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Autour d’Arequipa : pas de répit pour l’émerveillement !

Détail de l'église de la compagnie de Jésus
Détail de l’église de la compagnie de Jésus

Avec Arequipa, on attaque les destinations les plus touristiques du Pérou. C’est la deuxième plus grande ville du pays et son centre-ville est classé au patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Le dépliant qu’on s’est procuré à Puno1)Les offices du tourisme péruviens fournissent des petits dépliants sur presque toutes les principales destinations touristiques du pays. parle aussi d’une certaine vallée du Colca et de son canyon. Bref, on sait déjà qu’on a de quoi y passer une grosse semaine sans s’ennuyer. D’autant plus que notre séjour commence par 3 jours chez l’habitant ! Eh oui, après plus d’un mois sans succès, on est de nouveau accueillis !

À gauche : Pedro-Pablo, notre hôte
À gauche : Pedro-Pablo, notre hôte

Notre hôte, Pedro-Pablo, vit en banlieue avec son père, Hernando. La maison qu’ils occupent depuis environ un an est dans un très mauvais état mais elle est très grande et elle possède un terrain, que Pedro-Pablo souhaite transformer en jardin-écologique. Profitant de leur espace, ils en accueillent gracieusement les voyageurs qui en font la demande, pour des durées allant d’une nuit à plusieurs mois ! Les conditions de vie sont rudes : un matelas à même le sol avec quelques couvertures (mais sans draps), des douches froides et une épaisse couche de crasse tenace qui recouvre les sols. Néanmoins, on y passe trois jours inoubliables !

L'entrée du jardin de Pedro-Pablo
L’entrée du jardin de Pedro-Pablo

Car l’intérêt principal de cette communauté, ce sont ses membres : le fils, le père et les voyageurs. En tout, nous sommes une dizaine à occuper les lieux. Il y a quelques européens (une allemande et son fils, un français et un russe), deux chiliennes, une argentine et une vénézuélienne. Et tout ce petit monde communique en espagnol. On discute longuement avec les chiliennes, ce qui nous rappelle les trois mois mémorables qu’on a passé dans leur pays ; on partage un maté avec l’argentine, stupéfaite de trouver des adeptes de cette boisson aussi loin de sa terre natale ; on échange longuement avec la vénézuélienne pour en savoir plus sur un pays qu’on n’aura sans doute pas la possibilité de visiter2)Car notre budget initial commence à s’épuiser…. Sandrine en profite pour confectionner une grosse casserole de confiture de pommes-pêches qui fera le bonheur de nos petits-déjeuners.

Culture en espaliers
Culture en espaliers

Cependant, la situation de la maison est peu propice aux visites d’Arequipa et de ses environs. On ira quand même se promener en direction de l’Ojo de Yumina, d’où l’on voit quelques unes des cultures en pallier les plus belles d’Amérique du Sud. Mais comme ça ne nous suffit pas, on quitte à regret la joyeuse communauté et on va s’installer dans un hôtel du centre-ville. Sur les entre-faits, on apprend que Chloé et sa sœur vont arriver à Arequipa le lendemain. Chloé, c’est cette jeune canadienne avec qui on a travaillé au bord du lac Llanquihue, au Chili. Du coup, on passera toute une après-midi avec elles, après-midi qui finira dans une chocolaterie bio autour de délicieux gâteaux et boissons au chocolat.

Entrée de la casa del Moral
Entrée de la casa del Moral

La visite guidée de la ville, organisée par des étudiants, nous convainc que sa réputation n’est pas usurpée ! L’architecture, principalement coloniale, présente de nombreux éléments de métissage (syncrétisme) avec la culture indigène. La richesse des édifices est impressionnante, sans parler de la collection de reliques en or pur hébergée par le musée de la cathédrale3)Où l’on trouve une couronne décorée avec un petit millier de diamants…. De nombreuses places et rues étroites sont encombrées de petites boutiques d’artisanat et de terrasses de café. Par moment, on se croirait à Paris ! Sauf qu’au loin, on voit trois volcans imposants : le Misti, le Pichu Pichu et le Chachani.

Avec Aleena et Chloé, dans une chocolaterie
Avec Aleena et Chloé, dans une chocolaterie

Le lendemain, nos deux canadiennes partent pour le canyon de Colca. Quant à nous, on a renoncé depuis plusieurs jours à cette destination : on peut y aller que par le biais d’un tour-operator et ça coûte très cher4)Mon frère nous avait prévenu : les attractions touristiques péruviennes ne sont pas données et tout est fait pour que le touriste ne puisse pas y accéder par ses propres moyens.. Qu’à cela ne tienne, la vallée du Colca est suffisamment grande pour qu’on puisse y passer quelques jours en évitant les destinations les plus touristiques.

