Dans les vertes vallées des Chachapoyas

2015-09-01T11-42-28Ça fait une heure qu’on est assis là, sur la place du petit village de Chocta, à attendre qu’une mobilidad1)C’est comme ça qu’on appelle les transports collectifs icipasse et veuille bien nous ramener à Luya. Luya, où nous devrons prendre un autre transport pour revenir à Chachapoyas où on a établi nos quartiers. Autant dire qu’on est ici au fin fond du Pérou. Derrière nous, une petite feria bat son plein. C’est d’ailleurs là qu’on a déjeuné – du riz, des haricots rouges et du chou cru, ce qui nous donne l’impression d’être revenus au Brésil. Tout autour de nous, les habitants portent de grands ponchos. N’allez pas croire que ce soit si courant que ça : que ce soit au Pérou ou en Bolivie, ce sont surtout les touristes qui portent ce genre de vêtements ! Je me tourne vers Sandrine ; elle a tellement froid que ses lèvres ont pris une teinte violette. On n’est décidément pas assez couverts. Il faut dire qu’on ne s’était pas renseignés sur l’altitude de notre destination, qui dépasse les 3000 m. Et qui dit altitude… dit froid. Même en pleine zone tropicale.

Sarcophages chachapoyas
Sarcophages chachapoyas

Vous me direz : qu’est-ce que vous aviez besoin d’aller vous perdre là-bas ? Eh bien, on est allé voir les fameux sarcophages de Karajía, à flanc de montagne, laissés là il y a environ 600 ans par les Chachapoyas. On les trouve pris en photos dans toutes les vitrines de la ville de Chachapoyas et dans notre hôtel notre porte-clés et notre lampe de chevet sont à leur effigie. Alors on s’est dit : tiens ! et si on allait les voir en vrai. Et maintenant que c’est fait, on comprend que peu de gens le fassent… C’est très isolé, mal documenté et le voyage du retour est incertain. D’ailleurs, on se demande où on va pouvoir dormir si aucune mobilidad ne passe. Lorsqu’enfin on nous prend, notre soulagement est immense ! La voiture s’arrête dans un village un peu plus loin, Cruz-Pata, pour y déposer quelqu’un. Une jeune fille frappe à ma vitre, j’ouvre, elle me donne une fleur et s’en va. Confondante gentillesse si typiquement péruvienne !

Rue Amazonas, dans Chachapoyas
Rue Amazonas, dans Chachapoyas

Gentillesse qui contraste avec un incident bien moins poétique qui vient de nous arriver : je me suis fait cloner ma carte bleue ! Je le découvre en consultant mon compte en banque, au retour de la semaine que nous avons passée au Bosque Berlín : mon compte courant est à sec et je note que deux retraits ont été effectués depuis le Costa-Rica. Ce genre d’incident aurait pu aussi m’arriver en France, certes, mais en voyage, ça complique tout : comment se faire envoyer une nouvelle carte-bleue quand on change de ville toutes les semaines ? On se console en allant se boire un Pisco Sour2)Cocktail à base de Pisco et de jus de citron dans un joli bar donnant sur la Calle Amazonas, sympathique rue piétonne du centre-ville.

Plaza de la Independancia
Plaza de la Independancia

La ville de Chachapoyas en elle-même n’est pas dépourvue de charme, d’ailleurs, avec ses beaux murs blancs et ses balcons. Comme d’habitude, on entre partout où on le peut, visitant les casas coloniales, le marché et les petites places où règnent une ambiance très détendue. Même les taxis se font discrets ici, c’est dire ! Cela dit, les touristes qui s’arrêtent là viennent plutôt pour le Kuélap, imposante forteresse de la culture Chachapoyas et pour la chute d’eau de Gocta, qui est l’une des plus hautes du monde.

Kuelap, forteresse chachapoyas
Kuelap, forteresse chachapoyas

Pour Kuélap, on opte pour la solution de facilité et on passe par le tour operator lié à notre hôtel. Y aller par ses propres moyens est très complexe et on a déjà été échaudés par les sarcophages de Karajía… Par chance, on tombe sur un groupe très sympathique. Notre guide vient de Puno3)Notre première étape péruvienne ! et parle de son pays avec compétence. Il évoque notamment la dualité problématique de l’identité péruvienne : ni complètement indigène, ni complètement occidentale. Il y a aussi un couple de français baroudeurs, Nat et Nico4)voir leur blog ici : natetnico.over-blog.com et un italien qui a fait du wwoofing dans le Minas Gerais5)Mais si, souvenez-vous, c’est un état brésilien proche de Rio de Janeiro, où on a jardiné pendant deux semaines avec une bande d’étudiants en agro-écologie. – forcément, ça crée des liens ! La forteresse du Kuélap vaut vraiment le détour : c’est un site archéologique immense, garni de petites maisons rondes et possédant un temple évasé très énigmatique. Ajoutons que la vue sur les vallées alentours est spectaculaire, même par temps couvert.

Sur le chemin vers la cascade
Sur le chemin vers la cascade

Notre dernière sortie sera pour aller voir la fameuse cascade de Gocta. Cette fois-ci, le soleil daigne se montrer, mais… seulement sur le chemin du retour, le bougre ! On immortalise cette promenade en prenant de nombreux clichés : quelque chose nous dit qu’il s’agit là de notre dernière excursion dans la Cordillère des Andes.

En chemin vers la cascade de Gocta
En chemin vers la cascade de Gocta

 

Parce que oui, à partir de la prochaine étape, on entame le chemin du retour. Cela dit, ne vous attendez pas à nous voir à votre porte demain : on va prendre encore pour plus de 50 jours rien que pour quitter le continent ! Et ça inclut un retour (fracassant) au Brésil en passant par l’Amazone ! Bref, on n’a pas dit notre dernier mot !

 

Denis

PS : Il y a un an, on se baignait dans les cascades du Goias.

References   [ + ]

1. C’est comme ça qu’on appelle les transports collectifs ici
2. Cocktail à base de Pisco et de jus de citron
3. Notre première étape péruvienne !
4. voir leur blog ici : natetnico.over-blog.com
5. Mais si, souvenez-vous, c’est un état brésilien proche de Rio de Janeiro, où on a jardiné pendant deux semaines avec une bande d’étudiants en agro-écologie.

2 réflexions au sujet de « Dans les vertes vallées des Chachapoyas »

  1. Salut les baroudeurs. Merci de nous avoir cité, ça fait plaisir. Super blog avec de belles photos et c’est très bien écrit! Alors ça le fait ces périples en bateau? Vous en êtes où ? Nous on est dans l’est de l’équateur. C sympa le coin. On commence le boulot le 20 septembre donc on en profite vite vite. Bises à tous les 2

    1. Le bateau c’est mieux que les hôtels même s’il y a beaucoup de bruit dû à la promiscuité. Et il y a plus d’air, il y fait donc plus frais ! C’est bien agréable pour dormir. Maintenant, côté brésilien, on va pouvoir pratiquer le portugais (du Brésil) et ça, c’est pas du luxe !!!
      Bon, il nous manque le cuy…mais on va essayer de trouver un truc à manger bien bizarre pour compenser !!!!
      des biz.

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