Archives de catégorie : Argentine

Il était une fois dans la Pampa…

Des chevaux, quelques arbres, un lac... on est bien dans la Pampa !
Des chevaux, quelques arbres, un lac… on est bien dans la Pampa !

La Pampa, en France, on la connaît surtout de nom. Et notre imaginaire collectif y associe de vastes plaines vides traversées par des cavaliers tout droit sortis d’un western (mais parlant espagnol). Bon, eh bien… c’est pas tout à fait faux ! Au premier coup d’œil, c’est une région plate, avec de longues routes droites entourées de pâturages (principalement de l’élevage bovin) avec ici et là quelques arbres plus ou moins verts.

Maira, notre hôte, et les enfants de Maxi, son «novio»
Maria, notre hôte, et les enfants de Maxi, son «novio»

On pose nos sacs-à-dos quelques jours à Santa Rosa, capitale régionale de la Pampa. On est hébergé par Maria (et par son chat Monino, qui nous a laissé de ses poils blancs un peu partout dans nos affaires). Elle a des journées de travail qui ferait passer un prolo français pour un bourgeois mais trouve quand même le moyen de venir nous chercher à la gare routière à 6h30 du matin. De notre côté, on essaye de ne pas se coucher trop tôt le soir pour pouvoir discuter un peu avec elle à son retour du travail.

L'église de Santa Rosa
L’église de Santa Rosa

Au cours de ce court séjour, on n’a pas cessé de marcher, ce qui n’est pas pour nous déplaire. La ville de Santa Rosa est très étendue et la maison de Maria est située à environ deux kilomètres du centre-ville. N’importe, même sous une chaleur écrasante, on sort tous les jours pour visiter les environs. À commencer par le centre-ville, où on remarque une étrange église sur la place San Martín.

Curieux de découvrir la faune et la flore locale, on décide de passer notre samedi dans le parc Luro. Problème : c’est à 30km de la ville et les deux premiers bus de la journée sont à 6h30 (trop tôt) et 12h00 (trop tard). Moralité, on est bons pour faire du stop. Après l’Uruguay, on se sent rodés. Ça ne nous empêche pas de trouver le temps long en regardant les voitures passer sous notre nez sans s’arrêter pendant plus d’une heure.

Chemin à travers les caldenes
Chemin à travers les caldenes

Une fois sur place, on n’est pas déçus ! Le parc est situé dans un bosque de caldén, c’est à dire une sorte de forêt composée de petits arbres et d’arbustes poussant dans un sol sableux. L’arbre principal, le Caldén, ne se trouve qu’ici, dans la Pampa. Ses feuilles sont si petites qu’il donne l’impression de posséder des cheveux verts. Et un peu partout, on trouve des Sombras de Toro, petit arbuste aux feuilles en forme de losange.

2015-01-12_04-54-26Le dimanche soir, Maria nous emmène à Toay, chez Maxi, son novio1)fiancé, pour une soirée parrilla2)Sorte de barbecue où les viandes de la région sont mises à l’honneur. On en profite pour découvrir la ville. Ses rues sont extrêmement larges car Toay s’attendait à devenir la capitale de la Pampa, ce qui lui a finalement été refusé pour une histoire étrange de qualité de l’eau. Sur la place de la ville, on assiste à une répétition musicale de Murga : sorte de spectacle populaire satyrique chanté. Le lendemain, pendant que toute la petite compagnie se repose de la chaleur insolente (il fait plus de 34°C ici), je traverse la ville en quête de l’ancienne station de train. Car, oui, à une époque, il y avait un train qui reliait Buenos Aires à la Pampa.

Nous vivons ici nos derniers jours de forte chaleur. Nous nous dirigeons maintenant vers la Patagonie, où il fait tranquillement 10°C de moins…

Denis

References   [ + ]

1. fiancé
2. Sorte de barbecue où les viandes de la région sont mises à l’honneur

Pas de tango à Buenos Aires…

2015-01-08_04-22-33Nous arrivons de nouveau en Argentine en traversant un fleuve. Cette fois-ci, c’est en bateau et la traversée dure une grosse heure. Nous mettons pied à terre dans le Puerto Madero tardivement et nous allons directement chez Andrea, notre première hôte. Nous passerons le réveillon du 31 avec elle et son chat, Freddy, autour d’un délicieux dîner que nous préparons ensemble. Nous finissons la soirée sur la terrasse de l’immeuble à regarder les feux d’artifice tirés depuis les quartiers alentours. Ici, les festivités sont laissées à la charge des particuliers ou des quartiers s’ils sont organisés. Du coup, il y en a tellement qu’on ne sait plus où donner de la tête !

