Passage par l’île de Chiloé Et l’automne fait son entrée

Les palofitos de Gamboa sous la pluie (Castro, île de Chiloé)
Les palofitos de Gamboa sous la pluie (Castro, île de Chiloé)

Remonter le Chili, c’est un peu faire de la géographie grandeur nature1)Cette expression me vient d’un certain Éric Plée, merci à lui.. Plus on avance, plus on se rapproche de l’équateur. Donc, théoriquement, les températures doivent augmenter. Sauf qu’en même temps, on quitte progressivement l’été pour entrer dans l’automne. Et donc, les températures doivent baisser. Paradoxal, non ? En tout cas, sur l’île de Chiloé, on arrive en même temps qu’un épisode de pluie digne de l’Écosse2)Oui, pire qu’un week-end de printemps en Seine-et-Marne.. Il en faut plus pour nous saper le moral : si on ne peut pas aller se promener, tant pis, on cuisine, on discute, on écrit.

À gauche, Gabriela en plein cours de français
À gauche, Gabriela en plein cours de français

C’est d’autant plus facile qu’on est de nouveau reçu chez l’habitant3)Grâce à l’excellent réseau CouchSurfing ; mais vous l’aviez deviné, non ?. Et cette fois-ci, c’est Gabriela qui nous héberge. Elle est professeur d’anglais et, comprenant nos besoins linguistiques, elle n’hésite pas à corriger nos fautes d’espagnol. Elle nous initie aussi aux expressions typiquement locales, comme cet énigmatique «po» que les chilotes4)habitants de l’île de Chiloé ajoutent un peu partout dans leurs phrases. Rapidement, elle nous demande de lui donner des leçons de français, au début par jeu, puis de plus en plus sérieusement.

Départ depuis Puerto Chacabuco
Départ depuis Puerto Chacabuco

Mais, puisqu’il pleut ici et  qu’on fait finalement peu de choses de nos journées, profitons-en pour vous raconter comment on est arrivés là. Vous vous en doutez, qui dit île, dit bateau. Et qui dit bateau, dit port. Pour notre part, le hasard des dates nous oblige à partir de l’un des ports les plus éloignés de Chiloé : Puerto Chacabuco. De Coyhaique, notre dernière étape5)Profitez-en pour lire notre article sur cette sympathique ville chilienne, si ça n’est pas déjà fait., à Chacabuco, c’est l’affaire de 100km, qu’on franchit en trois fois dans trois voitures différentes. Car oui, on a décidé de tester le stop au Chili. Qu’on se le dise, la légende semble vraie : il est très facile de voyager «a dedo» dans ce pays !

Plante dont les grandes feuilles sont utilisées pour préparer le Curanto al hoyo, plat typique de la région
Plante dont les grandes feuilles sont utilisées pour préparer le Curanto al hoyo, plat typique de la région

Tant qu’on y est, on fait une étape dans une réserve naturelle entre Coyhaique et Puerto Aysén. Le temps d’une petite promenade le long du Río Simpson et d’un pic-nic dans un petit chalet pittoresque. Bon, d’accord, il pleut. Mais, on vous l’a déjà dit, notre moral est très bon et il en faut plus pour nous décourager.

En route vers l'île de Chiloé
En route vers l’île de Chiloé

Notre traversée en bateau dure 30 heures et passe par les fjords. Les photos peinent à rendre la beauté des paysages qui nous entourent. Nous naviguons entre des îles très vertes au relief fortement accidenté. De temps en temps, le bateau fait escale dans un petit village perdu au milieu de nulle part. Le soleil finit par percer le temps d’une après-midi mais la pluie se réinstalle rapidement, renforçant le caractère mystérieux de notre traversée. On ne peut pas dire qu’on ait été privés de paysages magiques depuis le début de notre voyage en Amérique du Sud, mais là… on atteint des sommets ! Pour vos prochaines vacances, oubliez Ushuaïa, oubliez l’Amazonie, et arrêtez-vous au Chili dans la région de «los lagos». Et passez par Chiloé, c’est indispensable !

Intérieur tout en bois de l'église de Castro
Intérieur tout en bois de l’église de Castro

Ce qui nous ramène donc à Chiloé6)Cette transition alambiquée est sous licence libre, comme le reste du blog. Vous pouvez la réutiliser à volonté. Ou pas.. Le mardi, veille de notre départ, la pluie cesse et le soleil pointe le bout de son nez. On se précipite donc au terminal de bus. Notre objectif : Achao, dont l’église en bois est renommée. On monte dans un bus… qui fait demi-tour au bout de 15 minutes : la route est bloquée par des marins grévistes. Zut, c’est loupé ! Qu’à cela ne tienne, on se balade dans Castro7)Rien à voir avec le dirigeant cubain, c’est juste le nom de la ville où on est hébergés. en attendant que la route se dégage.

IMG_1128À Castro, il y a aussi une église en bois. Quand on la voit de l’extérieur, avec son jaune et son violet criards, on a du mal à se dire que l’intérieur vaut le détour. Et pourtant… C’est magnifique ! Vraiment, tout est en bois, même les piliers ! On songe au travail que ça a du représenter. Et aussi au nombre d’arbres qu’il a fallu couper pour réaliser tout ça… Autre curiosité de la ville : les palafitos. Il s’agit de maisons sur pilotis, magistralement alignées le long du golfe. Bien sûr, quand on s’approche, on découvre qu’une maison sur deux est … un hôtel. Que voulez-vous ma p’tite dame, faut bien vivre. D’ailleurs, il faut quand même reconnaître que l’île est loin d’être inconnue : on y croise notamment de très nombreux français. Visiblement, on ne nous a pas attendus…

Brebis dans le jardin de l'église de Chonchi
Brebis dans le jardin de l’église de Chonchi

Plein d’optimisme, on retourne au terminal, toujours dans l’espoir d’aller visiter Achao. Peine perdue : la route est toujours bouchée. Histoire de ne pas rester les deux pieds dans le même sabot, on prend un bus pour Chonchi.Cette ville possède aussi son église en bois et son port. L’ambiance y est très détendue ; on y mange et on s’y promène avant de rentrer à Castro8)Et ne comptez pas sur moi pour vous raconter qu’on a essayé d’aller à Huillinco pour voir le lac, et qu’on a pas réussi à y aller ni en bus ni en stop… Y a des jours comme ça….

Quelque chose me dit qu’on est passé un peu trop rapidement à Chiloé et qu’il faudra revenir un jour finir d’en faire le tour. Dans un futur pas si lointain ? Dans une autre vie ?…

Denis

References   [ + ]

1. Cette expression me vient d’un certain Éric Plée, merci à lui.
2. Oui, pire qu’un week-end de printemps en Seine-et-Marne.
3. Grâce à l’excellent réseau CouchSurfing ; mais vous l’aviez deviné, non ?
4. habitants de l’île de Chiloé
5. Profitez-en pour lire notre article sur cette sympathique ville chilienne, si ça n’est pas déjà fait.
6. Cette transition alambiquée est sous licence libre, comme le reste du blog. Vous pouvez la réutiliser à volonté. Ou pas.
7. Rien à voir avec le dirigeant cubain, c’est juste le nom de la ville où on est hébergés.
8. Et ne comptez pas sur moi pour vous raconter qu’on a essayé d’aller à Huillinco pour voir le lac, et qu’on a pas réussi à y aller ni en bus ni en stop… Y a des jours comme ça…

4 réflexions au sujet de « Passage par l’île de Chiloé Et l’automne fait son entrée »

  1. Merci pour ton développement sur les chiens sud-américains.
    Je viens également d’apprendre quelque chose aujourd’hui : ne connaissant pas le terme « chilote » (et un peu bêtement je n’ai pas fait le rapprochement avec Chiloe ni lu votre note…), je suis allée sur internet. Et j’ai découvert que c’était un terme d’argot qui désignait le pénis ! Est-ce que les « chilotes » le savent ?
    Bises à tous les deux. Vous avez raison, les paysages sont vraiment magiques.

    1. Les chilotes, je ne pense pas . Mais les gens de la ferme à qui nous l’avons dit, ont trouvé cela intéressant… drôle. Et tu nous as appris quelque chose ! Merci. Bisous

  2. Bonjour les globes-trotters, Que de paysages, de vues splendides. Croyez-vous revenir en France, Mais oui ! car chez nous ,aussi il y a de superbes vues et de très beaux sites . Vous avez raison de profiter de la pluie car ici pas de dépaysement , il pleut aussi, et la chaleur un peu fraîche. Nous avons changer d’heure ce week-end .
    Ici les examens approchent les convocations BTS sont tombées , les oraux de bac LV et après les congés de printemps dans 3 semaines dernière ligne droite pour le BAC et à nous les vacances « grandes  » enfin petites au vue des vôtres !!!
    A bientôt Bises à tous les deux Claudie « J BREL »

    1. Salut Claudie,
      Pas besoin de dire que tu es Claudie de JBrel, je te reconnais ! On ne sait pas encore si on revient en France. Il y a de fortes chances pour que oui mais ce sera dans l’académie de Dijon car j’ai eu ma mutation ! je suis ravie que les photos te plaisent et nos aventures aussi… Continue de nous suivre et de nous mettre tes commentaires ! C’est super cool ! Bisous.

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