Archives mensuelles : janvier 2015

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San Carlos de Bariloche : des montagnes, des roses et du chocolat

Bariloche, son lac et ses montagnes
Bariloche, son lac et ses montagnes

Nous arrivons à San Carlos de Bariloche, avec le souffle coupé. Nous avons traversé la Pampa de nuit et ce matin, nous découvrons un paysage de montagnes, de lacs, de forêt de pins. C’est notre première rencontre avec la Cordilière des Andes. Au début, j’ai l’impression d’être en Suisse, à Lausanne. Puis les souvenirs des fjords norvégiens me reviennent en tête. La paysage est magique. Denis m’interpelle à chaque découverte d’un lac ou d’un sommet encore plus haut que le précédent.

Sandrine et ses nouvelles lunettes, à la mode argentine
Sandrine et ses nouvelles lunettes, à la mode argentine

Nous passons quatre jours à Bariloche1)Dont le nom complet est San Carlos de Bariloche, chez Santiago et Rocio, nos hôtes ici. Ils sont occupés durant la journée mais nous partageons les soirées ensemble. Notre emploi du temps est bien rempli et nous avons plein de choses à faire avant notre prochaine étape. Par exemple, je dois me refaire faire une paire de lunettes de vue2)perdues lors du vol à l’arraché de notre sac à Buenos Aires, ce qui n’est pas une mince affaire.

2015-01-13_02-30-03Nous déambulons dans la ville, à la recherche d’endroits à visiter, comme la cathédrale, et on s’aperçoit rapidement qu’il y a des roses partout. C’est la première fois depuis que nous sommes en Argentine que nous voyons une ville aussi fleurie ; et en plus, les roses sont très parfumées. D’après nos hôtes, ce sont des fleurs faciles à cultiver dans la région du fait du climat. Eux ne s’en rendent plus compte et ils s’amusent de nos questions et de nos remarques sur la décoration florale de la ville et sur la beauté des paysages.

Devinette : selon vous, dans musée de Bariloche a été prise cette photo ?
Devinette : selon vous, dans musée de Bariloche a été prise cette photo ?

Nous visitons le musée de la Patagonie et celui du chocolat. c’est une première prise de contact avec ce qui sera notre environnement dans quelques semaines quand nous descendrons vers Ushuaïa. La faune et la flore sont  bien différentes de celles du nord du pays. Les paysages vont changer fortement et nous avons hâte d’y être. Dans le musée du chocolat, on apprend de nouveau des points d’histoire sur l’évolution des recettes du chocolat depuis sa découverte par les Mayas jusqu’à Mme de Pompadour ! Et pour couronner le tout, on a le droit à une dégustation de chocolat chaud… Savoureux !

Ascension du Cerro Campanario
Ascension du Cerro Campanario

Nos hôtes nous conseillent plusieurs randonnées. Le mercredi, on s’échauffe avec une montée un peu rude mais rapide, le Cerro Campanario. On découvre rapidement que le sol est surtout fait de sable gris qui s’infiltre partout et qui ne facilite pas l’ascension. De là-haut, la vue est saisissante. Il y a des lacs partout et on voit tout près de nous des sommets encore enneigés en été. Un vrai plaisir de retrouver un relief que nous n’avions pas vu depuis longtemps !

Cerro Catedral
Cerro Catedral

Le jeudi, on attaque fort avec une randonnée de sept heures (4 en montée et 3 pour la descente). On part pour le Cerro Catedral, avec un départ du village (1050 m) où il y a les remontées mécaniques, plutôt fréquentées par les skieurs en hiver. Notre objectif est le Refugio Frey (1700 m). Nous traversons différentes vallées et plus on monte, plus les paysages changent, plus la végétation se raréfie. On est tout de même accompagnés tout au long de la balade par des mouches agressives qui veulent notre peau, même au travers des vêtements3)Pour les connaisseurs, ce sont des taons…. On n’est pas tous seuls sur le chemin. Beaucoup de vacanciers argentins viennent ici et nous constatons, arrivés au refuge, que beaucoup sont montés avec tout le matériel pour camper.

Elle est vraiment pas chaude !
Elle est vraiment pas chaude !