Dans le quartier Boedo
Dans le quartier Boedo

Les jours qui suivent, nous partons à la conquête de la ville. Nous visitons tout d’abord les quartiers Boedo et Once. Il y a réellement beaucoup de vestiges historiques, de très vieilles maisons coloniales. Dans Boedo, on croise une exposition permanente à l’air libre, tout le long des trottoirs de l’avenue du même nom. On croise des places arborées assez souvent ; et on découvre une statue du libérateur Simon Bolivar par ci, des statues d’inspiration grecque par là.

Église San Francisco, quartier San Telmo
Église San Francisco, quartier San Telmo

Dans San Telmo, nous remontons une des plus vieilles rues de la ville le long de laquelle nous découvrons églises (fermées, hélas !), passages couverts, placette arborée recouverte de stands artisanaux et même la plus étroite maison de Buenos Aires, la Casa Minima, offerte par un maître à un couple de ses esclaves libérés. Dans le quartier de Montserrat, nous visitons un ancien îlot urbain, la Mazana de las Luces, composé de l’église San Ignacio, la plus ancienne de la capitale, du Colegio San Ignacio et d’un vieux cloître. Nous visitons le Museo Historico Nacional ; c’est ici que nous apprenons que beaucoup d’officiers français, comme de Liniers ou Hippolyte de Bouchard, ont participé à la guerre d’indépendance de l’Argentine, en 1810, et à d’autres batailles comme celle de San Lorenzo.

Sur la Plaza de Mayo
Sur la Plaza de Mayo

Nous flânons également sur la Plaza de Mayo autour de laquelle se trouvent plusieurs bâtiments officiels, notamment la Casa Rosada, siège du pouvoir, et le Cabildo, ancienne mairie de la ville de sa création en 1580 à 1821. Nous découvrons également la Catedral et le Mausolée dédié à San Martin, le libérateur des Provinces unies du Rio de La Plata1)Pour l’anecdote, San Martin finît ses jours à Boulogne sur Mer, en France..

Cette place est centrale et nous y venons très souvent. Un jour, en revenant d’une promenade aux alentours, nous découvrons une certaine animation sur la place. Rapidement, nous comprenons qu’il s’agit du départ du Dakkar2)Mais si, vous savez, «cinq cents connards sur la ligne de départ, cinq cent blaireaux sur leur moto.». Nous fuyons alors à grandes enjambées.

Noelia et Diego
Noelia et Diego

Un dimanche, nous prenons le train avec Diego et Noelia, nos derniers hôtes sur Buenos Aires, pour aller dans leur ville natale, La Plata. Par une belle journée de soleil, nous découvrons une très belle ville dont la cathédrale, magnifiquement mise en valeur au milieu d’une place immense, n’a rien à envier à Notre Dame. Eh oui ! C’est une journée au vert, fort agréable. L’après-midi, nous prenons le maté assis dans un parc, devant le Museo de Ciencias Naturales et nous déambulons dans les rues à la découverte de vestiges coloniaux, tous plus étonnants les uns que les autres.

Dans le Jardín Botánico
Dans le Jardín Botánico

Nous finissons nos découvertes de la ville par le Jardin botánico qui présente des essences du monde entiers. C’est dans le quartier de Palermo, où nous séjournons chez Noelia et Diego. Le coin est très vert et bien agréable. Nous en profitons aussi pour partager de nombreux moments avec nos hôtes cinéphiles et fins gourmets, devant un bon repas ou un bon film. Recoleta est le dernier quartier que nous découvrons, encore plus vert que les autres, avec ses places thématiques aux noms de différents pays.

Ah oui ! On y a passé du temps dans le métro porteño !
Ah oui ! On y a passé du temps dans le métro porteño !

Étrangement, à Buenos Aires, nous n’avons pas pu faire de tourisme autant que nous aurions voulu. Sur dix jours, finalement nous n’avons vraiment utilisé que trois jours entiers de visite. Nous avons perdu du temps car dès notre arrivée en ville tous les services publiques étaient fermés du 31 au 4 janvier, pour cause de fêtes de fin d’année. Ensuite, le lundi 5, nous avons passé la journée aux Correos internacionales pour récupérer un colis ; ce qui fut une certaine expérience de l’administration argentine. Le sur-lendemain, il a plu toute la journée et les musées du coin étaient fermés. Pour finir, nous avons passé le jeudi après-midi dans un commissariat pour porter plainte suite à une agression dans la rue qui nous a coûté notre sac… Sac qui contenait peu de choses heureusement : mes lunettes de vue (emmerdant), le portable et l’appareil photo avec les photos du jour (c’est-à-dire, celles du quartier de la Boca, que vous ne verrez donc pas…). Finalement, nous n’avons pas fait le Museo Gardel et pour assister à une Milonga3)Bal dans lequel on danse le tango, il faudra revenir…

Église San Francisco (détail), quartier San Telmo
Église San Francisco (détail), quartier San Telmo

