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Passage forcé par l’Argentine : petites galères et grandes surprises

Note préliminaire : cet article explique comment passer du sud du Chili (au niveau de Puerto Natales) à la Carretera Austral. Vu le peu d’informations disponibles sur internet, il nous semblait important de détailler cette étape, plutôt difficile. Pour ceux qui suivent ce site pour les photos et le dépaysement, on ne vous en voudra pas de lire certains paragraphes en zig-zag, notamment au début 😉

Poursuivre la traversée du Chili depuis Puerto Natales : passage par l'Argentine obligé !
(cliquez sur la carte pour l’agrandir) Poursuivre la traversée du Chili depuis Puerto Natales : passage par l’Argentine obligé !

Comme Sandrine a commencé à vous l’expliquer, traverser le Chili du sud au nord (ou l’inverse) est impossible : à un moment donné, il n’y a plus de route ! Si vous jetez un petit coup d’œil à la carte qu’on vous joint, vous comprendrez pourquoi : à cet endroit, le Chili est divisé en petites îles et la partie continentale est recouverte d’un glacier infranchissable. Dans un premier temps, nous espérions trouver un bateau qui nous emmène à Puerto Aysén (voir la carte) mais ça n’existe pas. Par contre, il existe une ligne de Ferry (Navimag) qui aurait pu nous emmener à Puerto Montt, mais c’était nettement plus au nord, et comme vous commencez à le comprendre, nous préférons faire de petites étapes1)Au voyageur qui se retrouverait dans la même situation que nous : le bateau est globalement moins cher qu’une traversée en bus par l’Argentine…. Bref, nous choisissons de repasser par l’Argentine.

Internet nous apprend qu’il est possible de traverser la frontière à partir d’El Chaltén, moyennant la traversée en ferry d’un ou deux lacs. Les informations sont vagues, qu’à cela ne tienne, on va se renseigner sur place. Au pire, on sera déjà sur la route 40 et on pourra toujours pousser plus au nord, jusqu’à Perito Moreno, par exemple (voir plan). Un premier bus nous permet de franchir la frontière et nous dépose à El Calafate. D’expérience, on sait qu’il n’y a rien à y faire (à part visiter le glacier Perito Moreno, ce que nous avons déjà fait trois semaines plus tôt) ; de plus, le bureau des informations touristiques nous explique que les bus qui mènent à la frontière chilienne partent d’El Chaltén. On se rend donc à El Chaltén après avoir tiré de l’argent et acheté de la nourriture pour deux jours2)Ça aussi, on a pu l’anticiper grâce à notre premier séjour à El Chaltén : là-bas, tout y est hors de prix et aucun distributeur n’accepte les cartes bleues françaises..

El Chaltén
El Chaltén

On arrive à El Chaltén dans la soirée mais les bureaux de vente du terminal routier3)À noter : en espagnol, terminal est un nom féminin… sont encore ouverts. On y apprend que pour traverser la frontière, c’est beaucoup plus compliqué que prévu. D’abord, il faut prendre un bus jusqu’au lac «del desierto». Lac, qui se traverse en ferry. Ensuite, il y a une étape à pieds de 20 km (!) pour atteindre un camping au bord du lac «O’Higgins». Là, il y a un ferry qui passe trois fois par semaine en janvier et février. Mais seulement le samedi le reste de l’année. Or, on est le samedi 28 février. Le prochain ferry est donc dans une semaine. La somme totale demandée4)On fait le détail pour le voyageur qui souhaite le faire : le bus jusqu’au lago del desierto coûte 200 pesos argentinos ; la traversée du même lac coûte 430 pesos argentinos ; la traversée du lago O’Higgins coûte 80 $US ou 44.000 pesos chilenos.  pour l’ensemble du trajet dépasse celle dont nous disposons. Et il est impossible de payer par carte. Ni de tirer de l’argent dans ce village. Sans parler du fait qu’on n’a pas de tente. Bref, même si cette traversée nous parait bigrement excitante, trop de contraintes nous en empêchent.

El Chaltén : vallée du Rio de las vueltas
El Chaltén : vallée du Rio de las vueltas

Dès le lendemain, on retourne au terminal routier pour se renseigner sur le voyage jusqu’à Perito Moreno5)À noter : cette ville porte le même nom que le célèbre glacier qui se visite en partant d’El Calafate. Le prochain bus est pour le lundi soir. Parfait. Sauf que… il coûte très cher (compter 1000 pesos par personne, soit environ 100€) et nous ne pouvons toujours pas payer par carte. Comme il part d’El Calafate (où, là, on pourra tirer de l’argent ou payer par carte) et qu’il est presque vide (il reste 21 places), on se résout à y retourner lundi. On a donc deux jours à attendre à El Chaltén – où, pour rappel, on a déjà passé deux jours deux semaines auparavant (relire l’article sur le Parque de los Glaciares).

Au Lago de los Tres : vu sur le Fitz Roy. Vous le voyez derrière le lac ? Moi non plus !
Au Lago de los Tres : vue sur le Fitz Roy. Vous le voyez derrière le lac ? Moi non plus !

