vignette

De Belém à São Luis : nos retrouvailles avec l’océan Atlantique !

Avec Daniel (au centre) et Adrien (à droite)

Après le périple amazonien, nous voilà de retour à Belém, ville que nous avions découverte l’an dernier, à notre arrivée au Brésil. L’hôtel où nous avions séjourné il y a un an étant complet, nous nous retrouvons pour deux jours à l’hôtel Fortaleza, non référencé dans les guides et surtout peu cher. Gilda, la propriétaire, une femme à la forte personnalité, nous parle avec colère de la politique de son pays et de l’état du Pará, de la condition féminine ici, au Brésil, et de ses rencontres…surtout avec des français ! Et des français, il y en a dans l’hôtel ! Notre dernier jour, nous le passerons à déambuler dans les rues très populaires du port, en compagnie de Daniel, un sexagénaire lillois installé au Brésil, de passage à Belém, et Adrien, un jeune marin, venant d’achever un tour du globe complet, en un peu plus de trois ans, avec sa compagne, Calypso, tous deux venant passer quelques jours à Algodoal, chez Jackie, un ami. Vous vous souvenez d’Algodoal ? Nous vous avions mis l’eau à la bouche en vous faisant découvrir cette île paradisiaque, lieu de vacances privilégié des brésiliens. Le hasard veut que chacun d’entre nous, sans nous connaître, nous ayons au moins une fois rencontré Jackie, un français installé sur cette île !

Noix du Pará, noix de cajou, etc.
Noix du Pará, noix de cajou, etc.

L’an dernier, Belém nous apparaissait une ville peu intéressante et morte ; pour cause, nous y séjournions lors d’un week-end férié. Cette fois-ci, la ville respire et nous en profitons enfin pour la découvrir vivante, pleine d’activités commerciales typiques liées à la pêche, à la récolte de fruits de la région et d’autres plus tournées vers l’ésotérisme. Comme à notre habitude, nous dégustons un plat du coin sur le marché. Ce sera du poisson. Et dès que Denis évoque une envie de découverte gastronomique, Daniel rebondit aussitôt pour nous emmener à l’endroit où il pourra être satisfait. Ainsi goûtons nous la noix du Pará et l’açai frais, qui est une préparation bien différente des éternelles glaces du même parfum. Daniel nous emmène aussi découvrir deux lieux emblématiques du port, le marché des gris-gris et autres potions et la boutique des herbes médicinales où l’on trouve des remèdes pour tout (cela va de la panne sexuelle au retour de l’être aimé, en passant par les rhumatismes, l’anémie et l’éloignement des mauvaises ondes), à base de produits comme la corne de buffle, d’herbes et de noix de la forêt amazonienne.

20151004T063304
Rue du Portugal à São Luís

Réconciliés avec la ville de Belém, nous quittons ces deux amis, pour aller passer deux jours à São Luis, dans l’état du Maranhão, sur la côte atlantique. La ville a été fondée par des français (d’où son nom, « Saint Louis ») mais n’est restée dans leur giron qu’à peine trois ans, récupérée ensuite par les portugais. Suite à une guerre entre hollandais et portugais, la ville sera détruite et totalement reconstruite par ces derniers. C’est pour cela que l’architecture est très typique du Portugal et que le centre historique, classé au Patrimoine culturel par l’UNESCO, présente un grand nombre de maisons avec des azulejos d’une grande variété de dessins et de couleurs.

Costume typique du Babum meu Boy
Costume typique du Babum meu Boy

En dehors de l’architecture, l’état du Maranhão est aussi connu pour ces carnavals, défilés en tous genres qui ont lieu d’avril à octobre ; le plus connu étant celui du « Bumba meu boi », une fête toute aussi païenne que chrétienne, qui fête la Saint Jean et l’arrivée de l’été avec sa cohorte de bonnes récoltes, de climat clément et d’abondance, et ce jusqu’à fin septembre. Le plus fort de ce carnaval a lieu tout le mois de juin. Par ailleurs, d’avril à octobre, résonnent régulièrement dans les rues des musiques afro-brésiliennes, accompagnées des odeurs des plats épicés vendus dans des petites échoppes de rue et de petits spectacles impromptus.

Nous apprenons aussi que le reggae est une musique au statut bien particulier dans la région. Évidemment, il est issue du reggae jamaïcain, arrivé dans les années 60, par le biais d’échanges d’albums vinyles qui venaient de la Guyane française. Maintenant, le style a évolué avec des influences de la musique brésilienne. Mais ce qui le distingue du reggae traditionnel c’est la manière qu’ont les brésiliens de le danser. Ici, il se danse en couple et non seul. À l’origine, les gens ne connaissant rien à cette musique au rythme différent des musiques afro-brésiliennes, ils profitaient de ces moments de musique un peu plus douce pour se chercher une conquête et ils ont adapté leur façon de danser à deux à ce nouveau tempo ; Ici donc, le reggae se danse chaloupé et très collé-serré.

Quartier São Francisco, vu depuis le centre historique
Quartier São Francisco, vu depuis le centre historique

Nous profitons aussi de ces deux jours ici pour retrouver l’océan Atlantique que nous avions quitté juste avant notre étape en Terre de Feu. À São Luis, il se fait séducteur, venant lécher des plages de sable fin où se prélassent les gens accablés par la chaleur. Nous passons notre dernière après-midi sur la plage de Calhau, à profiter des vagues de l’océan, à peindre un peu et à regarder passer les cargos de marchandises dans le lointain…

Sandrine

PS : Il y a un an, nous visitions Ouro Preto, dernière étape dans le Minas Gerais.

2 réflexions au sujet de « De Belém à São Luis : nos retrouvailles avec l’océan Atlantique ! »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *