Sucre, ville blanche

2015-06-06_18-08-15Quelle est la capitale de la Bolivie ? La Paz ? Perdu ! Il s’agit de Sucre, modeste ville d’environ 400 000 habitants, ne possédant que le siège du pouvoir judiciaire – l’exécutif et le législatif étant effectivement situés à La Paz, qui est aussi la ville la plus grande du pays. Cette répartition des pouvoirs n’a pas été une franche partie de rigolade puisqu’elle s’est faite au terme d’une guerre civile à la fin du XIXème siècle.

2015-06-08_12-54-12Comme Potosí, Sucre est classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO pour son centre-ville colonial où la couleur blanche domine. Mais ici, tout est bien conservé, bien entretenu et même l’air semble moins affecté par les pots d’échappement. Cependant, très vite, on est rassuré : on est bien en Bolivie ! Les rues sont pleines d’un joyeux mélange ethnique, sorte de symphonie de visages et de vêtements, le tout cohabitant dans un mélodieux brouhaha où l’espagnol se colore de quecha. Et puis, il y a le marché central !

Dans les paniers : des oranges et des chirimoyas
Dans les paniers : des oranges et des chirimoyas

Ah le marché central ! On y trouve de tout : de la nourriture, des vêtements, des objets. Vous qui nous connaissez, vous vous doutez que c’est plutôt l’aspect culinaire qui a retenu le plus notre attention ! Des fruits et légumes à perte de vue (dont les délicieux Chirimoyas), des fromages frais et savoureux à 5 bolivianos 1)moins d’un euro !!, les fameux chorizos bien gras et juteux, des pains, des gâteaux et cette petite cour intérieure où de nombreuses vendeuses de jus de fruits haranguent les passants, derrière leurs stands où leur tête dépasse à peine tant il est chargé de fruits colorés. On s’y sent tellement bien qu’on y passe au moins deux fois par jour pour s’y alimenter ou simplement pour se promener au milieu des odeurs et des cris joyeux.

Tissus à Tarabuco
Tissus à Tarabuco

À Sucre, on dort chez l’habitant pour la première fois depuis notre entrée en Bolivie. Comme nous l’avons déjà fait dans d’autres grandes villes, nous avons accepté deux «couchs»2)C’est comme ça qu’on désigne un hôte trouvé grâce au site couchsurfing.org différents. D’abord, on est attendu chez Veronica3)Exceptionnellement, les prénoms ont été changés et nous ne mettons pas de photo du fait d’un contencieux entre nous, qu’on vous racontera plus tard… et sa fille de 14 ans, Anita. Elles habitent au onzième étage d’un des très rares edificios de Sucre. De leur appartement, on voit toute la ville et c’est très beau, de jour comme de nuit. On en profite pour y cuisiner les denrées glanées sur le marché… Veronica m’apprend quelques mots en quecha. Sur ses conseils, on va visiter un sympathique petit village des environs : Tarabuco. On y trouve une feria où on vend des tissus magnifiques, de tradition locale.

Sandwichs au chorizo sur le marché central
Sandwichs au chorizo sur le marché central

Notre deuxième expérience de couchsurfing sera plus malheureuse : on attend notre hôte en vain une heure sur la place centrale… Ça nous était déjà arrivé une fois au Chili mais ça nous laisse tout de même moroses. Pour nos deux dernières nuits, on se rabat sur un hostal un peu miteux (mais pas cher), situé en plein centre-ville, à deux pas du marché.

Cimetière de Sucre
Cimetière de Sucre

La même journée, on visite le cimetière et on y rencontre un jeune bolivien, Marco, étudiant en sociologie, qui nous fait une visite guidée. Après nous avoir plongés dans l’histoire du pays en nous montrant un certain nombre de tombes illustres, il nous parle de la période actuelle, d’Evo Morales et des grandes réformes entreprises en Bolivie récemment. Il a les yeux qui brillent en nous racontant tout ça et nous on se met à rêver : et si on élisait un jour un Evo en France. Un président qui affirmerait haut et fort que la diversité culturelle est une force et qui modifierait la constitution dans ce sens4)La constitution bolivienne est une des seules au monde à reconnaître le droit de chaque ethnie, élevée au rang de «nation», a défendre sa culture, ses traditions, sa langue, etc. un président constamment à l’écoute des syndicats et des travailleurs, un président qui dit : «la compétitivité non, la solidarité oui»

Denis

References   [ + ]

1. moins d’un euro !!
2. C’est comme ça qu’on désigne un hôte trouvé grâce au site couchsurfing.org
3. Exceptionnellement, les prénoms ont été changés et nous ne mettons pas de photo du fait d’un contencieux entre nous, qu’on vous racontera plus tard…
4. La constitution bolivienne est une des seules au monde à reconnaître le droit de chaque ethnie, élevée au rang de «nation», a défendre sa culture, ses traditions, sa langue, etc.

Une réflexion au sujet de « Sucre, ville blanche »

  1. Ah ! Sucre ! Ma ville préférée jusqu’à ce jour, en Bolivie ! Quelles couleurs ! Quelles richesses dans ce Mercado central ! Nous y avions nos habitudes… Et c’est ici que j’ai été appelée « Mamita » pour la première fois ! Ça c’est marrant ! Et c’est ici que j’ai trouvé mon charango !!

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