Évidemment, on en profite pour se promener et aller pic-niquer sur les hauteurs. Malheureusement, le temps est mauvais et il pleut presque tout le temps6)Y compris d’ailleurs quand il n’y a pas de nuages, ce qui est difficile à croire mais le climat est tellement étrange ici qu’on ne s’étonne plus de rien.. Les touristes tournent en rond dans leurs hôtels en espérant une accalmie pour sortir. Pour ma part, je décide d’aller monter au Lago de los Tres, au pied du célèbre mont Fitz Roy, histoire de voir de prêt ce colosse. Après 6 km de marche, je me retrouve pris dans une averse de neige si compacte que je ne distingue rien dans le paysage. Qu’à cela ne tienne, je monte jusqu’en haut. En me mettant à l’abri d’un gros rocher, je prends une photo du lac et je redescends… sans avoir vu le Fitz Roy.

Le lundi, on se retrouve donc à El Calafate pour acheter notre billet pour Perito Moreno (la ville). Sauf que la malchance nous poursuit : il n’y a plus de place dans le bus ! On se rabat donc sur celui du lendemain. On nous explique gentiment7)C’est d’ailleurs sans doute la gentillesse de nos interlocuteurs qui nous a empêché de craquer. qu’il est plus intéressant pour nous de passer par Los Antigüos pour traverser la frontière. On change donc nos plans. Et on passe une nuit à El Calafate. Bilan de l’étape : 3 jours et plus de 250€ de perdus. Merci l’Argentine ! Comme on commence à bien connaître l’Argentine, on tire plein d’argent avant de quitter El Calafate, dans le doute. Et encore une fois, on a vu juste : impossible de tirer de l’argent à Los Antigüos.

Montagnes vues depuis Los Antigüos
Montagnes vues depuis Los Antigüos

Une fois arrivés là-bas, on décide d’y passer deux nuits. Le village est très sympathique, permet de nombreuses promenades et possède un argument gastronomique solide : c’est la capitale de la cerise argentine ! Les quelques touristes qui passent par là ne s’y attardent pas et traversent immédiatement la frontière. Ajoutez à ça que la saison touristique touche à sa fin en ce début de mois de mars et vous comprendrez pourquoi on est tout surpris de se retrouver seuls dans les rues et de pouvoir de nouveau discuter avec n’importe qui dans la ville sans avoir à lui demander avant «¿Hablás español?»8)«Tu parles espagnol ?» Eh oui, pendant ces trois dernières semaines, on a été entourés de touristes qui pour la plupart ne parlaient pas un mot d’espagnol…. Les paysages sont superbes : le village est entouré de montagnes et d’un lac majestueux : le Lago Buenos Aires. Sur la costanera9)Promenade urbaine aménagée le long d’une étendue d’eau – lac, rivière, mer ou océan., on tombe sur un loueur de vélos. Tiens ? Et si on s’essayait au tandem ? Et nous voilà traversant la ville à l’ombre des immenses cyprès qui bordent ses avenues10)À noter : l’avenue principale, dite du «11 juillet», est équipée d’une piste cyclable ! Quand on vous disait que c’est vraiment un village sympathique. en essayant de ne pas trop zigzaguer…

Rue typique à Los Antigüos
Rue typique à Los Antigüos

Un peu plus tard, on passe devant un parc municipal joyeusement hirsute longeant le lac. Là encore, les allées sont bordées de grands arbres majestueux. Ça semble désert et ça respire le calme. Le temps est beau et nous sommes dans un petit village tout ce qu’il y a de plus sympathique, vous dit-on. Alors quoi ? Pourquoi ne pouvons-nous pas entrer ? Avec Sandrine, on se comprend immédiatement. Cette solitude… On repense au quartier de la Boca à Buenos Aires. On y était soudain seuls et… on s’y est fait agressés. Ça a beau avoir eu lieu un mois plus tôt, le traumatisme est encore là. On pense aussi à mon frère et à sa copine qui, quelques jours auparavant, se sont fait agresser sur une plage déserte en Colombie11)Leurs agresseurs, armés de machettes, ne leur ont laissé que leurs papiers et leurs cartes bleues. Oui, ils leur ont même pris leurs chaussures… Cette agression les a décidé à rentrer en Europe et on les comprend.. Je sens l’adrénaline diffuser dans la moindre parcelle de mon corps. Je tente de faire un peu le fier et je pénètre dans le parc en éclaireur en demandant à Sandrine d’aller se cacher à l’ombre avec nos affaires. Conclusion : personne, le parc est vide. Évidemment, ça ne nous a pas rassurés pour autant et on a décidé de regagner rapidement le centre-ville. Et même là, dans les larges rues peu fréquentées, on tremble à chaque fois qu’une mobylette se pointe à l’horizon ou qu’une voiture semble ralentir à notre hauteur. Bigre, il va nous falloir encore un peu de temps pour reprendre confiance en nous ! Pour se consoler, on s’achète une petite boite de chocolat artisanal, qu’on déguste en retournant à notre hôtel.

