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Retraverser l’Atlantique en cargo : toujours trop facile !

À bord du Cayenne, au départ de Fortaleza
À bord du Cayenne, au départ de Fortaleza

Contempler le soleil se lever et se coucher, dans un ballet de nuages aux couleurs extravagantes. Sentir le temps qui passe aspirer la distance qui nous sépare de l’Europe. En profiter pour travailler un peu, lire et flemmardouiller. Voilà notre vie à bord du Cayenne, fier navire de la marine marchande française transportant un bon millier de containers d’un bord à l’autre de l’océan.

Notre bateau, le Cayenne
Notre bateau, le Cayenne

Ami lecteur, si tu as suivi notre première traversée, celle qui nous a amenée en Amérique du Sud, tu te souviens sans doute des raisons qui nous ont poussés à choisir ce mode de transport. Tu sais déjà que c’est beaucoup plus écologique qu’un avion1)Mais moins qu’un voilier, évidemment. et que ça présente pour nous l’énorme avantage de nous permettre de sentir physiquement la distance parcourue. De fait, on se prend à comparer l’aller et le retour. À l’aller, on était sur le Platon, qui était un peu plus petit (mais où notre cabine était plus grande) et moins neuf (mais tout aussi confortable). Dans les deux cas, l’équipage, moitié roumain moitié philippin, est aux petits soins avec nous. Comme à l’aller, on est toujours bienvenus sur la passerelle où on discute avec l’officier de quart ou avec le capitaine (qui parle un peu français) et où on prend connaissance de notre position sur l’océan.

Plage de Ponta Negra à Natal
Plage de Ponta Negra à Natal

Cette fois-ci, on n’aura le droit qu’à une seule escale : on s’arrête 48h à Natal, grosse ville du Nordeste brésilien. La ville en soi ressemble beaucoup à Fortaleza, qu’on vient juste de quitter. On passe une journée entière sur la plage de Ponta Negra, à une dizaine de kilomètres de la ville. Comme on est samedi, la plage est bondée et les camelots se mêlent aux plagistes, nous sollicitant très régulièrement pour nous vendre tout un tas de choses. Et notamment une place dans les nombreuses chaises longues sous parasol qui encombrent la plage. Mais nous, tout ce qu’on veut, c’est s’allonger dans le sable brûlant, transpirer sous le soleil jusqu’à ce que l’envie d’aller nous baigner se fasse irrépressible. Brésilien, si tu aimes tes plages, lutte contre les camelots.

Cette fois-ci, on quitte pour de bon l’Amérique du Sud. Le premier pas sur notre continent natal a eu lieu à Algeciras, juste à côté de Gilbraltar (en Espagne). Encore des lieux chargés d’histoire. Cependant, on se s’y attarde pas et on se rend directement à Malaga, chez les tantes espagnoles de Sandrine.

Denis

PS : Il y a un an, on était dans le Paraná, avec Mônica et Manu.

References   [ + ]

1. Mais moins qu’un voilier, évidemment.

Traverser l’Océan Atlantique en cargo ? Trop facile !

Le Platon, fier porte-containers, nous a fait l’honneur de nous compter parmi son équipage pendant deux semaines. Deux vieux rabat-joie – ils se reconnaîtront- nous prédisaient le mal de mer ; que nenni ! D’ailleurs, le roulis nous aidait à nous endormir.

Le quotidien aurait pu être pesant mais nous avons toujours été bien occupés : lecture, musique, films, visites du cargo des fonds de cale à la passerelle, explications sur la navigation, le monde de la marine marchande… Nous sommes désormais incollables !

Oiseau vu sur l'île de Saint-Martin
Oiseau vu sur l’île de Saint-Martin

Il faut dire que l’équipage au complet était aux petits soins pour nous, étant les seuls passagers à bord ; tous souriants et sympathiques, ils nous ont fait partager de bons moments, notamment un mémorable barbecue, avec petit cochon à la broche ! D’ailleurs, tous les repas étaient à l’avenant.

Au bout de plusieurs jours, c’était comme si on avait toujours été marins, tous les deux ; régulièrement Denis montait à la passerelle pour voir notre position et moi, je passais une bonne partie de mes après-midi à contempler l’immensité bleue qui nous environnait, submergée par l’émotion d’être un tout petit rien.

Une plage à Saint-Martin
Une plage à Saint-Martin

Nous avons tout de même apprécié les deux escales. Nous sommes arrivés à St Martin, côté hollandais (St Marteen), le neuvième jour. Il faisait beau et particulièrement chaud. Nous en avons profité pour goûter la douceur des eaux des Caraïbes, une mer chaude bleue turquoise. Une forme de paradis sur terre comme le montrerait une carte postale. Nous avons aussi fait la connaissance de nouvelles espèces d’oiseaux, que l’on croise habituellement dans les zoos.

Le marché de Trinidad
Le marché de Trinidad

Deux jours après, nous accostions à Port of Spain, Trinidad. C’est le réflexe « bibliothèque » qui nous a sauvés car pas un office de tourisme digne de ce nom dans la ville. C’est donc tout simplement à la Bibliothèque Nationale que nous avons trouvé un plan et des livres sur l’histoire de l’île, tout ça gracieusement donné. Elle est pas belle la vie ? Bref, une île paradisiaque aux plages bordées de cocotiers, à perte de vue et une vie foisonnante.

Une plage de Trinidad
Une plage de Trinidad

C’est avec tristesse que nous quittons le Platon qui nous a emmené ici. Et qui nous a permis de voir des choses incroyables : dauphins et baleines le jour et des milliers d’étoiles la nuit1)D’ailleurs, les planètes Mars et Saturne ont illuminé notre ciel pendant plusieurs soirées. Et pour les fans d’astronomie, nous avons pu observer la Croix du Sud à la tombée de la nuit.. Et ça, c’est pas rien !

Sandrine

References   [ + ]

1. D’ailleurs, les planètes Mars et Saturne ont illuminé notre ciel pendant plusieurs soirées. Et pour les fans d’astronomie, nous avons pu observer la Croix du Sud à la tombée de la nuit.