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Obrigado Brasil !

2014-11-03_13-09-36C’est ici, à Foz do Iguaçu, que s’achève la partie brésilienne de notre voyage1)Le visa touristique ne nous permet de rester que 90 jours et il ne peut être renouvelé qu’après avoir passé 90 jours hors du pays.. Nous y découvrons l’une des sept merveilles du monde actuel : les fameuses cataractes de Foz do Iguaçu. L’endroit est stupéfiant et dégage une puissance hors norme. Que d’eau ! Pour nous qui sommes devenus de grands amateurs de cascades au Brésil, on ne pouvait pas trouver meilleur bouquet final !

Quatis, vus dans le Parque nacional Foz do Iguaçu
Quatis, vus dans le Parque nacional Foz do Iguaçu

Nous ne sommes pas les seuls à visiter cet endroit, bien évidemment. Cependant, nous en profitons pleinement, admirant les chutes certes mais aussi de nombreuses espèces de papillons que nous n’avons encore jamais vues, des animaux sauvages comme le quati qui fouillent les sacs des promeneurs ou les poubelles, à la recherche de nourriture.

2014-11-03_14-55-13À côté du parc national des chutes d’Iguaçu, se trouve le Parque das Aves où sont réunis des milliers d’espèces d’oiseaux, essentiellement du continent sud américain. Nous y passons tout l’après-midi car, ici, les visiteurs peuvent entrer dans certaines cages. Épatant, non ? Les toucans et les aras sont l’attraction principale ; il y a aussi de magnifiques ibis rouges et une volière de papillons féeriques.

De gauche à droite : Denis, Ana-Maria, Sandrine, Talita et Fabio
De gauche à droite : Denis, Ana-Maria, Sandrine, Talita et Fabio

Pendant ces quatre jours, nous avons aussi participé, pour la première fois, à une rencontre «couchsurfing»2)Mais si ! Souvenez-vous ! C’est cette pratique qui consiste à être directement hébergé chez l’habitant ! D’ailleurs, si vous avez un canapé inoccupé chez vous et que vous avez envie d’y voir dormir des gens venant de l’autre côté de la planète, il n’est pas trop tard pour vous inscrire avec Fabio, notre hôte, en grand maître organisateur, pendant laquelle nous avons rencontré Ana Maria, de Colombie, et Talita, du Brésil. Ensemble, nous avons visité quelques lieux intéressants de la ville : le Ponto das Tres Fronteras, la mosquée et le temple bouddhiste. Nous avons aussi beaucoup échangé sur nos cultures, avec de belles rigolades à la clé !

Infidélité à la chorale Auberbabel ?...
Infidélité à la chorale Auberbabel ?…

Et ici, pour la première fois depuis notre départ, nous avons pu assister à une répétition d’une chorale locale, dans laquelle chante Maria, la mère de notre hôte. C’est une chorale toute jeune (quelques mois), qui chantent des chants populaires du Brésil. Les moments de discussion nous ont rappelé les épisodes typiques des chorales, comme le choix de la tenue de concert ou ce que chacun peut apporter à grignoter pour le pot de fin de concert… Ils nous ont gentiment demandé de chanter3)Nous avons chanté Calon Lân et Belle qui tiens ma vie, pour ceux qui veulent savoir. et nous avons tenu bon, malgré le tract.

Même si nous quittons le Brésil physiquement, il restera dans notre tête des personnes inoubliables et tous les moments vécus ensemble. Ainsi tenons nous à remercier toutes les personnes que nous avons connues au Brésil, et notamment celles qui nous ont hébergé :