Au Bar Lácteo de Los Antigüos
Au Bar Lácteo de Los Antigüos

Los Antigüos, c’est aussi une dizaine de petites fermes urbaines (les chacras) qui proposent des visites, des dégustations ou de la vente de produits faits sur place. C’est comme ça qu’on se retrouve dans la chacra Shepetovka (et son célèbre bar lácteo), à boire du jus de cerises en mangeant des tartes aux fruits. Et surtout à discuter avec le propriétaire, qui se targue d’avoir une collection quasi unique au monde de fruits et légumes fossilisés (ail, oignon, fraise, champignon, etc.).

Chile Chico, mignon village où on est restés une demie heure !
Chile Chico, mignon village où on est restés une demie heure !

Le vendredi, on reprend la route pour traverser la frontière chilienne une nouvelle fois12)C’est quand même notre troisième entrée en territoire chilien…. Une navette nous attend à la gare routière et nous emmène jusqu’à Chile Chico. C’est juste une dizaine de kilomètres mais les formalités de frontière prennent toujours beaucoup de temps. Et l’entrée au Chili nous inquiète toujours un peu : «Est-ce qu’ils vont nous confisquer nos confitures et nos pâtés ?…»13)Il faut savoir que le Chili interdit l’entrée de fruits et légumes frais, de miel, de produits laitiers, etc. Normalement, il n’y a pas de problème pour la confiture et les pâtés puisque ce sont des produits cuisinés. Une fois à Chile Chico, on a très peu de temps14)Cela dit, le peu qu’on y a vu nous a fait regretter de ne pas avoir le temps d’y passer au moins une nuit : c’est très mignon ce petit village ! : on veut prendre la navette qui fait le tour du lac General Carrera15)Qui s’appelle Lago Buenos Aires du côté argentin et qui est tout simplement de deuxième lac le plus grand d’Amérique du Sud pour aller passer une nuit à Puerto Tranquilo. Bien sûr, pour aller à Coyhaique, il y a plus court : il suffit de prendre une navette pour traverser le lac et passer par Puerto Ibañez. La raison de notre choix ? Eh bien, on nous a dit plusieurs fois depuis la veille qu’un édifice minéral appelé «Capilla de marmol»16)Chapelle de marbre, accessible en bateau depuis Puerto Tranquilo, méritait le détour.

Capilla de marmol
Capilla de marmol

Et on ne regrette pas ce choix ! D’abord la route qui fait le tour du lac est absolument superbe. Les paysages traversés sont tout simplement les plus beaux qu’on ait vus depuis Bariloche. D’accord, on est serrés dans un mini-bus qui cahote sur une route sans asphalte mais, au moins, quand on demande au conducteur de s’arrêter pour prendre des photos, il le fait de bonne grâce. On arrive à Puerto Tranquilo un peu tard (vers 17h) et il commence à pleuvoir. Vu que nous devons repartir le lendemain de bonne heure, on ne prend même pas le temps de chercher un hôtel et on va immédiatement se renseigner au port pour aller faire un tour sur le lac et voir la Capilla de marmol. Là, on nous apprête un bateau avec guide juste pour nous deux et c’est parti ! On vous laisse juger sur les photos si ça valait le détour…

Et voilà, on est de retour au Chili ! Et en seulement une journée, on passe de surprise en surprise, d’émerveillement en émerveillement ! Sur-vendue l’Argentine ? La question se pose…

Denis

References   [ + ]

1. Au voyageur qui se retrouverait dans la même situation que nous : le bateau est globalement moins cher qu’une traversée en bus par l’Argentine…
2. Ça aussi, on a pu l’anticiper grâce à notre premier séjour à El Chaltén : là-bas, tout y est hors de prix et aucun distributeur n’accepte les cartes bleues françaises.
3. À noter : en espagnol, terminal est un nom féminin…
4. On fait le détail pour le voyageur qui souhaite le faire : le bus jusqu’au lago del desierto coûte 200 pesos argentinos ; la traversée du même lac coûte 430 pesos argentinos ; la traversée du lago O’Higgins coûte 80 $US ou 44.000 pesos chilenos.
5. À noter : cette ville porte le même nom que le célèbre glacier qui se visite en partant d’El Calafate
6. Y compris d’ailleurs quand il n’y a pas de nuages, ce qui est difficile à croire mais le climat est tellement étrange ici qu’on ne s’étonne plus de rien.
7. C’est d’ailleurs sans doute la gentillesse de nos interlocuteurs qui nous a empêché de craquer.
8. «Tu parles espagnol ?» Eh oui, pendant ces trois dernières semaines, on a été entourés de touristes qui pour la plupart ne parlaient pas un mot d’espagnol…
9. Promenade urbaine aménagée le long d’une étendue d’eau – lac, rivière, mer ou océan.
10. À noter : l’avenue principale, dite du «11 juillet», est équipée d’une piste cyclable ! Quand on vous disait que c’est vraiment un village sympathique.
11. Leurs agresseurs, armés de machettes, ne leur ont laissé que leurs papiers et leurs cartes bleues. Oui, ils leur ont même pris leurs chaussures… Cette agression les a décidé à rentrer en Europe et on les comprend.
12. C’est quand même notre troisième entrée en territoire chilien…
13. Il faut savoir que le Chili interdit l’entrée de fruits et légumes frais, de miel, de produits laitiers, etc. Normalement, il n’y a pas de problème pour la confiture et les pâtés puisque ce sont des produits cuisinés.
14. Cela dit, le peu qu’on y a vu nous a fait regretter de ne pas avoir le temps d’y passer au moins une nuit : c’est très mignon ce petit village !
15. Qui s’appelle Lago Buenos Aires du côté argentin et qui est tout simplement de deuxième lac le plus grand d’Amérique du Sud
16. Chapelle de marbre

Ushuaia : fin du monde, mon œil !

