Éco-constructeurs en Patagonie

Tout petit au milieu de la forêt patagonne
Tout petits au milieu de la forêt patagonne

Il y a des fois où on se sent tout petits. Tout petits devant l’immensité du paysage qui s’offre à nos yeux, la Cordillère des Andes dans toute sa splendeur ; tout petits devant la puissance évocatrice de la forêt au milieu de laquelle nous sommes hébergés, tout petits dans la toute petite tente qu’on nous a prêtée et que nous avons installée au milieu des arbres ; tout petits devant la maison en paille de nos hôtes, Seba et Gloria, devant l’immense travail qu’elle leur a demandé, devant le travail qui reste à faire et dont une partie nous incombe ; tout petits enfin devant leur générosité sans fin, leur capacité à tout partager, encore et encore.

Le potager avant notre intervention
Le potager avant notre intervention

Nous avons vécus là pendant trois semaines ; là, c’est-à-dire à Mallín, minuscule territoire du nord de la Patagonie, proche d’El Bolson. Pour la deuxième fois, nous sommes wwoofers1)Pour ceux qui ne se souviennent pas de ce que ça signifie, disons simplement qu’il s’agit d’un site internet – http://wwoofingargentina.com – qui met en relation des petites exploitations biologiques avec des voyageurs volontaires. Les premiers offrent gîte et couverts pour une période pouvant aller de deux semaines à un an ; les seconds travaillent un peu et apprennent beaucoup. Au Brésil, nous travaillions moins de 20 heures par semaine, ici on est plus près des 30 heures. À noter, ce système existe presque partout dans le monde…. Mais, à la différence de notre expérience brésilienne, nous sommes chargés ici de faire avancer le chantier de la maison, entièrement (éco)-construite à la main. Il y a aussi un potager et quelques arbres fruitiers, encore trop jeunes pour donner. D’ailleurs, agrandir le potager sera une des dernières tâches qu’on nous confiera.

La maison de Gloria et Seba
La maison de Gloria et Seba

La maison de nos amis semble un peu perdue au milieu de nulle part ; on y accède en suivant une série de chemins de plus en plus petits, et comme on est au milieu d’une forêt2)D’ailleurs, notre «quartier» porte le nom évocateur de Entre Árboles, il est impossible de la voir avant d’être arrivés tout près. N’empêche, la propriété n’est pas isolée et fait partie intégrante d’une communauté joyeusement écolo-buddisto-hippie. Laissez-moi vous présenter quelques unes des personnes qui nous ont accompagnées au cours de ces trois semaines.

Lucero, la fille de Gloria et Seba
Lucero, la fille de Gloria et Seba

D’abord, il y a Seba et Gloria, les propriétaires de la maison ; Seba, l’homme à la barbe noire, dirige le chantier de la maison ; Gloria chante et joue de la guitare dans un groupe. Tous deux vivent de la production de confitures maison, réalisées avec les fruits du voisinage (fraises, groseilles, framboises, etc.) qu’ils vendent à Buenos Aires. Troisième habitant de la maison : Lucero, leur fille de deux ans et demi, en pleine période des «moi je veux», des «maman viens voir» et des «pourquoi». Le foyer se complète d’un chien d’origine péruvienne et d’un chat, bon chasseur de rongeurs (et ici, il y a de quoi faire!). En plus de nous deux, il y a une troisième volontaire qui avait déjà planté sa tente dans les bois avant notre arrivée : Natalia, avec sa perpétuelle bonne humeur et son charango3)instrument proche de la guitare mais avec des cordes doublées. Nous serons rejoints pendant une semaine par Lia, une autre volontaire, artiste,  vivant chez Luis, un voisin dont la maison en bois fait trois étages. Et enfin, il y a tous les voisins, dont la sœur et la mère de Seba, qui passent et repassent à longueur de journée, soit pour demander un coup de main, soit pour en donner un, soit pour partager un maté ou simplement pour prendre des nouvelles. De temps en temps, un des membres de la communauté vient consulter Seba, réputé pour sa bonne connaissance des plantes et pour ses massages.

