Archives mensuelles : juillet 2015

Cuzco : on est venus, on a vu, on n’a pas été convaincus !

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Arche de Santa-Clara

Je vous préviens, ça va râler ! Bon d’accord, nous sommes arrivés à Cuzco, la fleur au fusil, sans réservation, en période haute, et nous avons très rapidement trouvé un hôtel pas cher, plutôt un hôtel pour les locaux ou les touristes, comme nous, qui avaient oublié qu’il n’y a pas que des étrangers qui sont en vacances. Disons que ça commençait bien.

Mur inca
Mur inca

Et puis, notre premier jour fut un jour de découverte du centre historique. En effet, Cuzco est une très belle ville, au passé colonial chargé, mais pas que ! Bien évidemment, les vestiges incas sont légion dans le centre, comme des restes de murs d’une épaisseur hallucinante, faits en pierres aux angles multiples. Dans une petite rue piétonne, il y a un mur qui comporte une pierre à 12 angles. Qui dit mieux ?

Intérieur de l'église du couvent franciscain
Intérieur de l’église du couvent franciscain

Nous avons aussi visité le couvent franciscain, de toute beauté. D’ailleurs, vous vous posez sûrement la question depuis le temps qu’on vous raconte nos visites de ces lieux : mais qu’est-ce qu’ils ont avec les couvents franciscains ? Simplement, que ce soit à Sucre, Cochabamba, La Paz, Arequipa et maintenant Cuzco, nous y avons toujours eu des visites guidées de très bonnes qualités ; il faut dire aussi qu’à chaque fois, nous nous sommes retrouvés dans des bâtiments absolument bien conservés. L’après-midi, on visite le musée d’Art Précolombien.

Couvent Santo Domingo/Qoricancha
Couvent Santo Domingo/Qoricancha

Le lendemain, nous avons profité d’une visite guidée d’un lieu emblématique de la ville, Qoricancha, pour en apprendre un peu plus sur l’histoire de la région. Cet ancien temple cérémonial dédié au soleil était le lieu le plus sacré de l’empire inca. Avec la colonisation, il a été transformé en couvent ; ce qui a permis de protéger les restes des anciens murs, une fois le pillage des richesses et la destruction passés. D’après le guide, il a fallu des milliers d’hommes et de bêtes pour acheminer jusqu’à la mer tout l’or volé dans ce temple par les espagnols, et ce pendant quatre mois.

Place des armes
Place des armes

Mais le rêve Cuzco, ça s’arrête là. Nous avons vite découvert que les autres lieux de cultes étaient payants, trop chers pour une simple entrée. L’entrée de la cathédrale (sans guide), par exemple, coûte 25 soles1)7,50 € ; à Paris, Notre Dame est accessible gratuitement. Nous apprendrons plus tard, lors d’un tour gratuit de la ville – qui était d’ailleurs d’une médiocrité affligeante – que la cathédrale est ouverte gratuitement de 6h à 9h du matin, pour éviter soigneusement que les touristes en profitent !

Au fond, la cathédrale
Au fond, la cathédrale

Nous savions déjà, grâce à Rémi (le frère de Denis) et d’autres voyageurs rencontrés que nous ne pourrions pas aller voir le Machu Pichu, le prix allant de 100 à 500 dollars2)Selon que vous fassiez ou non le chemin de l’inca. par personne. Mais ce qu’on ignorait, c’est que tous les autres sites sont à l’avenant. Il existe un billet dit «touristique» à 130 soles par personne3)environ 45€ qui permet de visiter toutes les ruines proches de la ville, sur dix jours. C’est pour nous l’équivalent d’un voyage pour deux en bus de plus de 250 km ! Nous avons donc fait le choix, pour les deux derniers jours, d’aller visiter deux sites, pas très connus mais forts intéressants, grâce au billet partiel, deux fois moins cher mais uniquement pour deux jours consécutifs. Mais le pire, c’est que sur chaque site, il n’y a ni guide4)Sauf pour ceux qui ont acheté un tour depuis Cuzco., ni panneaux explicatifs. En plus du prix des entrées des sites touristiques, il faut en plus se trouver un transport, et là, c’est la loi de la jungle : chaque chauffeur pratique le prix qu’il veut, à la tête du client5)Ça donne par exemple un taxi à 20 soles – 6€ – du terminal de bus au centre-ville, alors que d’autres descendent à 6 soles….

Le pire, c’est pour les péruviens eux-mêmes. Le péruvien moyen ne peut pas s’offrir des vacances ici, même si les entrées sont à moitié prix pour eux car, en plus, par rapport au reste du pays, ici, tout est trois fois plus cher. De ce fait, on s’est demandé s’il existait un autre lieu comme celui-ci dans le monde, où mêmes les locaux ne peuvent pas aller. On n’a pas encore trouvé mais en France, je ne pense pas que ça existe, non ?