  • Cristina et sa bande à Brasilia – Luis, André et Diego – sans qui nous ne serions pas allés dans le Goias, à São Jorge et Alto Paraiso, ni dans le Minas Gerais,
  • Elis et sa famille à Belo Horizonte qui nous ont offert la meilleure feijoada du monde, une feijoada végétarienne,
  • Éric et Marc-Antoine et tous les étudiants en agroécologie, à Rio Pomba, de vrais amis, qui nous ont ouvert un nouvel horizon, celui de l’agro-écologie,
  • Anderson, Rafael, Dario (et Cafuné, remarquable chat à trois pâtes 🙂 ) à Rio de Janeiro qui nous ont fait découvrir la ville loin des sentiers battus,
  • Bruno, Mariana (et Catarina) à São Paulo qui nous ont été d’une grande aide, quand nous avons traversé des moments difficiles ; Nina et Francisco avec lesquels nous avons beaucoup parlé de la France,
  • Manu et Mônica à Ponta Grossa, un couple franco-brésilien très engagé dans l’écologie et qui nous a fait rencontré Caetano et Boris à Curitiba grâce auxquels nous avons découvert les joies de l’éco-construction,
  • Fabio à Foz do Iguaçu, qui nous a fait passer d’excellents moments en compagnie de Talita, Ana Maria et Maria (sa mère), dans la chorale de laquelle nous sommes allés chanter.

À tous et toutes, encore une fois merci ! Nous espérons de tout cœur croiser votre chemin de nouveau, ici ou ailleurs.

Sandrine et Denis

PS : Et maintenant, en route vers le Paraguay !

References   [ + ]

1. Le visa touristique ne nous permet de rester que 90 jours et il ne peut être renouvelé qu’après avoir passé 90 jours hors du pays.
2. Mais si ! Souvenez-vous ! C’est cette pratique qui consiste à être directement hébergé chez l’habitant ! D’ailleurs, si vous avez un canapé inoccupé chez vous et que vous avez envie d’y voir dormir des gens venant de l’autre côté de la planète, il n’est pas trop tard pour vous inscrire
3. Nous avons chanté Calon Lân et Belle qui tiens ma vie, pour ceux qui veulent savoir.

Dans le Paraná, retour à la terre

Vue de Ponta Grossa depuis un de ses parcs
Vue de Ponta Grossa depuis un de ses parcs

Après Rio de Janeiro et São Paulo, qui sont tout de même les deux plus grandes villes du pays, nous avions envie de revenir à un tourisme à dimension plus humaine, plus modeste. Un peu au hasard, c’est vrai, nous avons débarqué à Ponta Grossa. Il s’agit d’une ville de province1)Ici au Brésil, province se dit interior., possédant quelques richesses touristiques, un centre-ville agréable et des quartiers résidentiels où vient s’entasser la nouvelle classe moyenne brésilienne, qui rêve de copropriété pavillonnaire avec gardien, caméras et plates-bandes de gazon.

Énigmatique tasse, vue dans le parc Vila Velha
Énigmatique tasse, vue dans le parc Vila Velha

Nous visitons le centre-ville soigneusement. Là une belle maison construite par une riche famille allemande au XVIIIème siècle, ici une cathédrale du XXème siècle en forme de paon, traversée d’une mystérieuse lumière bleue. Nous entrons dans des musées qui relèvent plus du magasin d’antiquité, sans pour autant être dénués de charme. Mais à Ponta Grossa, on nous recommande surtout d’aller nous promener dans le parc de la Vila Velha 2)«Vieille ville», où d’énigmatiques concrétions rocheuses surplombent des petits chemins coquets.

Mônica et Manu, nos hôtes
Mônica et Manu, nos hôtes

Soyons francs, il n’y a pas de quoi rester là toute une semaine. Et pourtant, il ne s’agit pas du tout d’une étape mineure de notre voyage, bien au contraire ! Car ici nous sommes hébergés par Manu et Mônica, un couple franco-brésilien qui a bien des choses à nous apprendre ! Ils se sont rencontrés au Brésil, ont habité quelques temps en France, puis sont revenus s’installer au Brésil. Mônica est psychologue et Manu est un agronome ardent défenseur des cultures sans agro-toxiques et des semences paysannes.

Sandrine et Mônica, pisando
Sandrine et Mônica, «pisando»

Dès le lendemain de notre arrivée, ils nous emmènent à Curitiba, où nous retrouvons Caetano, un ami du couple, et Boris, le frère de Manu. L’occupation principale du week-end consistera à aider Caetano à construire sa maison en terre. Et nous voilà les pieds dans un mélange de terre, de sable, de paille et d’eau, à préparer une pâte qui sert à la fois de brique et de ciment. L’entreprise est homérique et notre contribution a une dimension quasi-lilliputienne devant l’ampleur de ce qui a été fait et de ce qui reste à faire. Peu importe, nous sommes très fiers de notre humble contribution. Les conversations dans lesquelles les quatre amis nous entraînent sont d’une richesse et d’une profondeur étourdissantes. Notons au passage que, juste avant de partir, le dimanche, nous avons eu le droit à une vraie soirée électorale. Les yeux rivés sur l’ordinateur, tout le monde commente les résultats avec passion3)En gros, à l’issue des élections générales, la droite est majoritaire dans presque toutes les instances du pays : sénat, assemblée nationale, direction des états. Mais le PT (Parti des travailleurs) sauve la mise en conservant la présidence : Dilma est réélue avec une très courte avance au deuxième tour..

Encore une cascade !
Encore une cascade !

De retour à Ponta Grossa, Mônica et Manu nous présentent d’autres amis et nous pic-niquons dans un parc naturel comme le Brésil sait si bien les faire, avec bain de cascade à la clef ! À la nuit tombée, on nous invite à chanter et nous acceptons avec plaisir. Rapidement, il n’y aura plus que la Lune et les lucioles pour nous éclairer.

Dans le champ de maïs d'Adam
Dans le champ de maïs d’Adam

Le lendemain, Manu nous emmène avec lui dans une tournée d’agriculteurs de la région avec lesquels il travaille. Le matin, nous nous retrouvons dans le champ d’un certain Adam, à démarier du maïs. Adam est un agriculteur d’une cinquantaine d’années, qui s’est mis récemment à la culture bio, après avoir connu les pires excès de la culture et de l’élevage «modernes». Avec l’aide de sa femme et de ses fils, il cultive une surface qui nous paraît immense et dans laquelle il mélange les cultures (maïs, feijões, tabac, céréales, pommes de terre, etc.). Et là, tout le désherbage est effectué mécaniquement, avec l’aide … d’un cheval ! Manu en profite pour nous faire un petit cours sur la différence entre grain et semence et sur l’intérêt des semences paysannes4)Il faut quand même dire qu’on est dans un pays où la quasi totalité du maïs cultivé est OGM…. Le midi, pour nous remercier, Adam et sa famille nous offrent le repas. Presque tout ce qui nous est servi vient de leur exploitation (y compris le porc). On se régale et on repense à notre expérience de wwoofing à Rio Pomba (dans le Minas Gerais).

Manu et Nilce, dans l'une de ses serres
Manu et Nilce, dans l’une de ses serres

L’après-midi, on se rend chez un autre couple d’exploitants agricoles bio. On admire les grandes serres remplies de fraises ou de salade et on découvre l’intérêt de la culture en courbes de niveau. Et là, on nous offre deux pots de conserve de cornichons ! L’un de ces pots finira d’ailleurs dans une salade russe (recette apprise lors d’un repas linguistique Auberbabel).

Notre visa touristique arrivant à terme, nous nous dirigeons maintenant vers notre dernière étape brésilienne avant de quitter le pays. Et cette étape a un nom mythique : Foz do Iguaçu !

Denis

References   [ + ]

1. Ici au Brésil, province se dit interior.
2. «Vieille ville»
3. En gros, à l’issue des élections générales, la droite est majoritaire dans presque toutes les instances du pays : sénat, assemblée nationale, direction des états. Mais le PT (Parti des travailleurs) sauve la mise en conservant la présidence : Dilma est réélue avec une très courte avance au deuxième tour.
4. Il faut quand même dire qu’on est dans un pays où la quasi totalité du maïs cultivé est OGM…

São Paulo, Mégalopolis

2014-10-17_12-30-46Quand on approche de São Paulo, on sent tout de suite qu’on approche d’une ville tentaculaire, immense et riche. Une demie heure avant notre arrivée, on croise déjà de grosses industries internationales, installées en grande périphérie,  avec la ville dortoir qui va bien avec, juste à côté. D’ailleurs, il semblerait que Peugeot se porte à merveille au Brésil, puisqu’ils ouvrent ici un nouveau site de montage1)Peugeot est par ailleurs le sponsor officiel de l’équipe de foot carioca Flamengo, alors qu’ils ont licencié environ huit mille travailleurs à Aulnay-sous-Bois, Seine Saint Denis, en 2013. Peugeot affiche aussi le mot “Paris” sur ses boutiques concessionnaires pour leur donner une touche française chic à laquelle les brésiliens, fans d’automobiles, sont sensibles. Question automobile et conduite, nous sommes tout de même agréablement surpris par le civisme ambiant ; contrairement aux autres villes brésiliennes, ici on fait attention au piéton.

2014-10-15_08-59-42
Cathédrale da Sé

São Paulo est une ville très occidentalisée qui ne nous apporte pas le dépaysement des autres cités. On a l’impression d’être à la maison, on mange italien – Bruno et Mariana, nos premiers hôtes nous conseillent fortement les pizzas de São Paulo qui sont réputées bonnes et elles le sont effectivement2)une forte communauté italienne est implantée ici – on mange japonais – sans la soupe miso ni les crudités mais avec le rodízio3)service à volonté, très répandu dans cette partie du pays. Paradoxalement, c’est aussi une des villes dont l’aspect général est le moins avenant : du gris, des immeubles sans grâce et des dimensions inhumaines. Heureusement, dans le détail, on trouve de jolies constructions.

2014-10-21_14-34-18On profite des excellents musées de la ville : le MASP dans lequel on a admiré des Van Gogh, Renoir, Bosch, Delacroix, Poussin, Le Greco, Picasso, Matisse, etc., et le musée de la langue portugaise qui nous a appris beaucoup sur la colonisation du Brésil par les européens. On a pu y lire des témoignages d’indigènes discutant avec les colons pour comprendre pourquoi ils voulaient tant de bois, tant de métaux, tant de pierres précieuses ; des échanges précieux qui sont tellement d’actualité, en 2014. Je cite le chef indigène qui répond au riche français : «Na verdade, vocês, europeus, sāo grandes loucos. Vocês se sacrificam tanto para amontoar riquezas para seus filhos ! Nós, aquí, estamos certos de que a terra que nos alimentou alimentará também nossos filhos. Por isso descansamos sem maíores preocupaçōes.»4)En vérité, vous, européens, vous êtes de grands fous. Vous vous sacrifiez pour amasser des richesses pour vos fils ! Nous, ici, nous savons que la terre qui nous alimente alimentera aussi nos fils. C’est pour cela que nous nous reposons, sans trop nous préoccuper. Il n’aurait pas pu dire mieux ce que je pense depuis trop longtemps. Décidément, il faut vraiment que l’on se mette au jardinage quand on se réinstallera 😉

Ce qui est bien aussi avec São Paulo, ce sont ses hôpitaux publics. Ils sont modernes et gratuits. Évidemment, nous n’avons pas pu nous résoudre à quitter la ville sans y jeter un petit coup d’œil. Et grâce à quelques petits calculs rénaux, on m’a ouvert grand les portes. Mais, comme dirait Alain, il ne faut pas confondre « tourisme hospitalier et hospitalité touristique ».

Le voyez-vous, le singe ?
Oui, il y a un singe dans cette  photo !

D’ailleurs, en bons touristes, nous sommes entrés dans quelques églises et monuments architecturaux modernes. Nina et Francisco, nos derniers hôtes, nous ont conseillé  le jardin botanique. Nous y sommes allés et nous y avons trouvé un peu de verdure et quelques singes. Épisode exotique et merveilleux ; on était de vrais gamins à les regarder aller de branches en branches, à la cime des arbres. La liberté à l’état pur.

Dans le musée de ce jardin, j’ai appris que le nom du pays “Brésil” venait du nom d’un arbre, découvert par les colons et que l’on trouvait en abondance, le Pau-brasil ou Ibira-pitanga en tupi-guarani, qui signifie “arbre rouge” car il s’oxyde quand on le coupe et devient rouge. Il donne alors un pigment rouge très utilisé.

Cathédrale da Sé (oui, encore)
Cathédrale da Sé (oui, encore)

Nous quittons São Paulo satisfaits, tout d’abord parce qu’on y a vécu des aventures inattendues, on y a rencontré des gens super sympa, on a poussé la chansonnette pour une petite fille de 5 mois, Catarina, on y a fait de la pizza et on a goûté au fameux sandwich Bauru (voir photo dans la galerie). Mais nous avons aussi constaté une grande pauvreté à la périphérie, bien cachée des regards des touristes, quand nous sommes allés, à pied, jusqu’au Jardim Botánico ou quand nous avons dû retourner à l’hôpital de Guarulhos5)Dans la banlieue de São Paulo par les transports en commun.

Ainsi donc s’achève l’épisode pauliste. Nous quittons la “terra da garoa”6)la terre de la bruine pour une ville du Paraná, sur la route des “grandes eaux”7)iguaçu qui signifie en tupi-guarani i : eau et kuasu : grand, littéralement grandes eaux

Sandrine

References   [ + ]

1. Peugeot est par ailleurs le sponsor officiel de l’équipe de foot carioca Flamengo
2. une forte communauté italienne est implantée ici
3. service à volonté, très répandu dans cette partie du pays
4. En vérité, vous, européens, vous êtes de grands fous. Vous vous sacrifiez pour amasser des richesses pour vos fils ! Nous, ici, nous savons que la terre qui nous alimente alimentera aussi nos fils. C’est pour cela que nous nous reposons, sans trop nous préoccuper.
5. Dans la banlieue de São Paulo
6. la terre de la bruine
7. iguaçu qui signifie en tupi-guarani i : eau et kuasu : grand, littéralement grandes eaux

Rio de Janeiro, ville vertigineuse !

2014-10-05_10-38-01Décidément, il semblerait que les richesses de ce pays soient inépuisables ! Ça va faire deux mois qu’on voyage à travers le Brésil et on a déjà vu plusieurs grandes villes : Belem, Brasília et Belo Horizonte. Et pourtant, le pays continue à nous surprendre, y compris ici à Rio de Janeiro, ville que tous les européens connaissent forcément un peu, même sans y être jamais allé. Un coup d’œil sur la carte qu’on nous remet à la rodoviária et on y découvre plein de noms très connus : Copacabana, Ipanema, Cordovado, Pão de Açucar, Maracanã… Mais ça n’est pas pour autant qu’on est en terrain connu, bien au contraire !

Vue depuis l'hostel Rio Maravilha
Vue depuis l’hostel Rio Maravilha

D’abord, on a eu beaucoup de mal à trouver des hôtes qui nous reçoivent en Couchsurfing. On commence donc par passer deux nuits dans un hostel du quartier Santo Cristo. Visiblement, il s’agit d’un quartier pauvre de la ville et, en dehors de cet hostel, rien ne semble être prévu pour y recevoir des touristes : on est loin de tout, des commerces, des bus, du métro, des sites touristiques de la ville. On en profite pour se reposer un peu, cuisiner1)C’est tout l’intérêt de séjourner en hostel : il y a une cuisine à disposition ! et flâner dans le quartier. Les rues y sont assez escarpées et on a d’assez belles vues sur le port de Rio.

2014-10-05_15-49-20Dimanche, c’est le premier tour des élections générales. Les brésiliens doivent voter pour choisir leur président, leurs députés, leurs sénateurs et leurs gouverneurs. Les rues sont pleines de pancartes assez laides à l’effigie des candidats, des tracts s’entassent sur les trottoirs et de temps en temps on croise une voiture décorée, avec drapeaux et sono… Effet secondaire de ce jour de vote : tout est fermé ! Les rues sont vides, les bibliothèques et les musées sont fermés (même ceux qui sont censés être ouverts le dimanche). On a même du mal à trouver à manger, ce qui est très rare au Brésil ! Qu’à cela ne tienne, on se promène à travers le centre-ville historique, on entre dans une petite église magnifique (Igreja Nossa Signora do Carmo da Antiga Sé), on croise l’étrange monument aux morts de la 2nde guerre mondiale et on traverse le parc Brigadeiro Eduardo Gomes jusqu’à la plage do Flamingo2)plage du flamand rose. On s’y trempe les pieds, n’ayant pas emmené nos serviettes et nos maillots. Au cours de cette promenade, on a l’occasion d’entrevoir les montagnes qui entourent Rio, dont celle du Corcovado et celle du Pain de Sucre. La ville semble alors bien modeste, en comparaison de ces édifices naturels vertigineux !

