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Au pied des volcans, il était une ferme…

Le volcan Osorno
Le volcan Osorno

Avec l’île de Chiloé, nous en avons pris plein les yeux (et vous aussi, non ?). Comment allait être la suite de nos découvertes ?  Il fallait, sans aucun doute, que le paysage soit aussi beau ou plus étonnant encore. Alors, que dites-vous d’une chaîne de volcans plantés sur les rives d’un lac magnifique ? Eh bien, c’est là que nous sommes !

Le jardin, notre terrain de jeu principal
Le jardin, notre terrain de jeu principal

Nous travaillons deux semaines en wwoofing, dans une ferme bio installée depuis le XIX° siècle sur les rives du lac Llanquihue, sur un terrain de 130 hectares. Nous sommes accueillis par Katia, la fille des propriétaires, seule responsable  des lieux toute l’année, avec son mari, Victor. Ils s’occupent de 350 vaches à lait (lait qui, lui, n’est pas bio), 14 chevaux pour du tourisme équestre et quelques brebis ; ils vendent aussi leur bois et possèdent un jardin bio avec un poulailler. Et c’est cette partie-là de la propriété que nous, volontaires, sommes chargés d’entretenir.

Chloé, voyageuse québécoise
Chloé, voyageuse québécoise

À notre arrivée, c’est Chloé qui nous accueille, jeune volontaire québécoise, arrivée en Amérique du Sud en février pour voyager au moins dix mois, voire plus. Avec ses 22 ans, c’est déjà une voyageuse aguerrie, habituée par ses parents dès son plus jeune âge à partir loin et longtemps. Elle nous raconte un périple familial de deux ans, avec sa famille, en bateau, dans les Caraïbes, alors qu’elle n’avait que 10 ans. Elle est chez Victor et Katia depuis une semaine et partira une semaine après nous. Deux jours après notre arrivée, nous accueillerons Joe, jeune britannique, parcourant depuis déjà huit mois l’Amérique du sud et qui n’en est pas à sa première expérience de wwoofing.

À gauche, Katia, notre hôte, en train de déposer de la crème chantilly dans la main de Sandrine
À gauche, Katia, notre hôte, en train de déposer de la crème chantilly dans la main de Sandrine

Tous les quatre, nous sommes rapidement sur la même longueur d’onde, celle de la bonne cuisine et de la rigolade. Tout d’abord, nous devons faire notre pain si nous voulons en avoir pour le petit déjeuner. Très vite, après avoir fait connaissance avec le jardin et les diverses activités de récolte et d’élaboration de conserves, de confitures et de sirops, nous mettons à profit la possibilité qu’on nous donne de piocher dans les ressources des lieux et nous cuisinons de délicieux plats et desserts. Cela va des tartes aux mûres, aux pommes, au citron à la pizza fait maison et à toutes sortes de pains, variant selon la taille, la composition, etc. Comme à chaque fois que nous faisons du wwoofing, nous mangeons très bien, des repas équilibrés et composés de produits frais et biologiques, tous quasiment issus du jardin. Ça change des repas sandwiches pain-fromage-jambon du supermarché !

À gauche : Joe, l'un des rares anglais de cette planète à parler espagnol
À gauche : Joe, l’un des rares anglais de cette planète à parler espagnol

Avec Joe, nous parlons beaucoup, en espagnol, pour faire progresser Chloé qui débute et aussi pour éviter l’anglais qui ferait ralentir Joe dans son apprentissage de cette nouvelle langue. Pour nous, cette situation est géniale. Avec Chloé, nous attrapons le virus du québécois et nous lui empruntons quelques mots de temps en temps. Du coup, nous commençons à écrire un petit lexique québécois-français, avec des mots et expressions de choix. Mais comme on n’est pas bien «vite, là»1)Y a-t-il vraiment besoin qu’on vous explique ce que ça signifie ?, on ne comprend pas toujours tout et on se marre bien !

IMG_1216Les premiers jours ont tout de même été marqués par des travaux réellement liés à la ferme. Nous avons nettoyé les étables des chevaux ; ça n’est pas une mince affaire, surtout quand ça fait longtemps que ça n’a pas été fait. À un moment, les chevaux les plus curieux n’en tenant plus, ils se sont pointés aux écuries pour voir ce qui s’y passait. Il a fallu les virer gentiment sinon ils se seraient incrustés avant qu’on ait fini. Nous avons aussi eu une bonne corvée de bois à faire, sur deux jours et demi, entre le ramassage dans divers endroits de la propriété, à l’aide d’un tracteur, et le rangement de la part qui reste à l’usage domestique des propriétaires, pour le séchage2)Si vous avez compris cette phrase, merci de l’expliquer dans les commentaires : moi je n’ai toujours pas compris. (Note de Denis) . Au jardin, nous récoltons des pommes, du sauko, fruit d’un arbre originaire d’Allemagne, pour en faire du sirop, et de la murta, fruit natif du Chili qui pousse très bien près des volcans.