Moray
Moray

Il y a quand même des points positifs. Comme toujours les repas au marché sont conviviaux, grâce aux commerçants, avec qui nous discutons. Et puis, on aura eu une journée magnifique, en visitant Moray, un centre de recherche agricole inca, à une trentaine de kilomètres de Cuzco. Ces ruines sont étonnantes, circulaires, comme un amphithéâtre, ce qui permettait de créer autant de microclimats qu’il y a de terrasses, l’épaisseur des murs emmagasinant la chaleur en journée pour la diffuser dans la nuit. En combinant un bus puis un taxi collectif, on arrive à Maras, à 9 km du site. De là, on a le choix entre prendre un taxi privé très cher ou marcher. Nous décidons donc d’y aller à pied, ce qui donne une randonnée de deux heures aller, et autant pour le retour. En chemin, nous croisons tous types de véhicules, des minivans des tours operators aux quads, loués par des touristes en mal d’aventures et de poussière. On les a détestés un bon moment jusqu’à ce qu’on croise un jeune, avec son troupeau de moutons, qui nous indique un raccourcis, à travers champs, un large chemin bordé d’aloe vera qui nous permet de profiter de paysages à couper le souffle. Pour le retour, nous avons été pris en stop (gratuit !) par un camion qui nous a déposé à l’arrêt de bus-même. Nous avons fini cette journée en bavardant dans le bus avec trois voyageurs espagnols, pendant le retour à Cuzco.

Ruines de Sacsayhuamán
Ruines de Sacsayhuamán

Le dernier jour, nous voulions profiter de la ville d’Ollantaytumbo et ses ruines archéologiques incas, attraction qui fait partie du billet partiel. Mais… au moment du départ, je me suis aperçue que je n’avais plus les billets achetés la veille. Après de vaines recherches dans nos sacs et dans la chambre d’hôtel, on se rend à l’évidence : nous passerons notre dernier jour à Cuzco. Au programme : visite de la cathédrale (sur les horaires de messe), visite du musée de l’inca et balade sur les hauteurs de la ville, ce qui nous permet de voir de loin les ruines de la forteresse de Sacsayhuamán.

Au final, au cours de ces 4 jours, même si nos photos sont belles, on n’aura visité que des sites mineurs de la région, en effleurant à peine la richesse de la culture inca. La faute à des tarifs prohibitifs qui réservent l’ensemble de la région à une élite touristique.

Sandrine

References   [ + ]

1. 7,50 € ; à Paris, Notre Dame est accessible gratuitement
2. Selon que vous fassiez ou non le chemin de l’inca.
3. environ 45€
4. Sauf pour ceux qui ont acheté un tour depuis Cuzco.
5. Ça donne par exemple un taxi à 20 soles – 6€ – du terminal de bus au centre-ville, alors que d’autres descendent à 6 soles…

Autour d’Arequipa : pas de répit pour l’émerveillement !

Détail de l'église de la compagnie de Jésus
Détail de l’église de la compagnie de Jésus

Avec Arequipa, on attaque les destinations les plus touristiques du Pérou. C’est la deuxième plus grande ville du pays et son centre-ville est classé au patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Le dépliant qu’on s’est procuré à Puno1)Les offices du tourisme péruviens fournissent des petits dépliants sur presque toutes les principales destinations touristiques du pays. parle aussi d’une certaine vallée du Colca et de son canyon. Bref, on sait déjà qu’on a de quoi y passer une grosse semaine sans s’ennuyer. D’autant plus que notre séjour commence par 3 jours chez l’habitant ! Eh oui, après plus d’un mois sans succès, on est de nouveau accueillis !

À gauche : Pedro-Pablo, notre hôte
À gauche : Pedro-Pablo, notre hôte

Notre hôte, Pedro-Pablo, vit en banlieue avec son père, Hernando. La maison qu’ils occupent depuis environ un an est dans un très mauvais état mais elle est très grande et elle possède un terrain, que Pedro-Pablo souhaite transformer en jardin-écologique. Profitant de leur espace, ils en accueillent gracieusement les voyageurs qui en font la demande, pour des durées allant d’une nuit à plusieurs mois ! Les conditions de vie sont rudes : un matelas à même le sol avec quelques couvertures (mais sans draps), des douches froides et une épaisse couche de crasse tenace qui recouvre les sols. Néanmoins, on y passe trois jours inoubliables !

