Entrée en Bolivie : et on prend de l’altitude…

À Uyuni
À Uyuni

Après dix mois de voyage, nous voici face à notre sixième pays d’Amérique du Sud : la Bolivie. Nos premières étapes sont Uyuni et Potosí, deux villes dans lesquelles nous n’avons malheureusement pas trouvé d’habitants pour nous héberger. Quoiqu’il en soit, le dépaysement est au rendez-vous !

Nous arrivons à Uyuni après un trajet qui dure 8 heures, assez époustouflant du point de vue des paysages : on monte rapidement dans la Cordillère des Andes et on roule longuement sur l’Altiplano. Dès le passage de la douane bolivienne, c’est le dépaysement ; il y a une femme qui vend de la nourriture chaude et des sodas, vêtue d’une jupe sur pantalon avec un haut très coloré et un chapeau de paille sur la tête. Ça y est, on a changé de pays et pour une fois, ça se voit !

Gare d'Uyuni
Gare d’Uyuni

À Uyuni, on trouve un hôtel pas trop cher, avec douche chaude surtout ! Nous y restons trois jours. Il nous faudra déjà une journée et demie pour nous adapter à l’altitude1)Uyuni est située à 3 670 m et faire disparaître les petits inconvénients du type maux de tête et fatigue. Comme on nous l’a déjà conseillé plusieurs fois, on se met à la coca. C’est assez doux, c’est bon et c’est dynamisant ! Faut dire qu’après plus de 6 mois de breuvages aux herbes en tous genres (téréré, maté), c’est pas le maté de coca2)Infusion de feuilles de coca qui va nous faire peur !

Île de cactus au milieu du Salar d'Uyuni
Île de cactus au milieu du Salar d’Uyuni

Il y a tellement d’officines de tourisme organisant des tours dans le Salar qu’il nous aurait fallu au moins une semaine pour toutes les visiter. Mais au bout de trois, on comprend qu’il offre tous à peu près le même tour au même prix. On choisit donc un tour d’une journée pour aller voir ce fameux Salar, en passant par le cimetière de trains, un village d’artisanat du sel, l’île aux cactus (en plein milieu du Salar, autant dire, en plein milieu de nulle part ;-)), le monument du Dakar (qu’on a salué comme il se doit : avec un beau doigt d’honneur et en fredonnant la chanson de Renaud…) et le coucher du soleil en plein désert de sel. On ramènera des cristaux, par la même occasion.

Église d'Uyuni
Église d’Uyuni

Dans la ville d’Uyuni, il faut réellement quitter la place principale et ses alentours, dévolus aux touristes, pour trouver une ambiance et une nourriture plus «locale». Le dernier soir, un peu par hasard, on trouve une rue dans laquelle il y a une rangée de restaurants fréquentés par des boliviens. Ces restaurants font griller de la viande sur un énorme barbecue, installé directement sur le trottoir. Il suffit d’entrer, de demander quels morceaux on souhaite et quel accompagnement et on est servis pour pas cher. Bon, on a suscité un peu la curiosité des clients installés. Mais certains ont vite été rassurés en me voyant dévorer à pleines dents et avec les mains des morceaux de viande succulents ! Finalement, nous sommes tous pareils devant un délicieux plat de viandes grillées !

Place du 10 novembre à Potosí
Place du 10 novembre à Potosí

Le lendemain, on part pour Potosí, à quelques 4 heures de bus d‘Uyuni et 500 mètres de plus en altitude. En réalité la route monte et descend sans cesse et on dépasse plusieurs les 4 000 m. La ville elle-même étant située à 4 070 m, elle est de fait la 2ème plus haute ville (de plus de 100 000 habitants) du monde !

À Potosí, on découvre une ville d’une très grande richesse architecturale, datant de l’époque coloniale. Au XVII° siècle, elle était alors la ville la plus riche du monde et c’est ici qu’on frappait la monnaie de l’empire espagnol. Cette richesse est due à l’exploitation des mines d’argent du Cerro Rico. La ville est classée au Patrimoine Mondial par l’UNESCO, mais elle risque de perdre ce titre dans les années à venir, faute d’entretien.

Dans l'un des marchés de Potosí
Dans le mercado central de Potosí

Là encore, on doit prendre une petite journée de pause, pour s’acclimater à l’altitude. Ensuite, nous arpentons les rues de la vieille ville, malgré une sensation d’essoufflement permanente. Dans toutes les rues, des vendeuses de pains, de gâteaux, de jus d’oranges fraîchement pressées, de cacahuètes et autres gourmandises nous attirent. Un midi, nous profitons du Mercado central pour déjeuner d’une délicieuse soupe de mani3)soupe de cacahuètes avec pâtes, pommes de terre, carotte, petits pois et morceaux de viande et faire des petites courses.