Quant aux vaches, nous les apercevons de temps en temps mais les propriétaires ne s’en occupent pas. Elles sont entretenues et traites dans une ferme dont les exploitants travaillent pour Katia et sa famille. Eux y vont de temps en temps pour aller chercher du lait frais qu’ils font bouillir avant de le consommer. Une après-midi, nous apprenons à faire du fromage avec Lorena, leur employée domestique, avec laquelle nous travaillons la dernière semaine. C’est assez facile et «ça goûte bon, là»3)Merci Chloé.

La maison des volontaires
La maison des volontaires, notre maison pendant plus de deux semaines

Une fois ces tâches effectuées, à quoi ressemble notre temps libre ? Pour la première fois, nous sommes logés dans une maison à part, spécialement dévolue aux volontaires. Nous y gérons tout, du bois de chauffage pour avoir de l’eau chaude pour la douche, au ménage et aux deux repas qu’il nous incombe de préparer, le petit déjeuner et le dîner. Quand il y a du soleil, durant ces premiers jours de l’automne chilien, on file au bord du lac pour se baigner. Quoique nous fassions, nous sommes toujours accompagnés de quelques chiens. Katia en a recueillis neuf, tous anciens chiens de rue qu’elle a fait stériliser. Quatre ont été mis dans un enclos près de notre petite maison ; ils sont fugueurs et tueurs de poules et de brebis. D’ailleurs, pendant notre séjour, deux seront abattus car ayant tué pour la énième fois deux brebis durant une nuit. Il y en a toujours deux ou trois, voire tous, pour nous accompagner lors de la récolte de mûres ou de rosa mosqueta4)très connues en France sous le nom de poil à gratter ou églantier. Yack et Goyo, les deux plus grands sont toujours de la partie, accompagnés parfois de Punky, le petit qui est tombé sur la tête, tout jeune, qui est un peu bizarre maintenant5)c’est mon préféré, ou de Balu qui aboie tout le temps, on ne sait pas pourquoi.

Victor, compagnon de Katia
Victor, compagnon de Katia

Entre autres activités que nous faisons en dehors du travail, aussi parce que les abords d’un lac nous offrent cette possibilité, il y a la pêche ; Denis est allé pêcher deux fois avec Victor. Il a ramené un petit saumon que nous avons mangé le lendemain midi, cuisiné par Lorena. Délicieux !

Nous quittons ce petit coin magnifique, avec un pincement au cœur, pour partir de nouveau à la découverte du pays, en espérant garder contact avec toute cette joyeuse bande.

Sandrine

References   [ + ]

1. Y a-t-il vraiment besoin qu’on vous explique ce que ça signifie ?
2. Si vous avez compris cette phrase, merci de l’expliquer dans les commentaires : moi je n’ai toujours pas compris. (Note de Denis)
3. Merci Chloé
4. très connues en France sous le nom de poil à gratter ou églantier
5. c’est mon préféré

15 réflexions au sujet de « Au pied des volcans, il était une ferme… »

  1. Visiblement, suite à un petit problème de configuration, les commentaires étaient fermés sur cet article. Ils sont maintenant ouverts, faites-vous plaisir.

  2. Je lis toujours vos comptes rendus avec grand plaisir, et ce, même si je ne commente pas ! Le sauko est un sureau en fait ! Une question : Dans ce lieu superbe, quelle différence de climat avec la France (en dehors de l’inversion des saisons) ?

    je vous embrasse fort !

    1. Ah, je me disais bien que je connaissais cette saveur aigrelette !

      Concernant le climat, comme on est un peu plus près de l’équateur que la France, il faut un peu plus chaud tout au long de l’année. Par exemple, en ce début d’automne, les températures peuvent encore dépasser les 22°C l’après-midi s’il fait soleil. La présence du lac nivelle les températures : il apporte un peu de chaleur la nuit et un peu de fraîcheur le jour.

      On t’embrasse bien fort nous aussi !