L'entrée du jardin de Pedro-Pablo
L’entrée du jardin de Pedro-Pablo

Car l’intérêt principal de cette communauté, ce sont ses membres : le fils, le père et les voyageurs. En tout, nous sommes une dizaine à occuper les lieux. Il y a quelques européens (une allemande et son fils, un français et un russe), deux chiliennes, une argentine et une vénézuélienne. Et tout ce petit monde communique en espagnol. On discute longuement avec les chiliennes, ce qui nous rappelle les trois mois mémorables qu’on a passé dans leur pays ; on partage un maté avec l’argentine, stupéfaite de trouver des adeptes de cette boisson aussi loin de sa terre natale ; on échange longuement avec la vénézuélienne pour en savoir plus sur un pays qu’on n’aura sans doute pas la possibilité de visiter2)Car notre budget initial commence à s’épuiser…. Sandrine en profite pour confectionner une grosse casserole de confiture de pommes-pêches qui fera le bonheur de nos petits-déjeuners.

Culture en espaliers
Culture en espaliers

Cependant, la situation de la maison est peu propice aux visites d’Arequipa et de ses environs. On ira quand même se promener en direction de l’Ojo de Yumina, d’où l’on voit quelques unes des cultures en pallier les plus belles d’Amérique du Sud. Mais comme ça ne nous suffit pas, on quitte à regret la joyeuse communauté et on va s’installer dans un hôtel du centre-ville. Sur les entre-faits, on apprend que Chloé et sa sœur vont arriver à Arequipa le lendemain. Chloé, c’est cette jeune canadienne avec qui on a travaillé au bord du lac Llanquihue, au Chili. Du coup, on passera toute une après-midi avec elles, après-midi qui finira dans une chocolaterie bio autour de délicieux gâteaux et boissons au chocolat.

Entrée de la casa del Moral
Entrée de la casa del Moral

La visite guidée de la ville, organisée par des étudiants, nous convainc que sa réputation n’est pas usurpée ! L’architecture, principalement coloniale, présente de nombreux éléments de métissage (syncrétisme) avec la culture indigène. La richesse des édifices est impressionnante, sans parler de la collection de reliques en or pur hébergée par le musée de la cathédrale3)Où l’on trouve une couronne décorée avec un petit millier de diamants…. De nombreuses places et rues étroites sont encombrées de petites boutiques d’artisanat et de terrasses de café. Par moment, on se croirait à Paris ! Sauf qu’au loin, on voit trois volcans imposants : le Misti, le Pichu Pichu et le Chachani.

Avec Aleena et Chloé, dans une chocolaterie
Avec Aleena et Chloé, dans une chocolaterie

Le lendemain, nos deux canadiennes partent pour le canyon de Colca. Quant à nous, on a renoncé depuis plusieurs jours à cette destination : on peut y aller que par le biais d’un tour-operator et ça coûte très cher4)Mon frère nous avait prévenu : les attractions touristiques péruviennes ne sont pas données et tout est fait pour que le touriste ne puisse pas y accéder par ses propres moyens.. Qu’à cela ne tienne, la vallée du Colca est suffisamment grande pour qu’on puisse y passer quelques jours en évitant les destinations les plus touristiques.

À l'intérieur de l'église de Chivay
À l’intérieur de l’église de Chivay

Un peu au hasard, on va donc s’installer à Chivay, à 3 heures au nord d’Arequipa. On est surpris d’y croiser autant de touristes mais on finira par comprendre que toute la vallée est extrêmement prisée, que ce soit par les étrangers ou par les péruviens eux-mêmes. Et puis, on est en saison haute et ça se sent. Mais, alors, comment se fait-il qu’on se retrouve tous seuls lorsqu’on va visiter le petit village de Sibayo, présenté par nos dépliants comme l’un des plus beaux de la zone ? La réponse, on la connaîtra plus tard : ce village accueille un tourisme vivencial. C’est-à-dire que ceux qui veulent le visiter sont invités à aller s’installer chez l’habitant pour partager leur quotidien. Du coup, on n’y trouve pas d’hôtel, ni de restaurant. Et pas de transport pour nous ramener dans l’après-midi5)On fait donc du stop. L’occasion pour nous d’avoir la confirmation de ce qu’on nous a raconté : les conducteurs demandent à se faire payer. Et même plus cher que les transports en commun !!!)… Sans aller aussi loin, autour de Chivay, on trouve plein de chemins sympathiques pour se promener au milieu des cactus, des chullpas6)Mais si, souvenez-vous, ce sont ces tombes en forme de tours qu’on a déjà vues à Sillustani, près du lac Titicaca., des petites fleurs oranges et des volcans qui fument.

Une rue à Chivay
Une rue à Chivay

La fête nationale approchant, un défilé d’élèves est organisé un matin sur la place de Chivay. Si, comme nous, vous avez envie de vomir en voyant défiler les militaires français sur les Champs-Élysées le 14 juillet, alors vous comprendrez notre trouble en voyant des enfants péruviens de 3 à 10 ans, en costume militaire((L’un d’entre eux a une mitraillette en bois à la main., marchant au pas au son de la caisse claire. Le tableau est d’autant plus navrant qu’on est dans un pays riche de danses, de chants, de costumes colorés. Il n’aurait pas été difficile pour eux de préparer un défilé joyeux et bigarré à la gloire de la culture andine. Honte à vous qui mettez les enfants au pas !