Vue d'Ushuaia
Vue d’Ushuaia

«¡Hermoso1)Exclamation qui équivaut plus ou moins à notre «magnifique !» Je me retourne et je vois un couple d’argentins qui contemplent le Río Pipo, petit cours d’eau au bord duquel nous nous étions installés pour pic-niquer. «Claro, rebonito el arroyo!»2)«Tout à fait d’accord, très joli ce ruisseau» lui répond-on. Et immédiatement la conversation s’engage. Évidemment, rapidement, on parle de l’Argentine, de ses paysages, de son maté. Et on avait besoin de ça. Pour plusieurs raisons.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAD’abord, on effectue ici, à Ushuaia, en Terre de Feu, notre dernière étape en Argentine. En deux mois, on a traversé le pays du nord au sud, en passant par Buenos Aires, la Pampa, la Patagonie, etc. On y a été régulièrement hébergés chez l’habitant3)moins souvent que pour le Brésil mais plus que pour l’Uruguay et le Paraguay, on y a travaillé et on y a attrapé un accent bien particulier 4)Par exemple, tous les y et les ll s’y prononcent [sh]. Il était temps qu’on fasse le point. D’ailleurs, on ne se privera pas d’aborder ici les aspects négatifs de notre séjour dans ce pays, la plupart étant liés à l’argent : l’agression à Buenos Aires qui nous a fait perdre une paire de lunettes, un téléphone et un appareil photos en même temps que notre belle naïveté ; le fait que notre nouvel appareil photo rende l’âme au bout d’un mois (agaçant et coûteux) ; le fait que nos cartes bleues fonctionnent dans très peu de distributeurs et dans encore moins de magasins, nous demandant de toujours emporter avec nous de grosses sommes en liquide faute de savoir avec certitude si nous pourrons tirer de l’argent à notre prochaine étape5)C’est un problème très connu en Argentine ; de nombreux touristes débarquent en découvrant avec stupeur qu’ils ne peuvent tirer de l’argent nulle part et changent rapidement de pays. ; le fait que dans chaque lieu touristique tout soit payant et cher6)À Ushuaia, il y a un musée qui coûte 150 pesos (15€) par personne. Et l’entrée du parc national dans lequel tout le monde va se promener coûte 140 pesos par jour !. C’est dit !

Canal Beagle
Canal Beagle

Mais revenons à nos deux argentins. La conversation va bon train et on se sent tout heureux de pouvoir s’exprimer en espagnol. Parce qu’ici, à Ushuaia, on a beau être en Argentine, l’anglais domine largement, que ce soit dans les rues ou dans notre hostel. Certes, c’est la ville la plus australe du monde et le voyage en bus est plutôt sportif (il faut passer par 4 postes frontières et traverser le détroit de Magellan) ; mais comme la ville est dotée d’un aéroport international, forcément, on sent que tout est fait pour recevoir un maximum de touristes, qu’ils se sentent «chez eux»7)ici, la culture argentine se fait très discrète et qu’ils y laissent au passage un beau paquet de devises. Dans notre hostel, on nous parle régulièrement en anglais (sans nous demander d’abord si on parle cette langue venue de très loin) et nous répondons en espagnol. Certains touristes admirent notre effort, d’autres se contentent de constater que la communication s’en trouve entravée. Du coup, vous comprenez mieux pourquoi on se lie si facilement avec le peu d’argentins qu’on croise ici.

Dans le port d'Ushuaia
Dans le port d’Ushuaia

Alors quoi ? On va râler alors qu’on se trouve dans un endroit mythique où tout un chacun rêve de séjourner une fois dans sa vie ? Que nenni ! Simplement, à Ushuaia, le slogan «fin du monde» ne recouvre qu’une réalité géographique, rien de plus8)Et encore, comme me l’a très justement fait remarquer mon père, il existe une petite ville chilienne sur une île plus au sud…. La ville est hyper récente et sans charme particulier et il faut en sortir rapidement pour comprendre pourquoi ce lieu est si populaire. On y trouve un port, avec son lot de containers, ce qui n’est pas sans nous rappeler quelques souvenirs… Mais ce qui fait le charme de cette partie du monde, c’est la combinaison entre un climat très particulier et des paysages à couper le souffle.

