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Sur le toit du monde, il était un lac : le lac Titicaca !

Lac Titicaca avec vue sur l'île de la Lune
Lac Titicaca avec vue sur l’île de la Lune

Copacabana, lac Titicaca, île du Soleil, ils ont des noms mythiques les lieux où nous allons séjourner au cours de cette ultime étape bolivienne. Des noms chargés d’Histoire, de légendes, d’images inscrites à jamais dans l’imaginaire collectif. Pour fixer les idées, le lac Titicaca, c’est le plus grand lac d’Amérique du Sud et c’est le plus haut lac navigable du monde. Il est situé à 3810m au dessus du niveau de la mer et il atteint 360m de profondeur (la Tour Eiffel y tiendrait dedans!). Il possède de nombreuses îles dont la plus grande s’appelle Île du Soleil.

Port de Copacabana
Port de Copacabana

Notre premier contact avec le lac aura lieu à Copacabana, petite ville côtière. On y passe deux jours, le temps de monter au Cerro Calvario pour y admirer la vue, de visiter l’imposante église et … de profiter de son marché où on peut déguster de la truite saumonée. Les boliviens viennent ici pour y faire bénir leur voiture avec force décoration. Nous, on n’a qu’un seul objectif en tête : faire du pédalo ! Pourquoi ? Tout simplement pour marcher sur les pas de Rémi (mon frère) et Céline (sa copine), qui ont entrepris l’année dernière un tour (partiel) du lac Titicaca en pédalo1)Pour plus de détails sur leur aventure, jetez un coup d’œil sur leur page facebook : les floating gringos.. Au bout de quelques mètres au milieu du port de Copacabana, on se rend compte que notre pédalo est ingouvernable. Et pour cause, le volant ne fonctionne qu’en marche arrière… Moyennant un peu de patience et de sueur, on rejoint la rive sains et saufs. On espère que Rémi sera fier de nous !

La tête de notre pédalo
La tête de notre pédalo

Et maintenant, que faire ? On se laisse tenter par une visite de l’Île du Soleil sans trop savoir à quoi s’attendre là-bas. On achète nos billets avec l’intention d’y passer une nuit. Le lendemain, à 8h30, on est au port, grelottant dans le petit vent du matin. À 9h00, il faudra bien se rendre à l’évidence : notre bateau ne partira pas. Le temps est trop mauvais, nous explique l’employé mal-aimable qui nous rembourse nos billets. Il faut dire qu’il n’y a pas un nuage à l’horizon et que le vent souffle mollement. On se dit que ces marins devraient venir faire des stages en Bretagne pour réviser leur conception du mauvais temps en mer… Qu’à cela ne tienne, on décide de s’approcher de l’île par la terre, en espérant trouver un bateau un peu plus loin sur la côte. Ça s’avère être une excellente idée : non seulement on trouvera un bateau à Yampupata (petit village qui fait face à l’île) mais en plus, on profite de magnifiques paysages tout au long de la route.

Petit déjeuner sur notre terrasse
Petit déjeuner sur notre terrasse

Notre bateau nous dépose au sud de l’île. Première surprise : il n’y a pas de voitures (et pas de routes) sur l’île ! Pour accéder au village de Yumani, on doit gravir un escalier de pierre interminable. Tout au long de l’ascension, on ressent le poids de nos mochilas2)C’est comme ça qu’on dit «sac à dos» en espagnol ; le terme «mochilero» désigne un voyageur, qui, comme nous, va d’étapes en étapes avec son sac à dos pour seul bagage. et le manque d’oxygène. L’hôtel dans lequel on s’arrête est typiquement bolivien ; c’est mignon mais rien ne marche vraiment bien : notre porte ferme mal, la chasse d’eau est détraquée (il faut verser un pichet d’eau dans la cuvette), le robinet du lavabo fonctionne une fois sur trois… Il n’y a pas de prise électrique dans notre chambre, par contre il y en a une dans une autre chambre, heureusement inoccupée pendant notre séjour. Malgré tout ça, on s’y plaît énormément : on a une terrasse pour nous tous seuls avec une vue magnifique et les propriétaires sont très sympathiques. Comme à Toro-Toro, les chambres d’hôtel ne sont qu’une petite partie de leurs activités : ils ont aussi un restaurant, une boutique d’artisanat et ils produisent des chuños3)Pommes de terre qu’on laisse noircir dans de l’eau très froide. Mon frère nous avait conseillé d’éviter ce produit à tout prix, allant jusqu’à parler de «pommes de terre pourries». Comme on n’a peur de rien, on y a goûté plusieurs fois. Il faut bien reconnaître que c’est modérément bon….

