La Paz, une ville à étages

La Paz, vue de haut
La Paz, vue de haut

Je vous le dis, et je le répète surtout pour moi car je continue de me tromper : La Paz((De son nom complet Nuestra Señora de la Paz.)) n’est pas la capitale de la Bolivie ! Ce n’est pas comme si je n’avais pas écrit l’article sur Sucre, ma ville bolivienne préférée, qui, elle, est la capitale du pays. Nous avons passé quatre jours bien remplis dans cette immense ville, située entre 3200 et 4100 mètres d’altitude. Comme d’habitude, nous prenons nos quartiers dans le Mercado central pour nos repas, et nous y prenons un petit déjeuner le dernier matin, composé de api1)une boisson chaude à base de farine de maïs et d’un gros chausson fait de pâte à pain, rempli d’une sorte de sauce blanche au fromage. Ça tient au corps !

Vue depuis le Parque Urbano
Vue depuis le Parque Urbano

Entre les tenancières des « comedores »2)sorte de petits restaurants du Mercado central et mon faiseur de jus de mandarine fraîchement pressé nous prenons vite nos habitudes et les gens nous reconnaissent. Nous discutons volontiers quelques instants avec eux, à chaque fois. À défaut d’être hébergés chez l’habitant, nous trouvons une sorte de réconfort dans ces échanges furtifs et sympathiques.

Casa Murillo
Casa Murillo

Si on se fie à l’office du tourisme paceño3)= de La Paz, il y a peu de choses à faire ici, quelques musées et trouver une agence de tours pour faire la « route de la mort » et autres attractions touristiques en dehors de la ville. Nous visitons quelques musées, en effet ; celui d’ethnographie, celui des instruments de musique et la Casa Murillo, maison d’un riche paceño du XIX° siècle, exécuté pour avoir organisé la première révolution indépendantiste, en 1809.

Vitrail de la Cathédrale
Vitrail de la Cathédrale

Cependant, la ville est aussi riche de monuments comme sa cathédrale et le couvent franciscain, du XVII° siècle, fondé sur les mêmes plans que celui de Cochabamba et que tous les couvents franciscains, composé d’une église en forme de croix romaine, jouxtant un cloître, distribuant les cellules des frères. Ces bâtisses sont très bien conservées et la cathédrale a droit à un nettoyage en profondeur cette semaine car la Bolivie reçoit François, le père de tous les frères, la semaine prochaine. On espère ne plus être dans les parages à ce moment-là4)Surtout parce qu’on ne sait pas dire « À bas la calotte en espagnol »… 😉 !

Marché des sorcières
Marché des sorcières

Au détour d’une rue, nous croisons une petite bizarrerie de La Paz : le marché des sorcières ! Preuve que la paganisme n’est pas mort, le Mercado de las brujas propose toutes sortes de fétiches et autres potions ou squelettes de bébés lamas pour aider à la bonne marche d’une entreprise naissante, pour faciliter la construction d’une maison ou pour assurer un bonheur de longue durée à un futur mariage…

Sur le Prado
Sur le Prado

Nous cherchons désespérément un coin de verdure dans cette ville pentue, perchée à flans de montagne. En se dirigeant vers le Parque Urbano, on découvre une avenue verdoyante en plein milieu de la ville, le Prado, que nous arpentons joyeusement, découvrant ainsi une statue du libérateur, Simon Bolivar. Nous ne manquerons pas également de monter à El Alto, la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde, 4100 mètres, qui est en banlieue de La Paz. Pour y accéder, une petite facilité s’offre à nous ; pas un bus, pas un microbus, pas un taxi. Non. Un téléphérique ! La ligne rouge5) la Linea roja pour être exacte. Afin de désenclaver les habitants des hauteurs6)ici, l’adage qui dit « plus haut, plus pauvre » est avéré, Evo Morales a fait construire plusieurs lignes de téléphériques dans cette immense ville. Les habitants tous fiers, avec lesquels nous partageons une cabine, ne manquent pas de nous demander ce que nous pensons de ça ! N’en déplaise aux classes aisées du centre ville-basse, nous trouvons l’idée ingénieuse.

Coroico vue depuis le cerro Uchumachi
Coroico vue depuis le cerro Uchumachi

Nous quittons les hauteurs paceñas pour quelques jours « à la campagne ». Et nous nous retrouvons à 1700 mètres d’altitude seulement, à Coroico, à deux heures de La Paz. Nous cherchions du vert et de l’air non pollué. En voilà. Ici, c’est encore les montagnes mais avec une végétation luxuriante proche de celle de la forêt tropicale ; il y a des bananiers partout et nous sommes enveloppés d’une chaleur moite qui nous rappelle le Paraguay !

Dans la forêt appelée "los Yungais", à Coroico
Dans la forêt appelée “los Yungais”, à Coroico

Au village, il n’y a pas grand-chose à voir ; le plus intéressant est à l’extérieur. C’est donc un programme randonnée pour nos deux jours, avant de revenir à La Paz. Nous montons jusqu’en haut du Cerro Uchumachi (2500 mètres, donc un dénivelé de 800 mètres environ ; en gros, ça monte tout le temps). On prend même des coups de soleils, ce jour-là !

Alors que nous nous préparions à notre deuxième randonnée, il pleut sans discontinuer toute la nuit et le jour suivant. Nous ne profiterons donc pas des rives du Rio Coroico, ni du village de Yolosita, un des points de passage du Camino del Inka, chemin de randonnée initiatique, passant par 4 pays d’Amérique du Sud7)Pérou, Bolivie, Chili et Argentine, un peu comme le Chemin de Saint Jacques de Compostelle en Europe.

De guerre lasse, face à cette pluie diluvienne8)on comprend, ce matin, pourquoi la zone est si verte, nous quittons ce village tranquille pour retrouver le bruit de la grande ville, étape qui nous permettra de poursuivre notre périple bolivien vers un lac illustre. Mais le trajet de retour à La Paz prendra plus de temps que prévu car la pluie se transformera finalement en neige avec l’altitude !

Sandrine

PS : Il y a un an, nous étions hébergés chez Marie-Hélène, Antoine et Anna et nous organisions une grande fête de départ !

References   [ + ]

1. une boisson chaude à base de farine de maïs
2. sorte de petits restaurants
3. = de La Paz
4. Surtout parce qu’on ne sait pas dire « À bas la calotte en espagnol »…
5. la Linea roja
6. ici, l’adage qui dit « plus haut, plus pauvre » est avéré
7. Pérou, Bolivie, Chili et Argentine
8. on comprend, ce matin, pourquoi la zone est si verte

5 réflexions au sujet de « La Paz, une ville à étages »

  1. Bonjour à vous 2, les installations électriques en Bolivie c’est comme en Thaïlande….quoique c’est pire en Thaïlande 🙂

    Vous avez encore beaucoup de choses à voir en Bolivie ?

    Gros bisous

    1. Il nous reste les alentours du lac Titicaca et après on passe au Pérou. En espérant qu’on trouve à se loger chez l’habitant. Pour l’instant, ça commence mal…

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