Pour finir sur une touche plus positive, signalons que cette longue étape nous aura permis d’approfondir notre connaissance de la gastronomie péruvienne : on aura goûté au cuy (petit animal dont la chaire rappelle le lapin), au rocoto relleno (sorte de gros piment farci) et à différentes boissons à base de céréales ou d’herbes. Au dépaysement des paysages s’ajoute celui du palais ! Tiens, voilà encore une autre façon de célébrer le Pérou : banqueter grassement ! Y viva Perú !

Denis

PS : Il y a un an, on était au Havre et on embarquait à bord du Platon pour 14 jours de traversée !

References   [ + ]

1. Les offices du tourisme péruviens fournissent des petits dépliants sur presque toutes les principales destinations touristiques du pays.
2. Car notre budget initial commence à s’épuiser…
3. Où l’on trouve une couronne décorée avec un petit millier de diamants…
4. Mon frère nous avait prévenu : les attractions touristiques péruviennes ne sont pas données et tout est fait pour que le touriste ne puisse pas y accéder par ses propres moyens.
5. On fait donc du stop. L’occasion pour nous d’avoir la confirmation de ce qu’on nous a raconté : les conducteurs demandent à se faire payer. Et même plus cher que les transports en commun !!!)… Sans aller aussi loin, autour de Chivay, on trouve plein de chemins sympathiques pour se promener au milieu des cactus, des chullpas((Mais si, souvenez-vous, ce sont ces tombes en forme de tours qu’on a déjà vues à Sillustani, près du lac Titicaca.
6. Mais si, souvenez-vous, ce sont ces tombes en forme de tours qu’on a déjà vues à Sillustani, près du lac Titicaca., des petites fleurs oranges et des volcans qui fument.

Une rue à Chivay
Une rue à Chivay

La fête nationale approchant, un défilé d’élèves est organisé un matin sur la place de Chivay. Si, comme nous, vous avez envie de vomir en voyant défiler les militaires français sur les Champs-Élysées le 14 juillet, alors vous comprendrez notre trouble en voyant des enfants péruviens de 3 à 10 ans, en costume militaire((L’un d’entre eux a une mitraillette en bois à la main.

Le Lac Titicaca (suite) : l’arrivée au Pérou

2015-07-12_12-56-23Nous restons sur les rives du lac Titicaca quelques jours encore mais, cette fois-ci, côté péruvien, à Puno. C’est la 20ème ville du pays en nombre d’habitants, à seulement 2 heures de la frontière bolivienne et déjà on note un changement. Les routes sont asphaltées dans la ville, les visages sont moins marqués et les péruviens de Puno s’habillent à l’occidentale, dans leur très grande majorité. Ce qui change aussi, c’est l’attitude des gens du tourisme ici. Dès notre arrivée au terminal de bus, nous sommes vite abordés par des démarcheurs qui veulent nous vendre un tour pour les îles sur le lac et nous proposent en même temps une chambre d’hôtel. Comme on débarque dans le pays et qu’on n’a pas encore de repères, sauf ceux acquis en Bolivie, on accepte la nuit d’hôtel, ne sachant pas encore si le prix est raisonnable : 50 soles pour deux1)C’est-à-dire environ 16€.. Le lendemain, on prend un autre hôtel qui offre les mêmes conditions pour moins cher : 35 soles2)C’est-à-dire environ 12€. Les repères boliviens sont donc encore valables ici : le prix du logement reste très raisonnable.

Passage dans la Casa del Corregidor, à Puno
Passage dans la Casa del Corregidor, à Puno

Ici, on trouve du bon pain aux céréales ; on est si contents de cette trouvaille qu’un soir on se fait un repas pain et fromage ! Côté nourriture toujours, nous sommes aussi ravis de retrouver un mercado avec comedor, comme en Bolivie. Mais il y a un léger changement dans la cuisine : les plats ont plus de goût ici qu’ailleurs, notamment grâce à une utilisation habile et quotidienne des épices. Fini le riz blanc à chaque repas, maintenant, on y trouve du cumin, du poivre, de la coriandre… Pour le petit déjeuner, on essaie aussi des boissons chaudes à base de quinoa et de kañihua. Que ce soit pour le petit déjeuner ou le déjeuner, on a pris nos habitudes ; Denis échange même quelques mots en quechua avec la dame qui tient le stand dans lequel on ira manger le plus souvent !