Ascension vers le glacier Martial : la température baisse tout au long de la montée...
Ascension vers le glacier Martial : la température baisse tout au long de la montée…

Commençons par le climat. On est en février, deuxième mois d’été. Et pourtant, la température ne dépasse quasiment jamais 10°C. En quelques heures, le temps peut changer plusieurs fois, allant de la pluie froide à beau temps, avec ou sans vent. On a même eu de la neige une après-midi ! Pour ceux qui connaissent, ça ressemble un peu au Finistère en hiver. Une après-midi, pendant qu’on pic-niquait à flanc de montagne, on a même assisté à la formation d’un nuage juste au-dessus de nos têtes ! Évidemment, dans ces conditions, impossible de sortir en short-tee-shirt. Comme les vêtements vendus sur place sont hors de prix, on se contente de se procurer un bonnet pour Sandrine et une paire de gants pour moi. Ainsi, on se sont prêts pour aller se promener.

Vue de la Cordillère de Terre de Feu, depuis le Cerro Guanaco
Vue de la Cordillère de Terre de Feu, depuis le Cerro Guanaco

Et ici, les promenades valent clairement le détour. Il y a des montagnes – la Cordillère de la Terre de Feu – et de l’eau – dont le canal de Beagle au bord duquel est installée la ville. Sans parler des nombreux lacs, des glaciers, de la neige à flanc de montagne, y compris en dessous de 500 mètres d’altitude ! Notre dernière promenade – l’ascension du Cerro Guanaco – nous permet d’admirer la vallée, ses forêts de lengas, ses marécages, ses petits lacs et ses pics arides. On en prend plein les yeux et la montée nous fait transpirer en dépit du froid. Régulièrement, Sandrine sort son papier épais et ses peintures à l’aquarelle pour immortaliser la vue.

Traversée du Détroit de Magellan
Traversée du Détroit de Magellan

Que retient-on de notre semaine passée ici ? Que même si on a apprécié les promenades inoubliables qu’on y a faites et les paysages qu’on y a admirés, Ushuaia n’est pas une ville du «bout du monde». C’est une destination hautement touristique, qui cultive un certain entre-soi très occidental, finalement assez pauvre culturellement. C’est d’ailleurs assez vrai de toutes nos dernières étapes dans le sud de l’Argentine : El Calafate, El Chaltén et Ushuaia. Sans doute qu’on l’aurait moins senti si on avait réussi à se faire héberger chez l’habitant.

Quoiqu’il en soit, l’Argentine nous aura marqués profondément et on remercie très vivement tous les argentins qui nous ont hébergés ou simplement aidés dans notre périple. ¡Chau Argentina! y ¡Hola Chile!

Denis

References   [ + ]

1. Exclamation qui équivaut plus ou moins à notre «magnifique !»
2. «Tout à fait d’accord, très joli ce ruisseau»
3. moins souvent que pour le Brésil mais plus que pour l’Uruguay et le Paraguay
4. Par exemple, tous les y et les ll s’y prononcent [sh]
5. C’est un problème très connu en Argentine ; de nombreux touristes débarquent en découvrant avec stupeur qu’ils ne peuvent tirer de l’argent nulle part et changent rapidement de pays.
6. À Ushuaia, il y a un musée qui coûte 150 pesos (15€) par personne. Et l’entrée du parc national dans lequel tout le monde va se promener coûte 140 pesos par jour !
7. ici, la culture argentine se fait très discrète
8. Et encore, comme me l’a très justement fait remarquer mon père, il existe une petite ville chilienne sur une île plus au sud…

Camaïeu de bleus sur glaciers

Paysage typique de Patagonie
Paysage typique de Patagonie

Après El Bolson et le sentiment de devoir accompli après avoir passé trois semaines de travail chez Glo et Seba, nous voyageons de nouveau. Nous traversons la Patagonie en bus, plutôt confortable, pour plus de vingt-quatre heures, parcourant des portions de la mythique Ruta 40. C’est plat, et comme la Pampa, il n’y a pas grand chose à voir ; on croise des troupeaux de guanacos et des puits de pétrole. En guise de végétation, des buissons trop petits pour faire de l’ombre. Quand on arrive dans la région des glaciers, l’impression est magique. Nous sommes au cœur du parc naturel, cernés par des montagnes enneigées, comme si on était montés très haut en altitude. En fait, le climat est froid et il en faut peu pour que la neige reste accrochée aux sommets ! Et qui dit glacier, dit lac. Le Lago Argentino est plutôt immense et nous offre une palette de bleus magnifique et très riche !

Devant le glacier «Perito Moreno»
Devant le glacier «Perito Moreno»

Nous passons cinq jours à en prendre plein la vue. Le premier jour, on fait une excursion jusqu’au glacier Perito Moreno. On peut presque le toucher tellement il est tout prêt ! Il paraît vivant, il craque souvent ; on a pu voir des blocs se détacher et tomber dans le lac, dans un grand fracas. C’est comme un jeu, on entend craquer et on se retourne pour voir de quel côté ça va tomber… Comme on n’a plus d’appareil photos1)Oui, notre nouvel appareil, acheté 500€ à Buenos Aires, est tombé en panne après seulement un mois de fonctionnement… On s’est acheté un petit appareil à El Calafate histoire de continuer à prendre des photos. Problème : la qualité est loin d’être aussi bonne qu’avant… Ami lecteur, il faudra t’y faire…, ce jour-là, on fait « du stop » avec notre carte mémoire et on trouve deux types sympas qui nous prêtent leur appareil afin que l’on puisse vous ramener quelques souvenirs.