2015-07-08_12-02-19Dans cette partie de l’île, on rencontre de nombreux animaux : des moutons, des lamas, des cochons et des ânes. Comme toutes les rues et tous les chemins sont en pente, les ânes sont indispensables aux habitants pour transporter leur production d’un point à l’autre de l’île. Du coup, l’air du soir est traversé de leur plainte étrange et puissante. La journée, on profite allègrement des sentiers bucoliques qui sillonnent les environs. On ira aussi jeter un coup d’œil sur les ruines incas de l’île de la Lune, proche voisine de l’île du Soleil, comme il se doit. Là-bas, on apprend qu’à une certaine époque, on y élevait des vierges destinées à être sacrifiées sur l’autel de l’île du Soleil. Sympathique, non ?

2015-07-08_18-10-03Une après-midi, Sandrine s’installe à la sortie d’un petit village pour peindre le paysage. À notre grande surprise, tous les passants s’arrêtent pour jeter un coup d’œil, faire un commentaire aimable ou pour poser une question. Un lama curieux viendra même se pencher au dessus de l’épaule de Sandrine avant d’être remis sur le droit chemin par son propriétaire. Quelques enfants s’installent sagement à côté d’elle et la discussion s’engage. L’occasion pour nous de voir que l’espagnol n’est pas très bien maîtrisé, la langue principale de la région étant l’Aymara.

2015-07-09_15-43-49Pour la première fois depuis le début de notre voyage, on ose faire une étape à pied ! Il s’agit simplement de la traversée de l’île, du sud au nord, c’est-à-dire environ 10 km qu’on effectuera en un peu plus de 3 heures. On arrive à notre destination complètement épuisés avec les épaules très endolories. On s’installe dans un hostel plus quelconque mais plus confortable que le précédent et on s’écroule sur le lit.

Ruines de Chinkana
Ruines de Chinkana

Le lendemain, on visite Chinkana, le fameux temple en ruines censé posséder une énergie telle que ses visiteurs en repartent en meilleure santé et mieux disposés à réussir leur vie (rien que ça!). Notre guide est passionnant mais on sent qu’il a un peu tendance à prendre au premier degré les légendes qu’il nous raconte. Par exemple, ce serait ici, selon les Tiwanaku qui ont construit le temple, que le Soleil aurait foulé le sol avant de s’élever dans le ciel. Et pour preuve, il y a des traces de pas énormes au sol. Sauf qu’on est bien obligé de constater que ces traces restent petites par rapport à celles des dinosaures de Toro-Toro… Au passage, on apprend qu’il existe un temple immergé près de l’île découvert en 1983 par un certain commandant Cousteau…

2015-07-10_15-53-49Pour finir en beauté, on tente une excursion sur une des plages de l’île pour aller goûter à la fraîcheur des eaux du lac Titicaca. Il faut bien imaginer que même s’il fait entre 15 et 20°C l’après-midi, la température descend en dessous de 0°C la nuit… Bref, l’eau est vraiment froide. N’importe, j’y vais quand même. Au bout de quelques minutes difficiles («J’y vais ? J’y vais pas ?»), je finis par y faire quelques brasses. Sandrine est restée sur la rive pour peindre le paysage. En revenant à sa hauteur, je constate avec une déception immense que je ne fais pas partie du tableau. Tout ça pour ça…

Le lendemain (samedi 11 juillet), on quitte l’île, direction Copacabana pour quitter la Bolivie, après un mois et dix jours. Cette dernière étape au bord du lac Titicaca aura compensé de très loin les quelques moments de questionnements qu’on a pu avoir lors de la traversée du pays !

Denis

PS : Il y a un an, on était logés quelques jours chez Mimi et Monique.

References   [ + ]

1. Pour plus de détails sur leur aventure, jetez un coup d’œil sur leur page facebook : les floating gringos.
2. C’est comme ça qu’on dit «sac à dos» en espagnol ; le terme «mochilero» désigne un voyageur, qui, comme nous, va d’étapes en étapes avec son sac à dos pour seul bagage.
3. Pommes de terre qu’on laisse noircir dans de l’eau très froide. Mon frère nous avait conseillé d’éviter ce produit à tout prix, allant jusqu’à parler de «pommes de terre pourries». Comme on n’a peur de rien, on y a goûté plusieurs fois. Il faut bien reconnaître que c’est modérément bon…

3 réflexions au sujet de « Sur le toit du monde, il était un lac : le lac Titicaca ! »

  1. Tout simplement magnifique!! merci de nous faire toujours part de ces superbes paysages…c’est un peu comme si nous étions de la partie… Bonne continuation! Bisous.

  2. Sandrine, la prochaine fois, pourrais-tu faire une peinture de Denis en train de se baigner ? Il a risqué un gros rhume pour rien !
    Question: Quel préférez-vous: Copacabana au Brésil ou en Bolivie ?

    1. Salut Bernard !
      Difficile de répondre à ta question ! Cela dit le Copacabana de Bolivie sans l’île du Soleil, pas beaucoup d’intérêt. Alors, je dirai que je préfère le Copacabana de Rio de Janeiro !!!
      Pour le dessin, la commande est enregistrée 😉
      Biz

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