Bien heureux d’être arrivés au sommet, on se jette à l’eau, dans un lac bien frais et étonnamment peu fréquenté, vu le monde qui s’est installé autour du refuge. Après des années de randonnées dans les Pyrénées4)spéciale dédicace à Jean-Philippe et Colette Hanneton, mes «parents d’été en montagne», avec lesquels j’ai découvert les joies de la rando dans les Pyrénées, il y a 22 ans, je sais qu’il ne faut pas redescendre d’une telle ascension sans se baigner. D’abord, ça remet tous les compteurs à zéro, le corps est vivifié et la descente se fait en gambadant ! Ensuite, on en a tellement bavé pour y arriver que ce serait une frustration extrême de ne pas profiter d’un tel moment de bien-être. Enfin, on adore ça !

Dégustation d'une bière artisanale avec Rocio et Santiago, nos hôtes.
Dégustation d’une bière artisanale avec Rocio et Santiago, nos hôtes.

Le dernier jour, on décide d’aller voir la Colonia suiza, à 30 kms de Bariloche. On n’y passe que quelques heures, histoire de voir quelques vieilles maisons et de se baigner dans le lac et on repart5)La faute à la compagnie de transports publiques, parmi les pires au monde pour ses temps d’attente record. Rien que pour le voyage d’aller, on a du attendre plus de 2h !. Nous sommes arrivés très tard sur les lieux à cause d’un temps d’attente du bus de plus de deux heures. La journée finit avec une sortie arrosée de bière artisanale avec Santiago et Rocio que nous quitterons demain matin.

La suite de notre voyage se poursuit à El Bolson, à la limite du Rio Negro et du Chubut, dans le nord de la Patagonie, où nous allons faire trois semaines de wwoofing… Nous vous laissons plein de photographies à regarder, pour que vous soyez bien occupés en attendant le prochain épisode.

Sandrine

References   [ + ]

1. Dont le nom complet est San Carlos de Bariloche
2. perdues lors du vol à l’arraché de notre sac à Buenos Aires
3. Pour les connaisseurs, ce sont des taons…
4. spéciale dédicace à Jean-Philippe et Colette Hanneton, mes «parents d’été en montagne», avec lesquels j’ai découvert les joies de la rando dans les Pyrénées, il y a 22 ans
5. La faute à la compagnie de transports publiques, parmi les pires au monde pour ses temps d’attente record. Rien que pour le voyage d’aller, on a du attendre plus de 2h !
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Il était une fois dans la Pampa…

Des chevaux, quelques arbres, un lac... on est bien dans la Pampa !
Des chevaux, quelques arbres, un lac… on est bien dans la Pampa !

La Pampa, en France, on la connaît surtout de nom. Et notre imaginaire collectif y associe de vastes plaines vides traversées par des cavaliers tout droit sortis d’un western (mais parlant espagnol). Bon, eh bien… c’est pas tout à fait faux ! Au premier coup d’œil, c’est une région plate, avec de longues routes droites entourées de pâturages (principalement de l’élevage bovin) avec ici et là quelques arbres plus ou moins verts.

Maira, notre hôte, et les enfants de Maxi, son «novio»
Maria, notre hôte, et les enfants de Maxi, son «novio»

On pose nos sacs-à-dos quelques jours à Santa Rosa, capitale régionale de la Pampa. On est hébergé par Maria (et par son chat Monino, qui nous a laissé de ses poils blancs un peu partout dans nos affaires). Elle a des journées de travail qui ferait passer un prolo français pour un bourgeois mais trouve quand même le moyen de venir nous chercher à la gare routière à 6h30 du matin. De notre côté, on essaye de ne pas se coucher trop tôt le soir pour pouvoir discuter un peu avec elle à son retour du travail.

L'église de Santa Rosa
L’église de Santa Rosa

Au cours de ce court séjour, on n’a pas cessé de marcher, ce qui n’est pas pour nous déplaire. La ville de Santa Rosa est très étendue et la maison de Maria est située à environ deux kilomètres du centre-ville. N’importe, même sous une chaleur écrasante, on sort tous les jours pour visiter les environs. À commencer par le centre-ville, où on remarque une étrange église sur la place San Martín.