Baies de calafate
Baies de calafate

Au cours de cette randonnée, on découvre le calafate((c’est aussi le nom du premier village où nous nous arrêtons trois jours, village fondé en 1927, pour empêcher les chiliens d’investir le territoire, alors désert)), un fruit très proche de la myrtille, que l’on n’aura de cesse de grignoter le long des chemins. C’est aussi un coin où nous rencontrons énormément de touristes et surtout beaucoup de français. Nous sympathisons avec Patrice, fraîchement retraité, parcourant la Patagonie pour faire des randonnées plutôt « luxueuses », et Sophie et Joeffrey, jeune couple voyageant pour 6 mois entre le Chili, l’Argentine et le Brésil. Nous croisons encore beaucoup d’autres français, à El Chaltén, petit village de montagne, paradis des randonneurs et escaladeurs de tous niveaux.

Vue sur le Lago Torre
Vue sur le Lago Torre

C’est à El Chaltén que nous faisons connaissance avec le fameux Mont Fitz Roy qui nous toise de loin. Nous lui préférons le plus modeste mais néanmoins fort majestueux Cerro Torre qui est l’occasion d’une grande promenade de 22 kilomètres, lors d’une belle journée ensoleillée. Nous y retrouvons Patrice, par hasard, qui fait un bout de chemin avec nous et que nous initions au calafate. C’est aussi lors de cette randonnée que nous rencontrons beaucoup d’animaux dont une chouette curieuse qui s’approche de nous. Il ne nous en fallait pas plus pour lui tirer le portrait. En redescendant, on est doublés par deux animaux encore inconnus pour nous et dont ce n’est pas du tout la région… Si vous voulez savoir de quoi il s’agit, allez donc jeter un coup d’œil sur la galerie de photos !

On finit notre parcours avec une nuit à Rio Gallegos, histoire de revoir un peu l’océan Atlantique, avant de rejoindre un petit port du « bout du monde ».

Sandrine

References   [ + ]

1. Oui, notre nouvel appareil, acheté 500€ à Buenos Aires, est tombé en panne après seulement un mois de fonctionnement… On s’est acheté un petit appareil à El Calafate histoire de continuer à prendre des photos. Problème : la qualité est loin d’être aussi bonne qu’avant… Ami lecteur, il faudra t’y faire…

Éco-constructeurs en Patagonie

Tout petit au milieu de la forêt patagonne
Tout petits au milieu de la forêt patagonne

Il y a des fois où on se sent tout petits. Tout petits devant l’immensité du paysage qui s’offre à nos yeux, la Cordillère des Andes dans toute sa splendeur ; tout petits devant la puissance évocatrice de la forêt au milieu de laquelle nous sommes hébergés, tout petits dans la toute petite tente qu’on nous a prêtée et que nous avons installée au milieu des arbres ; tout petits devant la maison en paille de nos hôtes, Seba et Gloria, devant l’immense travail qu’elle leur a demandé, devant le travail qui reste à faire et dont une partie nous incombe ; tout petits enfin devant leur générosité sans fin, leur capacité à tout partager, encore et encore.

Le potager avant notre intervention
Le potager avant notre intervention

Nous avons vécus là pendant trois semaines ; là, c’est-à-dire à Mallín, minuscule territoire du nord de la Patagonie, proche d’El Bolson. Pour la deuxième fois, nous sommes wwoofers1)Pour ceux qui ne se souviennent pas de ce que ça signifie, disons simplement qu’il s’agit d’un site internet – http://wwoofingargentina.com – qui met en relation des petites exploitations biologiques avec des voyageurs volontaires. Les premiers offrent gîte et couverts pour une période pouvant aller de deux semaines à un an ; les seconds travaillent un peu et apprennent beaucoup. Au Brésil, nous travaillions moins de 20 heures par semaine, ici on est plus près des 30 heures. À noter, ce système existe presque partout dans le monde…. Mais, à la différence de notre expérience brésilienne, nous sommes chargés ici de faire avancer le chantier de la maison, entièrement (éco)-construite à la main. Il y a aussi un potager et quelques arbres fruitiers, encore trop jeunes pour donner. D’ailleurs, agrandir le potager sera une des dernières tâches qu’on nous confiera.

La maison de Gloria et Seba
La maison de Gloria et Seba

La maison de nos amis semble un peu perdue au milieu de nulle part ; on y accède en suivant une série de chemins de plus en plus petits, et comme on est au milieu d’une forêt2)D’ailleurs, notre «quartier» porte le nom évocateur de Entre Árboles, il est impossible de la voir avant d’être arrivés tout près. N’empêche, la propriété n’est pas isolée et fait partie intégrante d’une communauté joyeusement écolo-buddisto-hippie. Laissez-moi vous présenter quelques unes des personnes qui nous ont accompagnées au cours de ces trois semaines.

