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Le Lac Titicaca (suite) : l’arrivée au Pérou

2015-07-12_12-56-23Nous restons sur les rives du lac Titicaca quelques jours encore mais, cette fois-ci, côté péruvien, à Puno. C’est la 20ème ville du pays en nombre d’habitants, à seulement 2 heures de la frontière bolivienne et déjà on note un changement. Les routes sont asphaltées dans la ville, les visages sont moins marqués et les péruviens de Puno s’habillent à l’occidentale, dans leur très grande majorité. Ce qui change aussi, c’est l’attitude des gens du tourisme ici. Dès notre arrivée au terminal de bus, nous sommes vite abordés par des démarcheurs qui veulent nous vendre un tour pour les îles sur le lac et nous proposent en même temps une chambre d’hôtel. Comme on débarque dans le pays et qu’on n’a pas encore de repères, sauf ceux acquis en Bolivie, on accepte la nuit d’hôtel, ne sachant pas encore si le prix est raisonnable : 50 soles pour deux1)C’est-à-dire environ 16€.. Le lendemain, on prend un autre hôtel qui offre les mêmes conditions pour moins cher : 35 soles2)C’est-à-dire environ 12€. Les repères boliviens sont donc encore valables ici : le prix du logement reste très raisonnable.

Passage dans la Casa del Corregidor, à Puno
Passage dans la Casa del Corregidor, à Puno

Ici, on trouve du bon pain aux céréales ; on est si contents de cette trouvaille qu’un soir on se fait un repas pain et fromage ! Côté nourriture toujours, nous sommes aussi ravis de retrouver un mercado avec comedor, comme en Bolivie. Mais il y a un léger changement dans la cuisine : les plats ont plus de goût ici qu’ailleurs, notamment grâce à une utilisation habile et quotidienne des épices. Fini le riz blanc à chaque repas, maintenant, on y trouve du cumin, du poivre, de la coriandre… Pour le petit déjeuner, on essaie aussi des boissons chaudes à base de quinoa et de kañihua. Que ce soit pour le petit déjeuner ou le déjeuner, on a pris nos habitudes ; Denis échange même quelques mots en quechua avec la dame qui tient le stand dans lequel on ira manger le plus souvent !

Danseurs sur la Place des Armes
Danseurs sur la Place des Armes

À Puno, on visite la ville-même, sa cathédrale, sa Plaza de Armas, son museo Carlos Dreyer, à la fois musée archéologique, historique et artistique, la Virgen de la Candenlaria, dont la fête est classée par l’UNESCO pour ses danses et ses costumes, la Casa del Corregidor et le Balcón del Conde de Lemos, d’anciennes bâtisses du XVIème siècle, réhabilitées et hébergeant musées, boutiques, passages, café, galeries d’art et bureaux divers. Et il y a aussi une visite des îles du lac Titicaca mais on décide de la snober vue qu’on a déjà passé pas mal de temps sur l’île du Soleil, côté bolivien.

Défilé d'élèves sur la Place des Armes
Défilé d’élèves sur la Place des Armes

Le dimanche qui suit notre arrivée, nous assistons à un défilé des écoles de la ville. Tous les gamins défilent au pas sur une musique militaire et devant des dignitaires de l’armée : ce genre de rapprochement entre l’armée et l’école n’aurait pas déplu à Michel Foucault3)Voir Surveiller et Punir 😉 . Le défilé s’achève avec la présence de danseurs folkloriques. Nous arpentons également une promenade aménagée, au bord du lac, et on monte à un mirador pour prendre de la hauteur.

Une des églises de Chucuito
Une des églises de Chucuito

Le plus intéressant à Puno, ce sont les villages alentours. Nous profitons d’une journée pour aller à Chucuito, ancienne ville des caisses royales espagnoles4)Sans doute l’endroit où était rassemblés les impôts de la région sous la colonisation. Rien que sur la place centrale, qui est immense pour un si petit village, il y a pas moins de 7 vestiges à connaître. Cela dit, on en a vite fait le tour. On nous conseille d’aller voir la pisciculture, ce qui nous intéresse d’autant plus qu’on s’est souvent demandé d’où venaient toutes ces truites que l’on déguste depuis notre arrivée au bord du lac. Nous passons un bon moment à profiter de la vue sur la vallée andine, dans le Mirador Glorieta, ancien lieu cérémonial Lupaca, sur lequel l’église catholique coloniale fit construire des arches et qui sert aujourd’hui de Mirador. Pendant que je peins, Denis, se promenant non loin de là, en profite pour se faire embrocher la cheville par un pic de cactuc ! Depuis il traine la pâte.

Tour de l'église d'Atuncolla
Tour de l’église d’Atuncolla

Autre village que l’on nous conseille fortement, c’est Sillustani, connu pour ses ruines Qolla et Inka. C’est un site funéraire et cérémonial qui a été occupé depuis 200 av. J.C.5)D’abord par les Pukara (de 200 av. J.C. à 200 ap. J.C.), ensuite par les Qolla (de 110 av. J.C. à 1450 ap. J.C.) et les Inka (de 1450 à 1532 ap. J.C.) . Le site est rempli de vastes tours en pierre, appelées Chullpas, servant de tombe pour les personnes les plus importantes des communautés d’alors6)Certains étaient même enterrés avec leurs serviteurs!. Au retour, on marche 5 kms pour aller manger dans le petit village de Atuncolla et, en chemin, on est invités à entrer visiter une maison de la campagne, casa de campesino, par le propriétaire qui nous aperçoit au bord de la route !

Après toutes ces premières découvertes péruviennes, nous quittons la zone frontière pour avancer plus avant dans le pays.

Sandrine

References   [ + ]

1. C’est-à-dire environ 16€.
2. C’est-à-dire environ 12€
3. Voir Surveiller et Punir
4. Sans doute l’endroit où était rassemblés les impôts de la région
5. D’abord par les Pukara (de 200 av. J.C. à 200 ap. J.C.), ensuite par les Qolla (de 110 av. J.C. à 1450 ap. J.C.) et les Inka (de 1450 à 1532 ap. J.C.)
6. Certains étaient même enterrés avec leurs serviteurs!

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