  3. Hola , D’abord je ne vous connais peu voire pas mais je partage des points communs avec vous : l’attrait des cultures différentes ce qui explique mon aisance dans ma ville . Je ne vous lis pas de façon régulière , mais j’aime vos comptes rendus , vous transpirez la convivialité, l’humour et la joie de vivre . Je pourrais parler politique avec Denis mais ce n’est pas le lieu , une partie de la France devient rance et cela me désespère pourtant je reste passif , comme vous je m’aère la tête en voyageant mais pas dans les mêmes pays et moins longtemps (l’âge sûrement!) … Et pour faire couleur locale et me rappeler mon vote du second tour des départementales ( désolé :réflexe pavlovien…) Hasta la victoria siempre !

    1. Bonjour André ! Je suis très heureux de te souhaiter la bienvenue sur notre humble blog.
      Concernant la «rancitude» de la France, ça sentait déjà pas mal le pourri quand on est partis. Il était temps d’aller voir ailleurs ce qu’il en est. Mais bon, je n’ai pas encore totalement décroché de la politique et de la vie d’Auber. J’ai suivi avec attention les élections départementales, par exemple.
      À bientôt !

      1. Merci pour ton accueil , juste une remarque, j’ai mélangé les pays.Pour le chili, ce serait plutôt  » el pueblo unido jama sera vencido ».Jetermine…..pourtant…. ! À bientôt.

  4. Coucou, je ne vais pas parler politique parce que je suis beaucoup moins engagée que ma soeur ou Denis…. Il me tardait de lire vos aventures, 15 jours c’est long sans nouvelles. Magnifiques ces photos et ces paysages, et quelles rencontres ! Le côté « Roots » ne m’aurait pas plu mais de rencontrer des gens de divers horizons ça oui, surtout Chloé la québécoise!!! Gros bisous, portez-vous bien.

    1. Merci Laurence !
      Bon, on ne peut pas dire que nos dernières semaines aient été très «roots» : on était logés comme des princes et on mangeait comme des rois !

  5. Salut mes compagnons francais de la ferme. L’article decrit bien la vie à cette ferme. Bon il faut dire que vous avez oublié de dire que la 2eme fois que Denis est allé pecher, il a absolument rien attrapé et moi j’ ai eu 3 poissons 🙂 J’aime bien te « niaiser  » Denis! Et oui, la tarte au sucre  » sa goute bon ». Je vais toujours me rappeler de notre fin de semaine de travaille avec le bois. On a du se « tasser du chemin » souvent. 🙂 Et je me suis « enfargé » de temps en temps. Si vous venez au Quebec, n’esiter pas à venir me voir, on continura à avoir du « fun » 🙂 Les 2 semaines passés avec vous on été superbes, on a bien rie et bien mangé. Le feu etait long à allumer desfois hee Denis! 10 allumettes c’est quand meme beaucoup tu trouves pas ? 😉 Mais serieux là, votre énergie et votre humour vont me manquer. Vous etes des gens incoyables et votre cuisine est « rico ». Je vous souhaite une bonne continuation et j’espere vous croisser dans un autre pays. À la prochaine!! 🙂

    1. Calme-toi Chloé, respira hondo. Et va «péter dans les fleurs». 😉 Et dis à Joe que nosotros always miramos el bright lado of vida (ça devrait lui plaire).

  6. Hé bien quelle belle expérience ce nouveau wwoofing !!! Continuez de bien profiter de ce beau voyage, nous continuons a suivre vos aventures de loin ! ☺
    De notre côté toujours au Vietnam, nous terminerons notre périple en Asie ici, pour ensuite nous diriger sur l’île de la Réunion.
    Prenez bien soin de vous !
    On vous embrasse,
    Charlene, Ludovic et Kylian

    1. eh ! salut à vous trois !
      quelles nouvelles ! on va souvent sur le blog voir s’il y a de nouvelles photos…
      on attend de voir celles-ci !
      La Réunion, ce sera la fin du voyage, le retour ?
      Bisous
      Sandrine

      1. Coucou !

        On continue de vous suivre et de découvrir pleins de choses grâce à votre blog, ça fait plaisir de voir que votre aventure continue de bien se passer !
        De notre côté effectivement après la Réunion nous retournons en France, mi juin, pour trois semaines avant de partir nous installer sur la Martinique.
        Nous continuons à vous suivre et vous souhaitons encore pleins de belles découvertes.
        Bisous a tout les deux
        Charlene, Ludovic et Kylian

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