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Vallée d’Elqui : sur la route des étoiles

Église de Vicuna
Cathédrale de La Serena

La vallée de l’Elqui1)Du nom de la rivière maigrichonne qui serpente entre les montagnes de la pré-cordillère se situe dans la quatrième région du Chili. C’est une région très touristique en été, qui accueille beaucoup de chiliens de la capitale. Nous la découvrons en automne ; il y a moins de monde et les températures sont raisonnables et supportables.

Église Santo Domingo de La Serena
Église Santo Domingo de La Serena

Nous arrivons d’abord à La Serena, petite ville balnéaire où il fait bon vivre même avec les températures qui commencent à baisser. L’air de la mer est agréable et nous déambulons aussi bien dans le Jardin japonais et sur la Place des Armes qu’à la plage,  pour voir le phare. Celui-ci n’est plus en activité mais il reste un lieu de promenade privilégié des chiliens en vacances ici. Le cœur de la ville est très beau et les bâtiments coloniaux tellement bien conservés qu’ils sont encore utilisés comme tels. En plus des nombreuses églises que l’on croise à tous les coins de rue, le Palais de justice et la Mairie impressionnent par leur architecture.

Ici, nous sommes en hostel puisque nous n’avons pas trouvé d’habitant qui nous accueille. Nous en profitons tout de même pour échanger avec le patron et sa femme qui nous donneront quelques idées de balade dans la ville.

À Coquimbo
À Coquimbo

C’est ainsi que nous visitons la ville de Coquimbo, la sœur jumelle de La Serena, à un détail près, c’est que Coquimbo est un port de pêche, plus qu’un lieu de villégiature. Nous y passons une journée entière pour découvrir le Barrio Inglés, le Fuerte Lambert (reste d’une fortification ancienne de la ville), l’église de Guayacán, entièrement en métal et importée d’Angleterre au XIX° siècle ; et nous finissons notre tour avec la Mesquita2)Mosquée. Il s’agit d’une réplique exacte dans les détails architecturaux de la Mosquée de Marrakech sauf qu’elle est plus petite. Et aujourd’hui, elle se visite et on y trouve une bibliothèque consacrée au dialogue entre religions.

Église Immaculée Conception et Torre Bauer à Vicuna
Église Immaculée Conception et Torre Bauer à Vicuña

Après quelques jours à La Serena, on s’aventure plus dans la vallée et on s’arrête à Vicuña, la ville des observatoires d’astrophysique touristiques et de recherche. Il y en a tellement qu’on a le choix pour aller passer une soirée dans les étoiles, les vraies, pas celles du planétarium ! Que de beaux souvenirs gravés dans la tête : une image de Jupiter, magnifique et si près, Saturne, ses anneaux et quelques-unes de ses lunes comme Titan, une des étoiles composant la Croix du Sud3)et oui, on est dans l’hémisphère sud et pas question de trouver dans ce ciel une grande Ourse et Polaris qui est en fait double quand on y regarde de plus près !

Yeni et Nacho, no hôtes à Viuna
Yeni et Nacho, nos hôtes à Vicuña

À Vicuña, on est hébergés chez Nacho, Yeni et leurs trois enfants. Nous y passons vraiment un séjour très sympathique. Nous parlons de Beaudelaire que Nacho affectionne particulièrement, surtout le poème «Le Vin de l’assassin» et du Mont Blanc que Nacho va aller escalader en juin. Pour cela, il fera une grande fête pour aider au financement de son projet, un des soirs où nous sommes présents. Nous participons aux préparatifs, ce qui permet de rencontrer leurs amis très proches et les parents de Nacho. Comme c’est aussi une vallée de vignobles et la vallée du pisco, on y échappera pas ! Finalement, nous les quittons après trois jours intenses, pour aller encore plus loin dans la vallée, vers Pisco Elqui, dans un petit village de montagne : Montegrande4)village dont est originaire Gabriela Mistral.

Avec Sara, note hôte, à Montegrande.
Avec Sara, notre hôte, à Montegrande.

À Montegrande, nous passons quatre jours dans la petite maison de Sara. Elle vit ici, seule, en ermite ; elle nous le dit elle-même, elle n’aime pas la compagnie de la société. Mais elle aime à recevoir des voyageurs, et en particulier des étrangers. Cela lui remplit son quotidien pendant quelques jours ; juste assez pour ne pas la déranger dans la solitude qui lui va bien et  pour remplir sa vie d’histoires de voyageurs, même si elle sait qu’elle ne les reverra sans doute jamais. Ce qui l’anime, ce sont ces rencontres, ces aventures, ces tranches de vie.

Église du village Pisco Elqui
Église du village Pisco Elqui

Ce lieu est un vrai bonheur pour nous ! Nous nous reposons dans le silence de la montagne ; il n’y a pas un bruit. Sur les conseils de Sara, nous nous baladons et arpentons les alentours. Nous allons nous promener jusqu’à la Quebrada de Paihuano et jusqu’au village de Pisco Elqui, toujours cernés par les montagnes sèches et pelées. Et on est même retourné voir les étoiles, mais cette fois-ci, tous seuls, avec des lampes torches pour se rendre à un petit pont isolé à un kilomètre de la maison. Il y fait bien noir et on profite de l’atmosphère très sèche pour voir la voie lactée comme jamais !

Dans le jardin de la maison de Sara, Montegrande
Dans le jardin de la maison de Sara, à Montegrande

Quelle chance nous avons d’avoir rencontré Sara ! Tous les soirs, elle nous raconte des histoires,  drôles et moins drôles, sur sa famille, sur le peuple chilien ; des histoires qui ont divisé son peuple, sa famille aussi. Une de mes anecdotes préférée est celle de ce repas passé chez son oncle, chez qui elle était restée ; elle avait sept ans. Il recevait ce soir-là un ami, un camarade, Salvador Allende, accompagné d’un certain Fidel Castro ! Quelle vie !

Les bonnes choses ont une fin ; mais pour en vivre d’autres, nous quittons cette région de montagnes pelées et arides qui nous donne un avant-gout de désert.

Sandrine

References   [ + ]

1. Du nom de la rivière maigrichonne qui serpente entre les montagnes de la pré-cordillère
2. Mosquée
3. et oui, on est dans l’hémisphère sud et pas question de trouver dans ce ciel une grande Ourse et Polaris
4. village dont est originaire Gabriela Mistral

2 réflexions au sujet de « Vallée d’Elqui : sur la route des étoiles »

  1. Olà amigos
    Je viens de passer la matinée avec vous, rattrapant 2 mois de retard sur votre périple. Quel bonheur ! quel dépaysement ! Et les rencontres, muy interesantes !
    Bien sûr vous faites toujours rêver, mais en Alsace on fait de très bonnes confitures de cynorhodon (gratte-cul), et je pourrais vous envoyer quelques clichés pittoresques d’un bout du jardin (vigne, muguet, iris…) ; par contre, pour le grand angle, c’est sûr y’a pas photo !
    Quant au défilé du 1er mai, ici c’était plutôt chiche. Mais mañana on va donner de la voix ! « negras tormentas agitan los aires ». Au fait, la chorale recrute, et sur une des photos j’ai remarqué un fort déséquilibre hommes/femmes, inverse de chez nous. Vous pourriez faire de la pub. Woofing à Auber, tentant, non ?
    Sandrine, bravo pour le poncho et les aquarelles.
    Muchos besitos
    Ah, 1 question : l’eau du robinet, potable ? (Véolia es-tu là ?)

    1. Salut Marie-Hélène !
      Content de t’avoir fait voyager quelques heures !
      On pourrait faire de la pub pour Auberbabel, effectivement, mais vu les salaires ici, le voyage vers l’Europe est un luxe que peu peuvent se permettre. Mais si la chorale veut venir donner quelques concerts au Chili et rencontrer des groupes locaux, c’est très possible !
      Concernant l’eau du robinet, elle est potable dans les pays tempérés (Argentine, Uruguay, Chili). Pour les autres, soit on achète de l’eau en bouteille, soit on fait avec et on ferme les yeux… Par exemple, lors de notre expérience de wwoofing au Brésil, on a bu pendant deux semaines de l’eau issue d’un cours d’eau proche sans traitement. Nos hôtes la filtrait avec un dispositif en glaise (ce genre de filtre-là). Généralement, l’eau du robinet est correcte dans les grandes villes brésiliennes. Au Paraguay, on a souvent bu l’eau du robinet (faute de choix), tout en essayant de ne pas dépasser 25% de la consommation quotidienne. Disons qu’on a eu beaucoup de chance de ne pas avoir eu la tourista.
      Maintenant, on va quitter le Chili pour la Bolivie et on va de nouveau avoir à acheter de l’eau en bouteille, le temps de s’habituer à une eau du robinet de moins bonne qualité.
      Un abrazo grande !

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