Danseurs sur la Place des Armes
Danseurs sur la Place des Armes

À Puno, on visite la ville-même, sa cathédrale, sa Plaza de Armas, son museo Carlos Dreyer, à la fois musée archéologique, historique et artistique, la Virgen de la Candenlaria, dont la fête est classée par l’UNESCO pour ses danses et ses costumes, la Casa del Corregidor et le Balcón del Conde de Lemos, d’anciennes bâtisses du XVIème siècle, réhabilitées et hébergeant musées, boutiques, passages, café, galeries d’art et bureaux divers. Et il y a aussi une visite des îles du lac Titicaca mais on décide de la snober vue qu’on a déjà passé pas mal de temps sur l’île du Soleil, côté bolivien.

Défilé d'élèves sur la Place des Armes
Défilé d’élèves sur la Place des Armes

Le dimanche qui suit notre arrivée, nous assistons à un défilé des écoles de la ville. Tous les gamins défilent au pas sur une musique militaire et devant des dignitaires de l’armée : ce genre de rapprochement entre l’armée et l’école n’aurait pas déplu à Michel Foucault3)Voir Surveiller et Punir 😉 . Le défilé s’achève avec la présence de danseurs folkloriques. Nous arpentons également une promenade aménagée, au bord du lac, et on monte à un mirador pour prendre de la hauteur.

Une des églises de Chucuito
Une des églises de Chucuito

Le plus intéressant à Puno, ce sont les villages alentours. Nous profitons d’une journée pour aller à Chucuito, ancienne ville des caisses royales espagnoles4)Sans doute l’endroit où était rassemblés les impôts de la région sous la colonisation. Rien que sur la place centrale, qui est immense pour un si petit village, il y a pas moins de 7 vestiges à connaître. Cela dit, on en a vite fait le tour. On nous conseille d’aller voir la pisciculture, ce qui nous intéresse d’autant plus qu’on s’est souvent demandé d’où venaient toutes ces truites que l’on déguste depuis notre arrivée au bord du lac. Nous passons un bon moment à profiter de la vue sur la vallée andine, dans le Mirador Glorieta, ancien lieu cérémonial Lupaca, sur lequel l’église catholique coloniale fit construire des arches et qui sert aujourd’hui de Mirador. Pendant que je peins, Denis, se promenant non loin de là, en profite pour se faire embrocher la cheville par un pic de cactuc ! Depuis il traine la pâte.

Tour de l'église d'Atuncolla
Tour de l’église d’Atuncolla

Autre village que l’on nous conseille fortement, c’est Sillustani, connu pour ses ruines Qolla et Inka. C’est un site funéraire et cérémonial qui a été occupé depuis 200 av. J.C.5)D’abord par les Pukara (de 200 av. J.C. à 200 ap. J.C.), ensuite par les Qolla (de 110 av. J.C. à 1450 ap. J.C.) et les Inka (de 1450 à 1532 ap. J.C.) . Le site est rempli de vastes tours en pierre, appelées Chullpas, servant de tombe pour les personnes les plus importantes des communautés d’alors6)Certains étaient même enterrés avec leurs serviteurs!. Au retour, on marche 5 kms pour aller manger dans le petit village de Atuncolla et, en chemin, on est invités à entrer visiter une maison de la campagne, casa de campesino, par le propriétaire qui nous aperçoit au bord de la route !

Après toutes ces premières découvertes péruviennes, nous quittons la zone frontière pour avancer plus avant dans le pays.

Sandrine

References   [ + ]

1. C’est-à-dire environ 16€.
2. C’est-à-dire environ 12€
3. Voir Surveiller et Punir
4. Sans doute l’endroit où était rassemblés les impôts de la région
5. D’abord par les Pukara (de 200 av. J.C. à 200 ap. J.C.), ensuite par les Qolla (de 110 av. J.C. à 1450 ap. J.C.) et les Inka (de 1450 à 1532 ap. J.C.)
6. Certains étaient même enterrés avec leurs serviteurs!

Sur le toit du monde, il était un lac : le lac Titicaca !

Lac Titicaca avec vue sur l'île de la Lune
Lac Titicaca avec vue sur l’île de la Lune

Copacabana, lac Titicaca, île du Soleil, ils ont des noms mythiques les lieux où nous allons séjourner au cours de cette ultime étape bolivienne. Des noms chargés d’Histoire, de légendes, d’images inscrites à jamais dans l’imaginaire collectif. Pour fixer les idées, le lac Titicaca, c’est le plus grand lac d’Amérique du Sud et c’est le plus haut lac navigable du monde. Il est situé à 3810m au dessus du niveau de la mer et il atteint 360m de profondeur (la Tour Eiffel y tiendrait dedans!). Il possède de nombreuses îles dont la plus grande s’appelle Île du Soleil.