Comme le tango, danse d’improvisation, au sens où les pas ne sont pas prévus à l’avance, la ville a mené la danse avec nous pendant ces dix jours, et a distillé ses contre-temps au fur et à mesure de notre séjour. Nous quittons la ville un peu tristes de ne pas avoir pu tout visiter et de quitter des hôtes sympathiques. Et tristes aussi du coup infligé à la liberté d’expression, en ce début d’année 20154)Oui, nous aussi nous sommes Charlie. Mais nous quittons aussi Buenos Aires heureux de nos rencontres, de nos découvertes et des étapes à venir…

Sandrine

References   [ + ]

1. Pour l’anecdote, San Martin finît ses jours à Boulogne sur Mer, en France.
2. Mais si, vous savez, «cinq cents connards sur la ligne de départ, cinq cent blaireaux sur leur moto.»
3. Bal dans lequel on danse le tango
4. Oui, nous aussi nous sommes Charlie

Concordia/Salto : flâneries autour du Río Uruguay

Un pied dans le Rio Uruguay ?
Un pied dans le Río Uruguay ?

Deux villes face à face, séparées par un fleuve, séparées par une frontière : Concordia du côté Argentin, Salto du côté Uruguayen. Un peu comme quand on est passés du Brésil au Paraguay. Ou du Paraguay à l’Argentine. Bref, on commence à connaître. Pourtant, on a encore des choses à vous raconter !

Statue du Petit Prince dans le parc San Carlos, Concordia
Statue du Petit Prince dans le parc San Carlos, Concordia

D’abord, on a jamais été autant au sud. Du fait que l’été approche, les températures augmentent. Le thermomètre annonce régulièrement 38°C en milieu d’après-midi. Bon, on nous avait prévenus. N’empêche, on transpire. Et puis, de temps en temps, un orage violent s’annonce, le vent se lève, il pleut violemment et la température redescend à moins de 25°C. C’est un peu ce qu’on a connu à Concordia alors que nous visitions le jardin botanique du parc San Carlos. Étrange parc d’ailleurs, dans lequel l’avion de Saint-Exupéry1)D’ailleurs, dans son roman «La Terre des Hommes», dans le chapitre «Oasis», il parle de Concordia ! s’est posé au siècle dernier, en quête de nouveaux marchés postaux. Et où on trouve aussi un magnifique château en ruines.

Façades à Salto, Uruguay
Façades à Salto, Uruguay

Les deux villes en elles-mêmes sont assez belles. Toujours ces places bien vertes et ces façades de maisons du XIXème siècle, élégantes et bien conservées. Petit à petit, on se rapproche du type de tourisme auquel on était habitué en Europe. Ici, même les moustiques semblent timides, c’est dire ! En plus, pour ces deux étapes, on est en hôtel, ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps. Histoire de se confirmer que, décidément, on préfère le couchsurfing ou les hostels

Baignade dans le Rio Uruguay
Baignade dans le Río Uruguay

Bien sûr, qui dit rivière, dit baignade. Je me suis donc baigné dans le Río Uruguay (côté argentin) ! À cet endroit, je suis le seul à me jeter à l’eau. Les passants me regardent batifoler, légèrement déconcertés. On se prend à repenser au port de Concepción, au Paraguay, où toute la ville se donnait rendez-vous chaque soir pour une grande baignade collective. Autre pays, autres mœurs.

Passage de frontière dans une lancha
Passage de frontière dans une lancha

Autre fait marquant de cette étape : nous avons souhaité traverser la frontière en bateau ! Ça aurait pu être simple, si ce lundi n’avait pas été un jour férié en Argentine. Heureusement, ce n’est pas le cas de l’autre côté du fleuve et on profite du passage d’une navette pour embarquer !

Et maintenant, en route pour Montevideo, la capitale de l’Uruguay !

Denis

References   [ + ]

1. D’ailleurs, dans son roman «La Terre des Hommes», dans le chapitre «Oasis», il parle de Concordia !

Première étape en Argentine : luxe, calme et volupté !

L’Argentine est le troisième pays que nous traversons. En quittant le Paraguay, nous pensions arriver rapidement en Uruguay en faisant quelques sauts de puce argentins jusqu’à la frontière. Vous allez voir que ce fut bien plus riche que nous ne le pensions !

Sur le Puente Internacional
Sur le Puente Internacional : interdit de circuler à pied … la tête à l’envers !

Tout d’abord, nous quittons Encarnación, Paraguay, en prenant le Puente Internacional qui rejoint Posadas, la ville argentine située de l’autre côté du Rio Paraná. Nous savons qu’il est interdit de le traverser à pied ; mais à mi-parcours, le chauffeur de bus ouvre les portes pour permettre à ceux qui le désirent de finir la traversée à pied. Quel bonheur de pouvoir passer cette frontière en prenant notre temps. Nous savourons les moindres instants sur ce pont, d’autant plus que le soleil est en train de se coucher sur le fleuve.