Lucero, la fille de Gloria et Seba
Lucero, la fille de Gloria et Seba

D’abord, il y a Seba et Gloria, les propriétaires de la maison ; Seba, l’homme à la barbe noire, dirige le chantier de la maison ; Gloria chante et joue de la guitare dans un groupe. Tous deux vivent de la production de confitures maison, réalisées avec les fruits du voisinage (fraises, groseilles, framboises, etc.) qu’ils vendent à Buenos Aires. Troisième habitant de la maison : Lucero, leur fille de deux ans et demi, en pleine période des «moi je veux», des «maman viens voir» et des «pourquoi». Le foyer se complète d’un chien d’origine péruvienne et d’un chat, bon chasseur de rongeurs (et ici, il y a de quoi faire!). En plus de nous deux, il y a une troisième volontaire qui avait déjà planté sa tente dans les bois avant notre arrivée : Natalia, avec sa perpétuelle bonne humeur et son charango3)instrument proche de la guitare mais avec des cordes doublées. Nous serons rejoints pendant une semaine par Lia, une autre volontaire, artiste,  vivant chez Luis, un voisin dont la maison en bois fait trois étages. Et enfin, il y a tous les voisins, dont la sœur et la mère de Seba, qui passent et repassent à longueur de journée, soit pour demander un coup de main, soit pour en donner un, soit pour partager un maté ou simplement pour prendre des nouvelles. De temps en temps, un des membres de la communauté vient consulter Seba, réputé pour sa bonne connaissance des plantes et pour ses massages.

La maison d'une voisine (Anita), typique dans le quartier
La maison d’une voisine (Anita), typique dans le quartier

La visite du «quartier» mérite le détour : toutes les maisons sont faites selon des principes d’éco-construction et on passe de l’une à l’autre en suivant de petits chemins à travers bois. La plupart possèdent un jardin avec potager et un atelier. On y fabrique de tout : des meubles en bois, des vêtements, des nouilles, de la bière, des confitures, des conserves de fruits, etc. Un des voisins, Luis, nous montre même un violoncelle en cours de construction. Luis qui, par ailleurs, possède une des plus belles maisons du coin…

2015-01-21_16-53-34Le travail qui nous est confié consiste surtout de recouvrir les murs en paille avec un mélange à base de sable et d’argile. Bon, c’est vrai, c’est légèrement répétitif. Mais, n’empêche, on se sent bien ici et on ne s’ennuie pas. On chante souvent et Natalia nous accompagne avec son charango. On cuisine et on déguste les recettes des autres. Et puis, surtout, on profite de la montagne avoisinante pour y monter en compagnie de Natalia et passer une nuit près d’un refuge : l’Encanto Blanco. On ne vous parlera pas de nos longues baignades dans des rivières d’eau bleue, froide et délicieuse… Ni du paysage que nous pouvions voir en sortant de notre tente au petit matin… Il faut le vivre pour le comprendre. Cela dit, ça se mérite : la montée dure 5 heures et il faut aller chercher du bois pour cuisiner…

Le potager après notre intervention
Le potager après notre intervention

Le dernier soir, on partage un goûter luxueux à base de tarte au citron meringuée (de Sandrine), de pudding aux fraises (de Graziela, la mère de Seba) et de maté. Là encore, on quitte ce petit paradis avec le cœur gros. Le sud de l’Argentine nous attend et nous voulons l’atteindre avant la fin de l’été.

Denis

References   [ + ]

1. Pour ceux qui ne se souviennent pas de ce que ça signifie, disons simplement qu’il s’agit d’un site internet – http://wwoofingargentina.com – qui met en relation des petites exploitations biologiques avec des voyageurs volontaires. Les premiers offrent gîte et couverts pour une période pouvant aller de deux semaines à un an ; les seconds travaillent un peu et apprennent beaucoup. Au Brésil, nous travaillions moins de 20 heures par semaine, ici on est plus près des 30 heures. À noter, ce système existe presque partout dans le monde…
2. D’ailleurs, notre «quartier» porte le nom évocateur de Entre Árboles
3. instrument proche de la guitare mais avec des cordes doublées

San Carlos de Bariloche : des montagnes, des roses et du chocolat

Bariloche, son lac et ses montagnes
Bariloche, son lac et ses montagnes

Nous arrivons à San Carlos de Bariloche, avec le souffle coupé. Nous avons traversé la Pampa de nuit et ce matin, nous découvrons un paysage de montagnes, de lacs, de forêt de pins. C’est notre première rencontre avec la Cordilière des Andes. Au début, j’ai l’impression d’être en Suisse, à Lausanne. Puis les souvenirs des fjords norvégiens me reviennent en tête. La paysage est magique. Denis m’interpelle à chaque découverte d’un lac ou d’un sommet encore plus haut que le précédent.

Sandrine et ses nouvelles lunettes, à la mode argentine
Sandrine et ses nouvelles lunettes, à la mode argentine

Nous passons quatre jours à Bariloche1)Dont le nom complet est San Carlos de Bariloche, chez Santiago et Rocio, nos hôtes ici. Ils sont occupés durant la journée mais nous partageons les soirées ensemble. Notre emploi du temps est bien rempli et nous avons plein de choses à faire avant notre prochaine étape. Par exemple, je dois me refaire faire une paire de lunettes de vue2)perdues lors du vol à l’arraché de notre sac à Buenos Aires, ce qui n’est pas une mince affaire.