Port de Copacabana
Port de Copacabana

Notre premier contact avec le lac aura lieu à Copacabana, petite ville côtière. On y passe deux jours, le temps de monter au Cerro Calvario pour y admirer la vue, de visiter l’imposante église et … de profiter de son marché où on peut déguster de la truite saumonée. Les boliviens viennent ici pour y faire bénir leur voiture avec force décoration. Nous, on n’a qu’un seul objectif en tête : faire du pédalo ! Pourquoi ? Tout simplement pour marcher sur les pas de Rémi (mon frère) et Céline (sa copine), qui ont entrepris l’année dernière un tour (partiel) du lac Titicaca en pédalo1)Pour plus de détails sur leur aventure, jetez un coup d’œil sur leur page facebook : les floating gringos.. Au bout de quelques mètres au milieu du port de Copacabana, on se rend compte que notre pédalo est ingouvernable. Et pour cause, le volant ne fonctionne qu’en marche arrière… Moyennant un peu de patience et de sueur, on rejoint la rive sains et saufs. On espère que Rémi sera fier de nous !

La tête de notre pédalo
La tête de notre pédalo

Et maintenant, que faire ? On se laisse tenter par une visite de l’Île du Soleil sans trop savoir à quoi s’attendre là-bas. On achète nos billets avec l’intention d’y passer une nuit. Le lendemain, à 8h30, on est au port, grelottant dans le petit vent du matin. À 9h00, il faudra bien se rendre à l’évidence : notre bateau ne partira pas. Le temps est trop mauvais, nous explique l’employé mal-aimable qui nous rembourse nos billets. Il faut dire qu’il n’y a pas un nuage à l’horizon et que le vent souffle mollement. On se dit que ces marins devraient venir faire des stages en Bretagne pour réviser leur conception du mauvais temps en mer… Qu’à cela ne tienne, on décide de s’approcher de l’île par la terre, en espérant trouver un bateau un peu plus loin sur la côte. Ça s’avère être une excellente idée : non seulement on trouvera un bateau à Yampupata (petit village qui fait face à l’île) mais en plus, on profite de magnifiques paysages tout au long de la route.

Petit déjeuner sur notre terrasse
Petit déjeuner sur notre terrasse

Notre bateau nous dépose au sud de l’île. Première surprise : il n’y a pas de voitures (et pas de routes) sur l’île ! Pour accéder au village de Yumani, on doit gravir un escalier de pierre interminable. Tout au long de l’ascension, on ressent le poids de nos mochilas2)C’est comme ça qu’on dit «sac à dos» en espagnol ; le terme «mochilero» désigne un voyageur, qui, comme nous, va d’étapes en étapes avec son sac à dos pour seul bagage. et le manque d’oxygène. L’hôtel dans lequel on s’arrête est typiquement bolivien ; c’est mignon mais rien ne marche vraiment bien : notre porte ferme mal, la chasse d’eau est détraquée (il faut verser un pichet d’eau dans la cuvette), le robinet du lavabo fonctionne une fois sur trois… Il n’y a pas de prise électrique dans notre chambre, par contre il y en a une dans une autre chambre, heureusement inoccupée pendant notre séjour. Malgré tout ça, on s’y plaît énormément : on a une terrasse pour nous tous seuls avec une vue magnifique et les propriétaires sont très sympathiques. Comme à Toro-Toro, les chambres d’hôtel ne sont qu’une petite partie de leurs activités : ils ont aussi un restaurant, une boutique d’artisanat et ils produisent des chuños3)Pommes de terre qu’on laisse noircir dans de l’eau très froide. Mon frère nous avait conseillé d’éviter ce produit à tout prix, allant jusqu’à parler de «pommes de terre pourries». Comme on n’a peur de rien, on y a goûté plusieurs fois. Il faut bien reconnaître que c’est modérément bon….

2015-07-08_12-02-19Dans cette partie de l’île, on rencontre de nombreux animaux : des moutons, des lamas, des cochons et des ânes. Comme toutes les rues et tous les chemins sont en pente, les ânes sont indispensables aux habitants pour transporter leur production d’un point à l’autre de l’île. Du coup, l’air du soir est traversé de leur plainte étrange et puissante. La journée, on profite allègrement des sentiers bucoliques qui sillonnent les environs. On ira aussi jeter un coup d’œil sur les ruines incas de l’île de la Lune, proche voisine de l’île du Soleil, comme il se doit. Là-bas, on apprend qu’à une certaine époque, on y élevait des vierges destinées à être sacrifiées sur l’autel de l’île du Soleil. Sympathique, non ?

2015-07-08_18-10-03Une après-midi, Sandrine s’installe à la sortie d’un petit village pour peindre le paysage. À notre grande surprise, tous les passants s’arrêtent pour jeter un coup d’œil, faire un commentaire aimable ou pour poser une question. Un lama curieux viendra même se pencher au dessus de l’épaule de Sandrine avant d’être remis sur le droit chemin par son propriétaire. Quelques enfants s’installent sagement à côté d’elle et la discussion s’engage. L’occasion pour nous de voir que l’espagnol n’est pas très bien maîtrisé, la langue principale de la région étant l’Aymara.

