Pas de tango à Buenos Aires…

2015-01-08_04-22-33Nous arrivons de nouveau en Argentine en traversant un fleuve. Cette fois-ci, c’est en bateau et la traversée dure une grosse heure. Nous mettons pied à terre dans le Puerto Madero tardivement et nous allons directement chez Andrea, notre première hôte. Nous passerons le réveillon du 31 avec elle et son chat, Freddy, autour d’un délicieux dîner que nous préparons ensemble. Nous finissons la soirée sur la terrasse de l’immeuble à regarder les feux d’artifice tirés depuis les quartiers alentours. Ici, les festivités sont laissées à la charge des particuliers ou des quartiers s’ils sont organisés. Du coup, il y en a tellement qu’on ne sait plus où donner de la tête !

Dans le quartier Boedo
Dans le quartier Boedo

Les jours qui suivent, nous partons à la conquête de la ville. Nous visitons tout d’abord les quartiers Boedo et Once. Il y a réellement beaucoup de vestiges historiques, de très vieilles maisons coloniales. Dans Boedo, on croise une exposition permanente à l’air libre, tout le long des trottoirs de l’avenue du même nom. On croise des places arborées assez souvent ; et on découvre une statue du libérateur Simon Bolivar par ci, des statues d’inspiration grecque par là.

Église San Francisco, quartier San Telmo
Église San Francisco, quartier San Telmo

Dans San Telmo, nous remontons une des plus vieilles rues de la ville le long de laquelle nous découvrons églises (fermées, hélas !), passages couverts, placette arborée recouverte de stands artisanaux et même la plus étroite maison de Buenos Aires, la Casa Minima, offerte par un maître à un couple de ses esclaves libérés. Dans le quartier de Montserrat, nous visitons un ancien îlot urbain, la Mazana de las Luces, composé de l’église San Ignacio, la plus ancienne de la capitale, du Colegio San Ignacio et d’un vieux cloître. Nous visitons le Museo Historico Nacional ; c’est ici que nous apprenons que beaucoup d’officiers français, comme de Liniers ou Hippolyte de Bouchard, ont participé à la guerre d’indépendance de l’Argentine, en 1810, et à d’autres batailles comme celle de San Lorenzo.

Sur la Plaza de Mayo
Sur la Plaza de Mayo

Nous flânons également sur la Plaza de Mayo autour de laquelle se trouvent plusieurs bâtiments officiels, notamment la Casa Rosada, siège du pouvoir, et le Cabildo, ancienne mairie de la ville de sa création en 1580 à 1821. Nous découvrons également la Catedral et le Mausolée dédié à San Martin, le libérateur des Provinces unies du Rio de La Plata1)Pour l’anecdote, San Martin finît ses jours à Boulogne sur Mer, en France..

Cette place est centrale et nous y venons très souvent. Un jour, en revenant d’une promenade aux alentours, nous découvrons une certaine animation sur la place. Rapidement, nous comprenons qu’il s’agit du départ du Dakkar2)Mais si, vous savez, «cinq cents connards sur la ligne de départ, cinq cent blaireaux sur leur moto.». Nous fuyons alors à grandes enjambées.

Noelia et Diego
Noelia et Diego

Un dimanche, nous prenons le train avec Diego et Noelia, nos derniers hôtes sur Buenos Aires, pour aller dans leur ville natale, La Plata. Par une belle journée de soleil, nous découvrons une très belle ville dont la cathédrale, magnifiquement mise en valeur au milieu d’une place immense, n’a rien à envier à Notre Dame. Eh oui ! C’est une journée au vert, fort agréable. L’après-midi, nous prenons le maté assis dans un parc, devant le Museo de Ciencias Naturales et nous déambulons dans les rues à la découverte de vestiges coloniaux, tous plus étonnants les uns que les autres.

Dans le Jardín Botánico
Dans le Jardín Botánico

Nous finissons nos découvertes de la ville par le Jardin botánico qui présente des essences du monde entiers. C’est dans le quartier de Palermo, où nous séjournons chez Noelia et Diego. Le coin est très vert et bien agréable. Nous en profitons aussi pour partager de nombreux moments avec nos hôtes cinéphiles et fins gourmets, devant un bon repas ou un bon film. Recoleta est le dernier quartier que nous découvrons, encore plus vert que les autres, avec ses places thématiques aux noms de différents pays.

Ah oui ! On y a passé du temps dans le métro porteño !
Ah oui ! On y a passé du temps dans le métro porteño !

Étrangement, à Buenos Aires, nous n’avons pas pu faire de tourisme autant que nous aurions voulu. Sur dix jours, finalement nous n’avons vraiment utilisé que trois jours entiers de visite. Nous avons perdu du temps car dès notre arrivée en ville tous les services publiques étaient fermés du 31 au 4 janvier, pour cause de fêtes de fin d’année. Ensuite, le lundi 5, nous avons passé la journée aux Correos internacionales pour récupérer un colis ; ce qui fut une certaine expérience de l’administration argentine. Le sur-lendemain, il a plu toute la journée et les musées du coin étaient fermés. Pour finir, nous avons passé le jeudi après-midi dans un commissariat pour porter plainte suite à une agression dans la rue qui nous a coûté notre sac… Sac qui contenait peu de choses heureusement : mes lunettes de vue (emmerdant), le portable et l’appareil photo avec les photos du jour (c’est-à-dire, celles du quartier de la Boca, que vous ne verrez donc pas…). Finalement, nous n’avons pas fait le Museo Gardel et pour assister à une Milonga3)Bal dans lequel on danse le tango, il faudra revenir…

Église San Francisco (détail), quartier San Telmo
Église San Francisco (détail), quartier San Telmo

Comme le tango, danse d’improvisation, au sens où les pas ne sont pas prévus à l’avance, la ville a mené la danse avec nous pendant ces dix jours, et a distillé ses contre-temps au fur et à mesure de notre séjour. Nous quittons la ville un peu tristes de ne pas avoir pu tout visiter et de quitter des hôtes sympathiques. Et tristes aussi du coup infligé à la liberté d’expression, en ce début d’année 20154)Oui, nous aussi nous sommes Charlie. Mais nous quittons aussi Buenos Aires heureux de nos rencontres, de nos découvertes et des étapes à venir…

Sandrine

References   [ + ]

1. Pour l’anecdote, San Martin finît ses jours à Boulogne sur Mer, en France.
2. Mais si, vous savez, «cinq cents connards sur la ligne de départ, cinq cent blaireaux sur leur moto.»
3. Bal dans lequel on danse le tango
4. Oui, nous aussi nous sommes Charlie

5 réflexions au sujet de « Pas de tango à Buenos Aires… »

  1. Envers et contre tout, très bonne année à vous deux. Ici, le sang et les larmes versés redonnent à tous les républicains le sens des vraies priorités: liberté, laïcité et solidarité – en tout cas on en a l’impression… Ce sera notre vœu sincère pour cette année nouvelle qui commence si mal. Nous sommes Charlie aussi… Bises. Roger et Dom.

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