Curieux de découvrir la faune et la flore locale, on décide de passer notre samedi dans le parc Luro. Problème : c’est à 30km de la ville et les deux premiers bus de la journée sont à 6h30 (trop tôt) et 12h00 (trop tard). Moralité, on est bons pour faire du stop. Après l’Uruguay, on se sent rodés. Ça ne nous empêche pas de trouver le temps long en regardant les voitures passer sous notre nez sans s’arrêter pendant plus d’une heure.

Chemin à travers les caldenes
Chemin à travers les caldenes

Une fois sur place, on n’est pas déçus ! Le parc est situé dans un bosque de caldén, c’est à dire une sorte de forêt composée de petits arbres et d’arbustes poussant dans un sol sableux. L’arbre principal, le Caldén, ne se trouve qu’ici, dans la Pampa. Ses feuilles sont si petites qu’il donne l’impression de posséder des cheveux verts. Et un peu partout, on trouve des Sombras de Toro, petit arbuste aux feuilles en forme de losange.

2015-01-12_04-54-26Le dimanche soir, Maria nous emmène à Toay, chez Maxi, son novio1)fiancé, pour une soirée parrilla2)Sorte de barbecue où les viandes de la région sont mises à l’honneur. On en profite pour découvrir la ville. Ses rues sont extrêmement larges car Toay s’attendait à devenir la capitale de la Pampa, ce qui lui a finalement été refusé pour une histoire étrange de qualité de l’eau. Sur la place de la ville, on assiste à une répétition musicale de Murga : sorte de spectacle populaire satyrique chanté. Le lendemain, pendant que toute la petite compagnie se repose de la chaleur insolente (il fait plus de 34°C ici), je traverse la ville en quête de l’ancienne station de train. Car, oui, à une époque, il y avait un train qui reliait Buenos Aires à la Pampa.

Nous vivons ici nos derniers jours de forte chaleur. Nous nous dirigeons maintenant vers la Patagonie, où il fait tranquillement 10°C de moins…

Denis

References   [ + ]

1. fiancé
2. Sorte de barbecue où les viandes de la région sont mises à l’honneur
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Pas de tango à Buenos Aires…

2015-01-08_04-22-33Nous arrivons de nouveau en Argentine en traversant un fleuve. Cette fois-ci, c’est en bateau et la traversée dure une grosse heure. Nous mettons pied à terre dans le Puerto Madero tardivement et nous allons directement chez Andrea, notre première hôte. Nous passerons le réveillon du 31 avec elle et son chat, Freddy, autour d’un délicieux dîner que nous préparons ensemble. Nous finissons la soirée sur la terrasse de l’immeuble à regarder les feux d’artifice tirés depuis les quartiers alentours. Ici, les festivités sont laissées à la charge des particuliers ou des quartiers s’ils sont organisés. Du coup, il y en a tellement qu’on ne sait plus où donner de la tête !

Dans le quartier Boedo
Dans le quartier Boedo

Les jours qui suivent, nous partons à la conquête de la ville. Nous visitons tout d’abord les quartiers Boedo et Once. Il y a réellement beaucoup de vestiges historiques, de très vieilles maisons coloniales. Dans Boedo, on croise une exposition permanente à l’air libre, tout le long des trottoirs de l’avenue du même nom. On croise des places arborées assez souvent ; et on découvre une statue du libérateur Simon Bolivar par ci, des statues d’inspiration grecque par là.

Église San Francisco, quartier San Telmo
Église San Francisco, quartier San Telmo

Dans San Telmo, nous remontons une des plus vieilles rues de la ville le long de laquelle nous découvrons églises (fermées, hélas !), passages couverts, placette arborée recouverte de stands artisanaux et même la plus étroite maison de Buenos Aires, la Casa Minima, offerte par un maître à un couple de ses esclaves libérés. Dans le quartier de Montserrat, nous visitons un ancien îlot urbain, la Mazana de las Luces, composé de l’église San Ignacio, la plus ancienne de la capitale, du Colegio San Ignacio et d’un vieux cloître. Nous visitons le Museo Historico Nacional ; c’est ici que nous apprenons que beaucoup d’officiers français, comme de Liniers ou Hippolyte de Bouchard, ont participé à la guerre d’indépendance de l’Argentine, en 1810, et à d’autres batailles comme celle de San Lorenzo.