2015-07-09_15-43-49Pour la première fois depuis le début de notre voyage, on ose faire une étape à pied ! Il s’agit simplement de la traversée de l’île, du sud au nord, c’est-à-dire environ 10 km qu’on effectuera en un peu plus de 3 heures. On arrive à notre destination complètement épuisés avec les épaules très endolories. On s’installe dans un hostel plus quelconque mais plus confortable que le précédent et on s’écroule sur le lit.

Ruines de Chinkana
Ruines de Chinkana

Le lendemain, on visite Chinkana, le fameux temple en ruines censé posséder une énergie telle que ses visiteurs en repartent en meilleure santé et mieux disposés à réussir leur vie (rien que ça!). Notre guide est passionnant mais on sent qu’il a un peu tendance à prendre au premier degré les légendes qu’il nous raconte. Par exemple, ce serait ici, selon les Tiwanaku qui ont construit le temple, que le Soleil aurait foulé le sol avant de s’élever dans le ciel. Et pour preuve, il y a des traces de pas énormes au sol. Sauf qu’on est bien obligé de constater que ces traces restent petites par rapport à celles des dinosaures de Toro-Toro… Au passage, on apprend qu’il existe un temple immergé près de l’île découvert en 1983 par un certain commandant Cousteau…

2015-07-10_15-53-49Pour finir en beauté, on tente une excursion sur une des plages de l’île pour aller goûter à la fraîcheur des eaux du lac Titicaca. Il faut bien imaginer que même s’il fait entre 15 et 20°C l’après-midi, la température descend en dessous de 0°C la nuit… Bref, l’eau est vraiment froide. N’importe, j’y vais quand même. Au bout de quelques minutes difficiles («J’y vais ? J’y vais pas ?»), je finis par y faire quelques brasses. Sandrine est restée sur la rive pour peindre le paysage. En revenant à sa hauteur, je constate avec une déception immense que je ne fais pas partie du tableau. Tout ça pour ça…

Le lendemain (samedi 11 juillet), on quitte l’île, direction Copacabana pour quitter la Bolivie, après un mois et dix jours. Cette dernière étape au bord du lac Titicaca aura compensé de très loin les quelques moments de questionnements qu’on a pu avoir lors de la traversée du pays !

Denis

PS : Il y a un an, on était logés quelques jours chez Mimi et Monique.

References   [ + ]

1. Pour plus de détails sur leur aventure, jetez un coup d’œil sur leur page facebook : les floating gringos.
2. C’est comme ça qu’on dit «sac à dos» en espagnol ; le terme «mochilero» désigne un voyageur, qui, comme nous, va d’étapes en étapes avec son sac à dos pour seul bagage.
3. Pommes de terre qu’on laisse noircir dans de l’eau très froide. Mon frère nous avait conseillé d’éviter ce produit à tout prix, allant jusqu’à parler de «pommes de terre pourries». Comme on n’a peur de rien, on y a goûté plusieurs fois. Il faut bien reconnaître que c’est modérément bon…

La Paz, une ville à étages

La Paz, vue de haut
La Paz, vue de haut

Je vous le dis, et je le répète surtout pour moi car je continue de me tromper : La Paz((De son nom complet Nuestra Señora de la Paz.)) n’est pas la capitale de la Bolivie ! Ce n’est pas comme si je n’avais pas écrit l’article sur Sucre, ma ville bolivienne préférée, qui, elle, est la capitale du pays. Nous avons passé quatre jours bien remplis dans cette immense ville, située entre 3200 et 4100 mètres d’altitude. Comme d’habitude, nous prenons nos quartiers dans le Mercado central pour nos repas, et nous y prenons un petit déjeuner le dernier matin, composé de api1)une boisson chaude à base de farine de maïs et d’un gros chausson fait de pâte à pain, rempli d’une sorte de sauce blanche au fromage. Ça tient au corps !

Vue depuis le Parque Urbano
Vue depuis le Parque Urbano

Entre les tenancières des « comedores »2)sorte de petits restaurants du Mercado central et mon faiseur de jus de mandarine fraîchement pressé nous prenons vite nos habitudes et les gens nous reconnaissent. Nous discutons volontiers quelques instants avec eux, à chaque fois. À défaut d’être hébergés chez l’habitant, nous trouvons une sorte de réconfort dans ces échanges furtifs et sympathiques.

Casa Murillo
Casa Murillo

Si on se fie à l’office du tourisme paceño3)= de La Paz, il y a peu de choses à faire ici, quelques musées et trouver une agence de tours pour faire la « route de la mort » et autres attractions touristiques en dehors de la ville. Nous visitons quelques musées, en effet ; celui d’ethnographie, celui des instruments de musique et la Casa Murillo, maison d’un riche paceño du XIX° siècle, exécuté pour avoir organisé la première révolution indépendantiste, en 1809.

