comparée au cadre des rues qui est basé sur le plan hippodamien1)Ou plan en damier, en échiquier, dans lequel les rues sont rectilignes et se croisent à angle droit. Il diffère du plan radioconcentrique, créant des quadras. C’est d’ailleurs le cas de la majorité des villes que nous avons déjà croisées, en Amérique du Sud.

Palais législatif
Palais législatif

Dans un autre quartier, plus éloigné, nous trouvons le Mercado agrícola – magnifique bâtiment type Halle Baltard, hélas transformé en galerie marchande – , l’école de Médecine ressemblant à un château et le monumental palais législatif magnifiquement mis en valeur au milieu d’une place qui n’a rien à envier à la Place de l’Étoile ! En Uruguay, on sait faire les choses en grand ! Il faut dire que Montevideo est aussi le siège du Mercosur2)le Marché commun de l’Amérique du Sud dont les bureaux sont situés dans un château au bord du Rio de la Plata.

En vélo le long des ramblas
En vélo le long des ramblas

Montevideo est une ville à taille humaine ; il nous faut une petite journée pour nous balader en vélo jusque dans les quartiers périphériques, situés en bordure de mer. Depuis le début du XX° siècle, des ramblas relient tous les quartiers de la ville. Elles sont équipées de pistes cyclables, de verdure, d’endroits où pique-niquer et de machines pour l’exercice physique. Nous y découvrons d’immenses plages d’eau presque douce que nous fréquentons avec plaisir, ainsi que le parc Rodó !

Une des nombreuses plages
Une des nombreuses plages

Notre deuxième hostel se situe plus à l’extérieur de la ville, proche des plages. Là, l’eau y est un peu salée ; goût dû au mélange entre l’eau douce du fleuve et celle de l’océan Atlantique, de plus en plus proche. Les plages sont magnifiques et nous rappellent celles de l’île d’Algodoal. L’ambiance dolce vita de l’hostel, géré par un jeune couple italo-espagnol, et ces plages ensoleillées nous invitent au farniente. La vie est douce ici.

Au Mercado del Puerto
Au Mercado del Puerto

En matière de gastronomie, les uruguayens savent aussi bien y faire que les argentins. Nous goûtons une excellente parrilla3)plat composé de différentes viandes rôties, accompagnée d’un verre de Medio y medio4)boisson typique de la ville, mélange de vin blanc et de champagne. Et on se laissera même tenter par une énorme coupe de glace à partager !

À l'opéra
À l’opéra

Culturellement, nous n’échappons pas à la mondialement connue «Nuit des musées», que nous manquions à Aubervilliers depuis que la répétition chorale était le vendredi soir ! Mais, ce vendredi 12, on commence par se faire un opéra au théâtre Solis ! On y joue Ariane à Naxos de Strauss ; on n’allait pas manquer ça – surtout pour 13€ les deux places, avec super visibilité puisqu’on a la possibilité de se replacer ! La soirée est agréable et nous avons la surprise de voir que l’orchestre philharmonique uruguayen est dirigé par un français, Martin Lebel. Bon d’accord, on s’est aussi beaucoup amusé du fort accent brésilien du ténor vedette, qui prononçait l’allemand comme une vache espagnole !

Après une semaine entière à Montevideo, nous la quittons rassasiés et nous avons hâte de découvrir une petite ville du nord du pays où nous sommes attendus.

Sandrine

References   [ + ]

1. Ou plan en damier, en échiquier, dans lequel les rues sont rectilignes et se croisent à angle droit. Il diffère du plan radioconcentrique
2. le Marché commun de l’Amérique du Sud
3. plat composé de différentes viandes rôties
4. boisson typique de la ville, mélange de vin blanc et de champagne

Concordia/Salto : flâneries autour du Río Uruguay

Un pied dans le Rio Uruguay ?
Un pied dans le Río Uruguay ?

Deux villes face à face, séparées par un fleuve, séparées par une frontière : Concordia du côté Argentin, Salto du côté Uruguayen. Un peu comme quand on est passés du Brésil au Paraguay. Ou du Paraguay à l’Argentine. Bref, on commence à connaître. Pourtant, on a encore des choses à vous raconter !

Statue du Petit Prince dans le parc San Carlos, Concordia
Statue du Petit Prince dans le parc San Carlos, Concordia

D’abord, on a jamais été autant au sud. Du fait que l’été approche, les températures augmentent. Le thermomètre annonce régulièrement 38°C en milieu d’après-midi. Bon, on nous avait prévenus. N’empêche, on transpire. Et puis, de temps en temps, un orage violent s’annonce, le vent se lève, il pleut violemment et la température redescend à moins de 25°C. C’est un peu ce qu’on a connu à Concordia alors que nous visitions le jardin botanique du parc San Carlos. Étrange parc d’ailleurs, dans lequel l’avion de Saint-Exupéry1)D’ailleurs, dans son roman «La Terre des Hommes», dans le chapitre «Oasis», il parle de Concordia ! s’est posé au siècle dernier, en quête de nouveaux marchés postaux. Et où on trouve aussi un magnifique château en ruines.

Façades à Salto, Uruguay
Façades à Salto, Uruguay

Les deux villes en elles-mêmes sont assez belles. Toujours ces places bien vertes et ces façades de maisons du XIXème siècle, élégantes et bien conservées. Petit à petit, on se rapproche du type de tourisme auquel on était habitué en Europe. Ici, même les moustiques semblent timides, c’est dire ! En plus, pour ces deux étapes, on est en hôtel, ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps. Histoire de se confirmer que, décidément, on préfère le couchsurfing ou les hostels

Baignade dans le Rio Uruguay
Baignade dans le Río Uruguay

Bien sûr, qui dit rivière, dit baignade. Je me suis donc baigné dans le Río Uruguay (côté argentin) ! À cet endroit, je suis le seul à me jeter à l’eau. Les passants me regardent batifoler, légèrement déconcertés. On se prend à repenser au port de Concepción, au Paraguay, où toute la ville se donnait rendez-vous chaque soir pour une grande baignade collective. Autre pays, autres mœurs.

Passage de frontière dans une lancha
Passage de frontière dans une lancha

Autre fait marquant de cette étape : nous avons souhaité traverser la frontière en bateau ! Ça aurait pu être simple, si ce lundi n’avait pas été un jour férié en Argentine. Heureusement, ce n’est pas le cas de l’autre côté du fleuve et on profite du passage d’une navette pour embarquer !

Et maintenant, en route pour Montevideo, la capitale de l’Uruguay !

Denis

References   [ + ]

1. D’ailleurs, dans son roman «La Terre des Hommes», dans le chapitre «Oasis», il parle de Concordia !