Sur la Plaza de Mayo
Sur la Plaza de Mayo

Nous flânons également sur la Plaza de Mayo autour de laquelle se trouvent plusieurs bâtiments officiels, notamment la Casa Rosada, siège du pouvoir, et le Cabildo, ancienne mairie de la ville de sa création en 1580 à 1821. Nous découvrons également la Catedral et le Mausolée dédié à San Martin, le libérateur des Provinces unies du Rio de La Plata1)Pour l’anecdote, San Martin finît ses jours à Boulogne sur Mer, en France..

Cette place est centrale et nous y venons très souvent. Un jour, en revenant d’une promenade aux alentours, nous découvrons une certaine animation sur la place. Rapidement, nous comprenons qu’il s’agit du départ du Dakkar2)Mais si, vous savez, «cinq cents connards sur la ligne de départ, cinq cent blaireaux sur leur moto.». Nous fuyons alors à grandes enjambées.

Noelia et Diego
Noelia et Diego

Un dimanche, nous prenons le train avec Diego et Noelia, nos derniers hôtes sur Buenos Aires, pour aller dans leur ville natale, La Plata. Par une belle journée de soleil, nous découvrons une très belle ville dont la cathédrale, magnifiquement mise en valeur au milieu d’une place immense, n’a rien à envier à Notre Dame. Eh oui ! C’est une journée au vert, fort agréable. L’après-midi, nous prenons le maté assis dans un parc, devant le Museo de Ciencias Naturales et nous déambulons dans les rues à la découverte de vestiges coloniaux, tous plus étonnants les uns que les autres.

Dans le Jardín Botánico
Dans le Jardín Botánico

Nous finissons nos découvertes de la ville par le Jardin botánico qui présente des essences du monde entiers. C’est dans le quartier de Palermo, où nous séjournons chez Noelia et Diego. Le coin est très vert et bien agréable. Nous en profitons aussi pour partager de nombreux moments avec nos hôtes cinéphiles et fins gourmets, devant un bon repas ou un bon film. Recoleta est le dernier quartier que nous découvrons, encore plus vert que les autres, avec ses places thématiques aux noms de différents pays.

Ah oui ! On y a passé du temps dans le métro porteño !
Ah oui ! On y a passé du temps dans le métro porteño !

Étrangement, à Buenos Aires, nous n’avons pas pu faire de tourisme autant que nous aurions voulu. Sur dix jours, finalement nous n’avons vraiment utilisé que trois jours entiers de visite. Nous avons perdu du temps car dès notre arrivée en ville tous les services publiques étaient fermés du 31 au 4 janvier, pour cause de fêtes de fin d’année. Ensuite, le lundi 5, nous avons passé la journée aux Correos internacionales pour récupérer un colis ; ce qui fut une certaine expérience de l’administration argentine. Le sur-lendemain, il a plu toute la journée et les musées du coin étaient fermés. Pour finir, nous avons passé le jeudi après-midi dans un commissariat pour porter plainte suite à une agression dans la rue qui nous a coûté notre sac… Sac qui contenait peu de choses heureusement : mes lunettes de vue (emmerdant), le portable et l’appareil photo avec les photos du jour (c’est-à-dire, celles du quartier de la Boca, que vous ne verrez donc pas…). Finalement, nous n’avons pas fait le Museo Gardel et pour assister à une Milonga3)Bal dans lequel on danse le tango, il faudra revenir…

Église San Francisco (détail), quartier San Telmo
Église San Francisco (détail), quartier San Telmo

Comme le tango, danse d’improvisation, au sens où les pas ne sont pas prévus à l’avance, la ville a mené la danse avec nous pendant ces dix jours, et a distillé ses contre-temps au fur et à mesure de notre séjour. Nous quittons la ville un peu tristes de ne pas avoir pu tout visiter et de quitter des hôtes sympathiques. Et tristes aussi du coup infligé à la liberté d’expression, en ce début d’année 20154)Oui, nous aussi nous sommes Charlie. Mais nous quittons aussi Buenos Aires heureux de nos rencontres, de nos découvertes et des étapes à venir…

Sandrine

References   [ + ]

1. Pour l’anecdote, San Martin finît ses jours à Boulogne sur Mer, en France.
2. Mais si, vous savez, «cinq cents connards sur la ligne de départ, cinq cent blaireaux sur leur moto.»
3. Bal dans lequel on danse le tango
4. Oui, nous aussi nous sommes Charlie