Les musées sont ici aussi nombreux que les églises ; en une journée, nous n’aurons pas assez de temps pour tout visiter. Et beaucoup sont en cours de restauration. On suppose qu’ils profitent de la basse saison touristique pour rénover.

Dans la Casa de la Moneda
Dans la Casa de la Moneda

Nous visitons la casa de la Moneda, un des bâtiments les plus luxueux de la ville. On y découvre les procédés de fabrication et les conditions de travail des indigènes employés à la confection de la monnaie. Le bâtiment héberge une collection de peintures dont plusieurs du peintre emblématique de l’époque coloniale, Melchor Pérez Holguín, peintre andin qui ne sachant pas écrire, se dessinait sur la toile, comme personnage secondaire. Aujourd’hui, son portrait est sur les billets de 50 bolivianos. Dans ce même musée, on nous explique la symbolique de représentation de la Virgen del Cerro (vierge associée à la ville de Potosí), représentation de Marie avec le manteau ouvert en forme de la montagne Cerro rico accompagnée de symboles des croyances andines. Une manière de faire croire aux indigènes que le christianisme englobe leurs croyances afin de mieux les convertir…

Baignade dans l'Ojo del Inca
Baignade dans l’Ojo del Inca

Le dernier jour, afin d’échapper à la pollution automobiles des rues, on va pique-niquer sur les bords d’un petit lac, à 25 km de Potosí, appelé Ojo del Inca. L’eau y est à 34°C et avec les températures qui règnent ici, ces degrés bien au dessus de zéro sont les bienvenus4)Ceux qui comprennent l’espagnol apprécieront cette blague des habitants de Potosi qui disent que la ville possède “dos estaciones, la del invierno y la de trenes” ! Les alentours sont aussi étonnants et magiques ; les montagnes possèdent mille couleurs ; des verts, des ocres, des rouges, des marrons, du rose violacé. C’est vraiment à se demander où on est !

Ça fait seulement une semaine qu’on est en Bolivie et on a déjà vu beaucoup de choses magnifiques, dont les paysages spectaculaires de l’Altiplano. Nos habitudes acquises ces derniers mois commencent à changer : on s’habille plus chaudement, même dans le lit (car il n’y a pas de chauffage) ; on apprend à négocier les prix (qui sont souvent un peu plus chers pour le touriste) ; on évite les supermarchés, qui vendent surtout des produits d’importation et on va s’alimenter sur les petits marchés locaux… Et surtout, on s’est rendus compte qu’on n’est pas tous égaux face à la quantité d’oxygène disponible !

Sandrine

References   [ + ]

1. Uyuni est située à 3 670 m
2. Infusion de feuilles de coca
3. soupe de cacahuètes avec pâtes, pommes de terre, carotte, petits pois et morceaux de viande
4. Ceux qui comprennent l’espagnol apprécieront cette blague des habitants de Potosi qui disent que la ville possède “dos estaciones, la del invierno y la de trenes”

5 réflexions au sujet de « Entrée en Bolivie : et on prend de l’altitude… »

  1. Superbes photos comme toujours….La bolivie et le Pérou ça doit vraiment valoir le détour. A bientôt, gros bisous.

  2. Un petit coucou par un très beau temps de Juin (ici) en vous remerciant encore pour toutes ces belles images en peinture (Sandrine, quel talent !) et en photo (chapeau bas, Denis !). J’ai parlé de votre blog à une copine du Morbihan, Gaëlle, qui est prof de musique et chef de chorale, elle en a pris les coordonnées et vous enverra peut-être un message ! En attendant, je vous souhaite salud y buen viaje ! Bises.

  3. CHRISTE = Roger … Caramba ! je ne sais pas pourquoi mon personnage a changé son nom et je me suis dit que vous alliez croire que Jésus descendait vous parler !

  4. Merci les amis pour ces différents messages ! Nous avons passé quelques jours sans internet, ce qui fait qu’on vous répond tardivement. On est très contents de voir qu’on est toujours suivis et que nos histoires continuent à vous intéresser. D’ici deux jours, on vous publiera un petit article sur Sucre et nos premières rencontres avec des boliviens. D’ici-là, profitez bien du soleil printanier !

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