Anderson, notre premier hôte à Rio de Janeiro
Anderson, notre premier hôte à Rio de Janeiro

Le lundi, on rencontre Anderson, notre premier hôte en couchsurfing. C’est un étudiant en relations internationales. Il a commencé à étudier le français mais nous échangeons en portugais. Il habite Rio depuis peu de temps et ne connaît pas encore les musées de la ville, ni le Corcovado, qu’il découvrira donc avec nous ! Mais là où Anderson a été très précieux, c’est dans ses idées de sortie nocturne ! Le premier soir, il nous emmène place Mauá pour nous faire découvrir des groupes de musiciens qui jouent dans la rue : samba et pagode. Le lieu est symbolique puisque c’est dans ce quartier que la samba a vu le jour ! Le deuxième soir, il nous emmène à un bal où on danse le forró. Faute d’initiation, Sandrine et moi tentons quelques pas maladroits sur la piste de danse. L’intérêt réside plutôt dans la musique (excellente) et les danseurs (prodigieux !).

Plage d'Ipanema
Plage d’Ipanema

Le mercredi, on change d’hôte et de quartier. Cette fois-ci, c’est un professeur d’histoire, Rafael, qui nous reçoit. Il parle un assez bon français, qu’il a appris à l’Alliance Française. Nous avons de longues discussions sur tout un tas de sujet : la politique, la gastronomie française, l’histoire du Brésil, la musique… Avec lui, nous flânons le long de la plage Copacabana, dont vous n’aurez pas de photos, notre appareil étant resté chez Rafael… Sachez simplement qu’elle ressemble un peu à ces grandes plages méditerranéennes, entourées d’immeubles et d’hôtels luxueux. Honnêtement, l’intérêt est limité, et je ne dis pas ça par snobisme ! À Rio même, il y a des plages plus intéressantes, comme celle d’Ipanema, très animée et d’où on voit deux montagnes de formes surprenantes.

Rails désaffectés du Bonde, ex-tramway du quartier Santa-Teresa
Rails désaffectés du Bonde, ex-tramway du quartier Santa-Teresa

Rafael nous apprend que les horaires à Rio peuvent être très souples. «Le retard est une institution nationale» nous dit-il. Exemple : le samedi, il a invité un de ses amis, Dário, pour déjeuner puis visiter le quartier Santa-Teresa ensuite. En réalité, le déjeuner a lieu à 17h00 passés et la promenade commence à … 22h00. Retour à l’appartement : 3h00 du matin. N’empêche, on garde un excellent souvenir de cette journée, la qualité de la conversation des deux amis n’y était pas pour rien !

Rafael et Dário, aux fourneaux
Rafael et Dário, aux fourneaux

Rapidement, une certaine familiarité avec la ville s’installe en nous. On circule en bus et en métro ; on fréquente les plages de la ville ; on se promène dans les rues animées. Petit-à-petit, nous nous transformons en vrais cariocas3)habitants de Rio de Janeiro. Rafael nous apprend les us et coutumes de la population – et même quelques grossièretés d’usage… Pour finir ce séjour en beauté, il nous fallait quelque chose de symbolique : notre choix se porte sur l’escalade d’une des montagnes qui bordent la ville : la Pedra da Gávea.

Lors de l'ascension de la Pedra da Gávea
Lors de l’ascension de la Pedra da Gávea

La montée commence très classiquement : un sentier bien balisé, avec des racines ou des pierres en guise de marches. Et puis, très vite, ça dégénère, et les mains deviennent aussi nécessaires que les pieds pour monter. Il nous faut plus de trois heures pour couvrir les 2,5km qui nous séparent du sommet. La fin de la montée est si difficile que Sandrine préfère m’attendre au pied d’un amas de rochers particulièrement retors. Là, Rio de Janeiro nous apparaît déjà tout petit. Un peu plus bas, un uruguayen se retrouve bloqué par le vertige. Nous l’aidons à descendre. Deux français qui aident un uruguayen au Brésil : ça c’est de la coopération internationale !

Et maintenant, en route pour la plus grande ville du pays : São Paulo !

Denis

References   [ + ]

1. C’est tout l’intérêt de séjourner en hostel : il y a une cuisine à disposition !
2. plage du flamand rose
3. habitants de Rio de Janeiro