À l'intérieur de l'église de Chivay
À l’intérieur de l’église de Chivay

Un peu au hasard, on va donc s’installer à Chivay, à 3 heures au nord d’Arequipa. On est surpris d’y croiser autant de touristes mais on finira par comprendre que toute la vallée est extrêmement prisée, que ce soit par les étrangers ou par les péruviens eux-mêmes. Et puis, on est en saison haute et ça se sent. Mais, alors, comment se fait-il qu’on se retrouve tous seuls lorsqu’on va visiter le petit village de Sibayo, présenté par nos dépliants comme l’un des plus beaux de la zone ? La réponse, on la connaîtra plus tard : ce village accueille un tourisme vivencial. C’est-à-dire que ceux qui veulent le visiter sont invités à aller s’installer chez l’habitant pour partager leur quotidien. Du coup, on n’y trouve pas d’hôtel, ni de restaurant. Et pas de transport pour nous ramener dans l’après-midi5)On fait donc du stop. L’occasion pour nous d’avoir la confirmation de ce qu’on nous a raconté : les conducteurs demandent à se faire payer. Et même plus cher que les transports en commun !!!)… Sans aller aussi loin, autour de Chivay, on trouve plein de chemins sympathiques pour se promener au milieu des cactus, des chullpas6)Mais si, souvenez-vous, ce sont ces tombes en forme de tours qu’on a déjà vues à Sillustani, près du lac Titicaca., des petites fleurs oranges et des volcans qui fument.

Une rue à Chivay
Une rue à Chivay

La fête nationale approchant, un défilé d’élèves est organisé un matin sur la place de Chivay. Si, comme nous, vous avez envie de vomir en voyant défiler les militaires français sur les Champs-Élysées le 14 juillet, alors vous comprendrez notre trouble en voyant des enfants péruviens de 3 à 10 ans, en costume militaire((L’un d’entre eux a une mitraillette en bois à la main., marchant au pas au son de la caisse claire. Le tableau est d’autant plus navrant qu’on est dans un pays riche de danses, de chants, de costumes colorés. Il n’aurait pas été difficile pour eux de préparer un défilé joyeux et bigarré à la gloire de la culture andine. Honte à vous qui mettez les enfants au pas !

Pour finir sur une touche plus positive, signalons que cette longue étape nous aura permis d’approfondir notre connaissance de la gastronomie péruvienne : on aura goûté au cuy (petit animal dont la chaire rappelle le lapin), au rocoto relleno (sorte de gros piment farci) et à différentes boissons à base de céréales ou d’herbes. Au dépaysement des paysages s’ajoute celui du palais ! Tiens, voilà encore une autre façon de célébrer le Pérou : banqueter grassement ! Y viva Perú !

Denis

PS : Il y a un an, on était au Havre et on embarquait à bord du Platon pour 14 jours de traversée !

References   [ + ]

1. Les offices du tourisme péruviens fournissent des petits dépliants sur presque toutes les principales destinations touristiques du pays.
2. Car notre budget initial commence à s’épuiser…
3. Où l’on trouve une couronne décorée avec un petit millier de diamants…
4. Mon frère nous avait prévenu : les attractions touristiques péruviennes ne sont pas données et tout est fait pour que le touriste ne puisse pas y accéder par ses propres moyens.
5. On fait donc du stop. L’occasion pour nous d’avoir la confirmation de ce qu’on nous a raconté : les conducteurs demandent à se faire payer. Et même plus cher que les transports en commun !!!)… Sans aller aussi loin, autour de Chivay, on trouve plein de chemins sympathiques pour se promener au milieu des cactus, des chullpas((Mais si, souvenez-vous, ce sont ces tombes en forme de tours qu’on a déjà vues à Sillustani, près du lac Titicaca.
6. Mais si, souvenez-vous, ce sont ces tombes en forme de tours qu’on a déjà vues à Sillustani, près du lac Titicaca., des petites fleurs oranges et des volcans qui fument.

Une rue à Chivay
Une rue à Chivay

La fête nationale approchant, un défilé d’élèves est organisé un matin sur la place de Chivay. Si, comme nous, vous avez envie de vomir en voyant défiler les militaires français sur les Champs-Élysées le 14 juillet, alors vous comprendrez notre trouble en voyant des enfants péruviens de 3 à 10 ans, en costume militaire((L’un d’entre eux a une mitraillette en bois à la main.

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