2015-01-13_02-30-03Nous déambulons dans la ville, à la recherche d’endroits à visiter, comme la cathédrale, et on s’aperçoit rapidement qu’il y a des roses partout. C’est la première fois depuis que nous sommes en Argentine que nous voyons une ville aussi fleurie ; et en plus, les roses sont très parfumées. D’après nos hôtes, ce sont des fleurs faciles à cultiver dans la région du fait du climat. Eux ne s’en rendent plus compte et ils s’amusent de nos questions et de nos remarques sur la décoration florale de la ville et sur la beauté des paysages.

Devinette : selon vous, dans musée de Bariloche a été prise cette photo ?
Devinette : selon vous, dans musée de Bariloche a été prise cette photo ?

Nous visitons le musée de la Patagonie et celui du chocolat. c’est une première prise de contact avec ce qui sera notre environnement dans quelques semaines quand nous descendrons vers Ushuaïa. La faune et la flore sont  bien différentes de celles du nord du pays. Les paysages vont changer fortement et nous avons hâte d’y être. Dans le musée du chocolat, on apprend de nouveau des points d’histoire sur l’évolution des recettes du chocolat depuis sa découverte par les Mayas jusqu’à Mme de Pompadour ! Et pour couronner le tout, on a le droit à une dégustation de chocolat chaud… Savoureux !

Ascension du Cerro Campanario
Ascension du Cerro Campanario

Nos hôtes nous conseillent plusieurs randonnées. Le mercredi, on s’échauffe avec une montée un peu rude mais rapide, le Cerro Campanario. On découvre rapidement que le sol est surtout fait de sable gris qui s’infiltre partout et qui ne facilite pas l’ascension. De là-haut, la vue est saisissante. Il y a des lacs partout et on voit tout près de nous des sommets encore enneigés en été. Un vrai plaisir de retrouver un relief que nous n’avions pas vu depuis longtemps !

Cerro Catedral
Cerro Catedral

Le jeudi, on attaque fort avec une randonnée de sept heures (4 en montée et 3 pour la descente). On part pour le Cerro Catedral, avec un départ du village (1050 m) où il y a les remontées mécaniques, plutôt fréquentées par les skieurs en hiver. Notre objectif est le Refugio Frey (1700 m). Nous traversons différentes vallées et plus on monte, plus les paysages changent, plus la végétation se raréfie. On est tout de même accompagnés tout au long de la balade par des mouches agressives qui veulent notre peau, même au travers des vêtements3)Pour les connaisseurs, ce sont des taons…. On n’est pas tous seuls sur le chemin. Beaucoup de vacanciers argentins viennent ici et nous constatons, arrivés au refuge, que beaucoup sont montés avec tout le matériel pour camper.

Elle est vraiment pas chaude !
Elle est vraiment pas chaude !

Bien heureux d’être arrivés au sommet, on se jette à l’eau, dans un lac bien frais et étonnamment peu fréquenté, vu le monde qui s’est installé autour du refuge. Après des années de randonnées dans les Pyrénées4)spéciale dédicace à Jean-Philippe et Colette Hanneton, mes «parents d’été en montagne», avec lesquels j’ai découvert les joies de la rando dans les Pyrénées, il y a 22 ans, je sais qu’il ne faut pas redescendre d’une telle ascension sans se baigner. D’abord, ça remet tous les compteurs à zéro, le corps est vivifié et la descente se fait en gambadant ! Ensuite, on en a tellement bavé pour y arriver que ce serait une frustration extrême de ne pas profiter d’un tel moment de bien-être. Enfin, on adore ça !

Dégustation d'une bière artisanale avec Rocio et Santiago, nos hôtes.
Dégustation d’une bière artisanale avec Rocio et Santiago, nos hôtes.

Le dernier jour, on décide d’aller voir la Colonia suiza, à 30 kms de Bariloche. On n’y passe que quelques heures, histoire de voir quelques vieilles maisons et de se baigner dans le lac et on repart5)La faute à la compagnie de transports publiques, parmi les pires au monde pour ses temps d’attente record. Rien que pour le voyage d’aller, on a du attendre plus de 2h !. Nous sommes arrivés très tard sur les lieux à cause d’un temps d’attente du bus de plus de deux heures. La journée finit avec une sortie arrosée de bière artisanale avec Santiago et Rocio que nous quitterons demain matin.

La suite de notre voyage se poursuit à El Bolson, à la limite du Rio Negro et du Chubut, dans le nord de la Patagonie, où nous allons faire trois semaines de wwoofing… Nous vous laissons plein de photographies à regarder, pour que vous soyez bien occupés en attendant le prochain épisode.

Sandrine

References   [ + ]

1. Dont le nom complet est San Carlos de Bariloche
2. perdues lors du vol à l’arraché de notre sac à Buenos Aires
3. Pour les connaisseurs, ce sont des taons…
4. spéciale dédicace à Jean-Philippe et Colette Hanneton, mes «parents d’été en montagne», avec lesquels j’ai découvert les joies de la rando dans les Pyrénées, il y a 22 ans
5. La faute à la compagnie de transports publiques, parmi les pires au monde pour ses temps d’attente record. Rien que pour le voyage d’aller, on a du attendre plus de 2h !