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Dernière étape chilienne : le désert d’Atacama

Le volcan Licancabur
Le volcan Licancabur

«Denis, réveille-toi, ça bouge !»

J’ouvre un œil et j’essaie de rassembler mes esprits. Il fait encore nuit et le salon dans lequel nous dormons est plongé dans la pénombre. Je regarde autour de moi : effectivement, ça bouge ! La sensation est proche du roulis du bateau qui nous a emmené sur ce continent, quelques dix mois auparavant. Pas de doute : c’est un tremblement de terre ! Je regarde Sandrine : elle est un peu inquiète et elle a mis ses lunettes, prête à quitter les lieux si ça ne s’arrête pas. Heureusement, ça ne dure pas et ça reste très léger : même les objets qui nous entourent sont restés à leur place. Quelques heures plus tard, en consultant internet, on apprendra qu’il s’agissait d’un séisme de magnitude 5,7. Le genre de séisme qui laisse un chilien de marbre mais qu’un français ne pourra jamais connaitre s’il ne voyage pas.

Un plateau de fromages pour l'anniversaire de Sandrine ; à droite, Reinaldo, notre hôte à Calama
Un plateau de fromages pour l’anniversaire de Sandrine ; à droite, Reinaldo, notre hôte à Calama

Quand on raconte l’épisode à notre hôte, Reinaldo, il rit de bon cœur. «No era un terremoto, era un temblor.»1)Ce n’était pas un tremblement de terre mais une secousse. Reinaldo, c’est un des nombreux employés de la mine de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre du monde. Autour d’une bonne bouteille de vin chilien, il nous fait écouter de la musique traditionnelle de son pays et de Bolivie. Lui-même joue de la guitare et danse la cueca2)Danse folklorique chilienne très codifiée, qui se pratique en costume avec un mouchoir de tissu à la main.. Dès le premier soir, il nous entraine dans le désert d’Atacama, le fameux désert qui occupe tout le nord du Chili et qui est connu pour être le plus sec au monde ! Avec lui on visite la Pukará de Lasana, ruines précolombiennes construites par les atacaméniens au Vème siècle après JC. En longeant la vallée, on s’arrête pour admirer les pétroglyphes3)Dessins gravés dans la pierre et on va casser la croute à Chiu-Chiu, adorable petit village qui possède l’église la plus ancienne du pays.

Intérieur de la cathédrale d'Antofagasta
Intérieur de la cathédrale d’Antofagasta

Parmi les villes importantes de cette région désertique, il y a d’abord Antofagasta, où nous passons deux nuits. La ville possède un patrimoine architectural important, une certaine richesse due à l’activité minière de la région (dont le salitre et le cuivre), un port et quelques plages. Ensuite, il y a San Pedro d’Atacama, la ville incontournable pour aller se promener dans le désert, point névralgique du tourisme local. Après nos expériences patagonnes de «tourisme à la queue-leu-leu» (Ushuaïa, El Calafate, Torres del Paine, etc.), on est très méfiants et on préfère s’installer à Calama, chez Reinaldo.

Mine de cuivre de Chiquicamata
Mine de cuivre de Chuquicamata

«Vous êtes hébergés à Calama ? Mais c’est très laid comme ville !!» Voilà ce qu’on nous dit à San Pedro ! Reinaldo nous avait prévenu : cette ville est détestée par tout le monde, y compris par ceux qui y habitent. Les plus amères sont d’ailleurs les ouvriers de la mine de cuivre, fraichement relogés à Calama, après que leur ville (Chuquicamata) ait été déclarée «zone saturée en micro-particules et en acide sulfurique». Chuquicamata est définitivement fermée en 2007. Codelco, l’entreprise publique4)À noter : l’état ne possède que 30% de la production totale de cuivre chilien. qui administre la mine adjacente, permet une visite de la ville abandonnée avant de nous emmener voir le trou de 4,5 km de large et de 1 km de profondeur. Impossible pour nous de nous extasier devant une telle monstruosité, on a l’impression de voir une sorte de plaie béante en plein désert. Mais cette visite nous semblait indispensable : le cuivre rapporte beaucoup d’argent au Chili et permet de subventionner une bonne partie de ses services publics.

La vallée de la Lune à San Pedro d'Atacama
La vallée de la Lune à San Pedro d’Atacama

Même méfiants, on passera quand même une pleine journée à San Pedro d’Atacama. Comme on s’y attendait, la visite de la célèbre Vallée de la Lune se fait au pas de charge et les groupes de touristes s’entassent pour regarder les mêmes choses en même temps. Mais bon… on ne va pas faire la fine bouche : c’est très très beau ! On en ressort éblouis en se disant que décidément, le Chili, ça aura été magnifique jusqu’au bout !

Coucher de soleil à San Pedro d'Atacama
Coucher de soleil à San Pedro d’Atacama

Car oui, c’est notre dernière étape chilienne avant la Bolivie ! On a beau savoir que les prochains pays que nous allons traverser comptent parmi les plus fameux au monde, on a le cœur qui se serre en repensant à tout ce qu’on a vécu dans cette bande de terre coincée entre le Pacifique et la Cordillère des Andes. À la beauté et à la variété des paysages rencontrés s’ajoute la qualité des rencontres qu’on y a faites. Merci donc au Chili et au chiliens pour ces trois mois magnifiques passés en votre compagnie !

Denis

 

References   [ + ]

1. Ce n’était pas un tremblement de terre mais une secousse.
2. Danse folklorique chilienne très codifiée, qui se pratique en costume avec un mouchoir de tissu à la main.
3. Dessins gravés dans la pierre
4. À noter : l’état ne possède que 30% de la production totale de cuivre chilien.

2 réflexions au sujet de « Dernière étape chilienne : le désert d’Atacama »

  1. Je suis trop jalouse des photos que vous avez fait ….Denis un jour quand tu rentreras je veux que tu m’apprennes tout ce que Juan Pablo t’as appris, ok ?

    Magnifiques clichés, j’aime beaucoup de celui de Denis marchant seul et celui de la Lune.

    Bonne continuation mais attention les prochains pays à visiter sont peut-être les plus fameux mais certains sont très dangereux. En Colombie, Carthagène des Indes ça va mais surtout pas Bogota. Pour le Vénézuela faites attention, nos expat nous disent qu’il y a de plus en plus de violence.

    Gros bisous

    1. Salut Laurence !

      Merci pour tes compliments ! Concernant la suite de notre voyage, quand on dit qu’il nous reste quelques uns des pays les plus fameux au monde, on pensait surtout … au Pérou ! Et dans une moindre mesure à la Bolivie.
      Après le Pérou, s’il nous reste assez d’argent, on fera un petit tour soit en Équateur ou au sud de la Colombie. Pour la Colombie, on a de nombreux témoignages qui nous disent que les zones touristiques sont très sures mais que tout le reste est risqué. Donc, c’est clair, on fera attention. Pour le Venezuela, honnêtement, c’est très peu probable qu’on y aille. On préfère retourner passer quelques semaines dans le nord du Brésil, qu’on a un peu survolé, avant de revenir en Europe.
      Mais bon ! Tout ça, c’est pure spéculation : on est en train de parler de quelque chose qui nous parait très éloigné dans le temps ! Pour l’instant, toute notre attention est focalisée sur la Bolivie, où on vient à peine d’arriver et où on cherche désespérément des habitants pour nous accueillir et nous expliquer un peu leur culture, qui est très exotique pour nous !

      Bises !

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