La maison d'une voisine (Anita), typique dans le quartier
La maison d’une voisine (Anita), typique dans le quartier

La visite du «quartier» mérite le détour : toutes les maisons sont faites selon des principes d’éco-construction et on passe de l’une à l’autre en suivant de petits chemins à travers bois. La plupart possèdent un jardin avec potager et un atelier. On y fabrique de tout : des meubles en bois, des vêtements, des nouilles, de la bière, des confitures, des conserves de fruits, etc. Un des voisins, Luis, nous montre même un violoncelle en cours de construction. Luis qui, par ailleurs, possède une des plus belles maisons du coin…

2015-01-21_16-53-34Le travail qui nous est confié consiste surtout de recouvrir les murs en paille avec un mélange à base de sable et d’argile. Bon, c’est vrai, c’est légèrement répétitif. Mais, n’empêche, on se sent bien ici et on ne s’ennuie pas. On chante souvent et Natalia nous accompagne avec son charango. On cuisine et on déguste les recettes des autres. Et puis, surtout, on profite de la montagne avoisinante pour y monter en compagnie de Natalia et passer une nuit près d’un refuge : l’Encanto Blanco. On ne vous parlera pas de nos longues baignades dans des rivières d’eau bleue, froide et délicieuse… Ni du paysage que nous pouvions voir en sortant de notre tente au petit matin… Il faut le vivre pour le comprendre. Cela dit, ça se mérite : la montée dure 5 heures et il faut aller chercher du bois pour cuisiner…

Le potager après notre intervention
Le potager après notre intervention

Le dernier soir, on partage un goûter luxueux à base de tarte au citron meringuée (de Sandrine), de pudding aux fraises (de Graziela, la mère de Seba) et de maté. Là encore, on quitte ce petit paradis avec le cœur gros. Le sud de l’Argentine nous attend et nous voulons l’atteindre avant la fin de l’été.

Denis

References   [ + ]

1. Pour ceux qui ne se souviennent pas de ce que ça signifie, disons simplement qu’il s’agit d’un site internet – http://wwoofingargentina.com – qui met en relation des petites exploitations biologiques avec des voyageurs volontaires. Les premiers offrent gîte et couverts pour une période pouvant aller de deux semaines à un an ; les seconds travaillent un peu et apprennent beaucoup. Au Brésil, nous travaillions moins de 20 heures par semaine, ici on est plus près des 30 heures. À noter, ce système existe presque partout dans le monde…
2. D’ailleurs, notre «quartier» porte le nom évocateur de Entre Árboles
3. instrument proche de la guitare mais avec des cordes doublées

4 réflexions au sujet de « Éco-constructeurs en Patagonie »

  1. Profitez bien de ces belles photos parce que … on va avoir du mal à égaler de nouveau cette qualité. En effet, notre nouvel appareil, acheté environ 500€ à Buenos Aires vient de rendre l’âme (sans raison) au bout seulement d’un mois de bons et loyaux services. Dans l’urgence, on vient d’en racheter un petit (compact) à 250€. Nos premiers essais sont catastrophiques… Ce qui est triste, c’est qu’on est dans une des régions les plus belles au monde. On va continuer à soigner nos textes pour vous faire partager notre voyage. Mais il vous faudra désormais faire preuve de plus d’imagination qu’avant et nous croire quand on vous dira que c’est beau 😉

    Racheter de nouveau un appareil de qualité ? Oui, on y songe. Mais :
    1) Ça nous raccourcit de facto notre voyage.
    2) Où le trouver ? Même à Buenos Aires, ça a été hyper compliqué de trouver un appareil correct, qui au final nous a coûté plus cher que notre précédent pour une qualité identique et une durée de vie scandaleuse. Passer par internet ? Sans adresse fixe et sans portable, c’est quasiment mission impossible. Passer par la France ? On a déjà expérimenté les envois de colis internationaux… c’est hyper compliqué !

    Ami lecteur, as-tu une suggestion ?

    1. Hola Graciela ! Besos fuertes ! Fue una estancia muy agradable con ustedes… y los dulces y las golosinas de la merienda ! Mmmm !

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