Vitrail de la Cathédrale
Vitrail de la Cathédrale

Cependant, la ville est aussi riche de monuments comme sa cathédrale et le couvent franciscain, du XVII° siècle, fondé sur les mêmes plans que celui de Cochabamba et que tous les couvents franciscains, composé d’une église en forme de croix romaine, jouxtant un cloître, distribuant les cellules des frères. Ces bâtisses sont très bien conservées et la cathédrale a droit à un nettoyage en profondeur cette semaine car la Bolivie reçoit François, le père de tous les frères, la semaine prochaine. On espère ne plus être dans les parages à ce moment-là4)Surtout parce qu’on ne sait pas dire « À bas la calotte en espagnol »… 😉 !

Marché des sorcières
Marché des sorcières

Au détour d’une rue, nous croisons une petite bizarrerie de La Paz : le marché des sorcières ! Preuve que la paganisme n’est pas mort, le Mercado de las brujas propose toutes sortes de fétiches et autres potions ou squelettes de bébés lamas pour aider à la bonne marche d’une entreprise naissante, pour faciliter la construction d’une maison ou pour assurer un bonheur de longue durée à un futur mariage…

Sur le Prado
Sur le Prado

Nous cherchons désespérément un coin de verdure dans cette ville pentue, perchée à flans de montagne. En se dirigeant vers le Parque Urbano, on découvre une avenue verdoyante en plein milieu de la ville, le Prado, que nous arpentons joyeusement, découvrant ainsi une statue du libérateur, Simon Bolivar. Nous ne manquerons pas également de monter à El Alto, la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde, 4100 mètres, qui est en banlieue de La Paz. Pour y accéder, une petite facilité s’offre à nous ; pas un bus, pas un microbus, pas un taxi. Non. Un téléphérique ! La ligne rouge5) la Linea roja pour être exacte. Afin de désenclaver les habitants des hauteurs6)ici, l’adage qui dit « plus haut, plus pauvre » est avéré, Evo Morales a fait construire plusieurs lignes de téléphériques dans cette immense ville. Les habitants tous fiers, avec lesquels nous partageons une cabine, ne manquent pas de nous demander ce que nous pensons de ça ! N’en déplaise aux classes aisées du centre ville-basse, nous trouvons l’idée ingénieuse.

Coroico vue depuis le cerro Uchumachi
Coroico vue depuis le cerro Uchumachi

Nous quittons les hauteurs paceñas pour quelques jours « à la campagne ». Et nous nous retrouvons à 1700 mètres d’altitude seulement, à Coroico, à deux heures de La Paz. Nous cherchions du vert et de l’air non pollué. En voilà. Ici, c’est encore les montagnes mais avec une végétation luxuriante proche de celle de la forêt tropicale ; il y a des bananiers partout et nous sommes enveloppés d’une chaleur moite qui nous rappelle le Paraguay !

Dans la forêt appelée "los Yungais", à Coroico
Dans la forêt appelée « los Yungais », à Coroico

Au village, il n’y a pas grand-chose à voir ; le plus intéressant est à l’extérieur. C’est donc un programme randonnée pour nos deux jours, avant de revenir à La Paz. Nous montons jusqu’en haut du Cerro Uchumachi (2500 mètres, donc un dénivelé de 800 mètres environ ; en gros, ça monte tout le temps). On prend même des coups de soleils, ce jour-là !

Alors que nous nous préparions à notre deuxième randonnée, il pleut sans discontinuer toute la nuit et le jour suivant. Nous ne profiterons donc pas des rives du Rio Coroico, ni du village de Yolosita, un des points de passage du Camino del Inka, chemin de randonnée initiatique, passant par 4 pays d’Amérique du Sud7)Pérou, Bolivie, Chili et Argentine, un peu comme le Chemin de Saint Jacques de Compostelle en Europe.

De guerre lasse, face à cette pluie diluvienne8)on comprend, ce matin, pourquoi la zone est si verte, nous quittons ce village tranquille pour retrouver le bruit de la grande ville, étape qui nous permettra de poursuivre notre périple bolivien vers un lac illustre. Mais le trajet de retour à La Paz prendra plus de temps que prévu car la pluie se transformera finalement en neige avec l’altitude !

Sandrine

PS : Il y a un an, nous étions hébergés chez Marie-Hélène, Antoine et Anna et nous organisions une grande fête de départ !

References   [ + ]

1. une boisson chaude à base de farine de maïs
2. sorte de petits restaurants
3. = de La Paz
4. Surtout parce qu’on ne sait pas dire « À bas la calotte en espagnol »…
5. la Linea roja
6. ici, l’adage qui dit « plus haut, plus pauvre » est avéré
7. Pérou, Bolivie, Chili et Argentine
8. on comprend, ce matin, pourquoi la zone est si verte