A Posadas, nous allons nous installer dans un hostel de la ville. Avant toute chose, nous nous connectons à Internet et l’on apprend que finalement nous sommes attendus chez Teresa et Carlos. Du coup, on ne dort pas à l’hostel et on se retrouve hébergés dans une des plus belles villas du centre ville.

Avec Teresa y Carlos, nos hôtes à Posadas
Avec Teresa y Carlos, nos hôtes à Posadas

Nous avons passé quatre jours délicieux dans un confort jusqu’alors jamais égalé. Teresa et Carlos nous ont initié à la gastronomie argentine ainsi qu’à son vin. Nous avons dégusté une viande de bœuf délicieuse, un bifé chorizo, une entrecôte de 4 cm d’épaisseur, sans os et très peu grasse, et un très bon Malbec de Mendoza. À leur demande, nous leur faisons découvrir le steak tartare. Depuis notre départ de la France, c’est la première fois que nous mangeons de la très bonne viande. Ces deux expériences nous confirme que le bonne réputation de la viande argentine est bien fondée.

Place Bolivar à Posadas
Place Bolivar à Posadas

Posadas possède un centre historique dans lequel il y a quelques bâtisses bien sauvegardées. Nous croisons l’ancienne gare Ferro-carril, restaurée en Maison de la culture où nous visitons une exposition sur la culture Mbya, une communauté guarani de cette partie de l’état de Misiones. Il y a des vestiges de ruines jésuitiques de ci, de là, et les musées qui nous intéressent sont fermés pour travaux. Qu’à cela ne tienne, nous allons nous baigner dans le Rio Paraná, côté argentin, cette fois-ci, et nous profitons à fond de la piscine de la maison.

Plaza Belgrano à Curuzú Cuatiá
Plaza Belgrano à Curuzú Cuatiá

Au moment où nous quittons Posadas, il y a de l’orage depuis deux jours. Nous rejoignons la ville de Curuzá Cuatiá, sur la route vers l’Uruguay. À plusieurs reprises, en regardant le paysage à travers le rideau de pluie, nous avons l’impression de nous retrouver au Pays de Galles, tellement la végétation a changé et tellement la température a baissé. Aux grandes étendues de prés inondés, dans lesquels paissent les bêtes, succèdent de vastes forêts. Nous atteignons même les 24° en arrivant chez Fernando, notre hôte. Là encore, nous sommes hébergés chez l’habitant. Nous visitons cette petite ville assez rapidement, il y a peu de choses à voir. Une caractéristique cependant à noter, le nombre important de parcs arborés, un peu partout, ce qui donne à Curuzú Cuatiá un air de campagne très agréable.

Parc Martin Fierro, avec Fernando, notre hôte, et Lelia.
Parc Martin Fierro, avec Fernando, notre hôte, et Lelia.

Nous passons cinq jours extraordinaires. Tout d’abord, Fernando a beaucoup d’humour. Même en castellano, nous comprenons ses blagues. Les repas de famille se suivent et ne se ressemblent pas pour autant. Nous ferons un asado1)barbecue dans le jardin, chez Fernando,  et la veille de notre départ, nous cuisinerons pour dix personnes un plat français, un ragoût de porc sauce au vin.

On nous demande de pousser la chansonnette, que ce soit après le repas ou avant, quand tout le monde partage le maté, assis sur le trottoir devant la maison. Que d’émotions ! Nous faisons pleurer une partie de notre auditoire, sans doute peu habitué à ce genre de cadeau.

On est dans le journal ! Cliquez pour zoomer.
On est dans le journal ! Cliquez pour zoomer.

Un soir, Fernando nous met en contact avec une professeure de français qui nous reçoit lors de son cours, pour que nous rencontrions ses élèves. Nous sommes généreusement accueillis et nous échangeons pendant deux heures sur notre voyage et sur notre vie en France. Une expérience linguistique en français éminemment sympathique. Un journaliste d’une publication régionale nous a même interviewés !

Ces neufs jours argentins ont réellement été synonymes de générosité, de convivialité, de rencontres, de joies, de partage et d’entraide. Nous ne sommes pas prêts d’oublier tous ces moments, ni les personnes avec lesquelles nous les avons vécus.

Sandrine

PS : En Argentine, nous avons rencontrés des problèmes avec nos cartes bleues, pas du tout reconnues dans les distributeurs des banques argentines (ce qui ne fut pas le cas des banques d’autres nationalités), ni dans certains magasins. C’est grâce au système D et à l’aide des gens rencontrés que nous avons finalement pu finir cette étape sans souci…

References   [ + ]

1. barbecue